Impuissants à regarder la rivière s'approcher de sa résidence

Alexandre Gosselin... (La Tribune, Yanick Poisson)

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Alexandre Gosselin

La Tribune, Yanick Poisson

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Yanick Poisson
La Tribune

(Saint-Norbert-d'Arthabaska) Au cours des 14 dernières années, la rivière Bulstrode s'est déplacée d'un peu plus de 70 mètres à Saint-Norbert-d'Arthabaska, s'approchant dangereusement de la résidence d'Alexandre Gosselin et sa petite famille. La situation n'est pas sans inquiéter l'agriculteur qui se sent impuissant face aux éléments.

« Plus ça va, plus la rivière s'approche rapidement. Les terres agricoles situées en amont sont mieux drainées que par le passé, les coups d'eau sont plus importants », explique le père de famille.

La situation est particulièrement critique le printemps venu lorsque les glaces fondent. Le cours d'eau atteint alors presque la résidence familiale. Le propriétaire affirme passer des nuits blanches afin de surveiller la crue des eaux et d'assurer la sécurité de sa famille.

Selon la règlementation en vigueur actuellement, il est du ressort du propriétaire non seulement de mener les travaux visant à rétablir la situation, mais aussi decommander un rapport d'expert faisant état de l'urgence de la situation et de la pertinence des travaux. M. Gosselin estime à plus de 260 000$ la valeur du projet. Le ministère de l'Environnement offre des programmes permettant de rembourser 70% de l'investissement, ce qui est encore trop peu.

« Même avec la subvention, il m'en coûterait 80 000$. C'est plus que la valeur de mon terrain. À ce prix-là, je vais le laisser aller. En plus, rien n'indique que le résultat des travaux serait durable, la problématique persistera en amont », ajoute-t-il.

 

Des appuis de partout dans Arthabaska

La situation étant extrême, mais pas isolée dans la région, 18 des 23 municipalités de la MRC d'Arthabaska, ainsi que les députés de la Coalition avenir Québec Donald Martel, Sylvie Roy et Sébastien Schneeberger, ont joint leurs voix afin de dénoncer la lourdeur des lois régissant les travaux dans les cours d'eau.

Les élus aimeraient que l'on trouve une solution à ce problème qui affecte de nombreux citoyens. En vertu de la Loi sur les compétences municipales, les MRC ont la responsabilité exclusive de la gestion des cours d'eau. Cependant, elles doivent obtenir une série d'autorisations avant de procéder.

« On nous donne la responsabilité des cours d'eau, mais à telle et telle condition. C'est comme nous dire : tu peux faire ce que tu veux, mais nous attacher les mains dans le dos », fulmine le préfet, Lionel Fréchette.

Selon le directeur général de la MRC, Frédérick Michaud, les propriétaires terriens ont longtemps effectué le propre entretien de leurs berges, jusqu'à ce qu'on ajuste la réglementation afin de protéger l'environnement. « En essayant de protéger l'environnement, on crée un effet pervers et on demande aux citoyens de régler ça.Ça coûterait plusieurs millions de dollars rétablir la situation, alors que les propriétaires le faisant avant », dit-il.

Cette situation amène aussi des incohérences au niveau des actions gouvernementales. Ainsi, le ministère des Transports du Québec a investi, depuis environ quatre ans, plusieurs centaines de milliers de dollars pour stabiliser les rives de la rivière Bulstrode dans le but de protéger la route 263 qui passe à proximité. Toutefois, la problématique d'érosion demeure et les sommes dépensées par la collectivité sont littéralement tombées à l'eau, puisque les travaux n'ont pas tenu.

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