Pacte fiscal: le maire d'Asbestos en furie contre Québec

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Yvan Provencher
La Tribune

(ASBESTOS) La déclaration du premier ministre Philippe Couillard à l'effet qu'il n'y avait aucun argument pour hausser les taxes municipales suite à l'adoption du nouveau pacte municipal a fait bondir le maire d'Asbestos, Hugues Grimard. «C'est un non-sens!» a-t-il exprimé, encore aussi outré de la déclaration du ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau qui considère que des municipalités opposées à ce nouveau pacte exagéraient grandement.

«Je comprends la nécessité d'assainir les finances de l'État, mais pas au détriment des régions. Il faut regarder la spécificité des territoires. On ne peut demander à tous les mêmes efforts et ne pas tenir compte des particularités, du contexte global de chaque municipalité. Les récentes actions et déclarations de ce gouvernement m'apparaissent déconnectées de la réalité de mon milieu, être à des planètes inconnues de ce qui se vit chez nous», lance-t-il d'emblée.

Le maire a rappelé que suite aux fermetures des minières Magnola et Mine Jeffrey, le gouvernement avait déjà obligé sa municipalité à d'abord disposer de son surplus accumulé et autorisé un emprunt de 1,3 M$ pour permettre à la municipalité d'équilibrer son budget d'alors, montant qui fut remboursé sur cinq ans, avec les augmentations de taxes imposées aux citoyens. «Notre prévision de surplus en 2014 est de 261 825 $ sur un budget de 8 863 600 $, notre marge de manoeuvre est inexistante. Le surplus accumulé, c'est la municipalité qui l'a constitué par ses choix effectués, ses contribuables qui l'ont payé. Le milieu devrait pouvoir choisir de quelle façon l'utiliser. Un surplus raisonnable est nécessaire pour assurer une saine gestion».

Hugues Grimard avoue que les citoyens d'Asbestos sont déjà fortement taxés comme dans bien des endroits au Québec. «Nous avons coupé, revu notre façon de faire depuis plusieurs années. Il n'y a plus de gras, on doit gruger les os. Les services à la population sont en réévaluation et certains seront coupés, il faut se rendre à l'évidence. Toutes les dépenses devront à nouveau être revues, y compris la dépense d'adhésion à l'Union des municipalités du Québec que nous allons également reconsidérer». Le maire s'était engagé envers ses citoyens à ne pas excéder annuellement l'augmentation du coût de la vie dans son mandat, en ce qui a trait à la taxation, promesse qui de toute évidence ne sera pas respectée.

Des chiffres qui parlent

Pour 2014, une nouvelle norme relative au remboursement de la TVQ avait privé la municipalité de 358 000 $, soit 4 % du budget. Pour 2015, la fermeture de Mine Jeffrey et la démolition de bâtiments engendreront une perte de 163 000 $ (1,84 %), une baisse reliée à la disparition du complexe Magnola, 13 500 $ (,15 %). Au chapitre de la péréquation, la perte annoncée sera de 16 700 $ (,19 %), perte à laquelle s'ajoute 30 000 $ pour le changement de taux de remboursement de la TVQ, (,34 %), des coupes de compensations tenant lieu de taxes sur des bâtiments gouvernementaux de 65 000 $ (73%), un remboursement annulé pour les équipements antipollution de 127 000 $ en vertu du nouveau pacte (1,43 %) et l'augmentation des tarifs d'Hydro-Québec totalisant 25 000 $ (,28 %).

«L'augmentation des dépenses est donc de l'ordre de 4,97 % et exclut les dépenses courantes de nos opérations, des salaires, coût d'achat de produits divers dont l'essence. Alors, dire que notre municipalité n'a pas lieu de critiquer la façon de faire de ce gouvernement, c'est un non-sens, quoiqu'en dise le premier ministre et notre députée Karine Vallières qui a repris les lignes gouvernementales sur le sujet nous invitant à nous montrer positif, à aller de l'avant pour relever le défi en nous tournant vers l'avenir. Je ne peux dans les circonstances conserver une attitude jovialiste».

Le maire s'est fait cinglant envers la députée du comté de Richmond. «Je l'invite, si elle croit toujours à un budget miracle sans augmentation de taxes en vertu des actions gouvernementales imposées à notre municipalité, à venir faire notre travail de préparation budgétaire.»

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