«L'essence est moins chère ici, c'est un secret!»

« Ne le dites pas, que l'essence est moins chère ici. C'est un secret! » (Imacom, Maxime Picard)

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(NEWPORT, Vermont) « Ne le dites pas, que l'essence est moins chère ici. C'est un secret! »

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Edgar Smith

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Le sourire entendu dans le visage du douanier américain qui nous accueille au pays confirme ce dont on se doute : ce secret n'est absolument pas bien gardé. Et si on avait besoin d'une preuve ultime, Vicky Duncan nous la fournit : la femme qui possède une station-service à Newport, au Vermont, estime que pas moins de 75 % de ses clients sont canadiens. « C'est comme ça chaque jour. On est tellement près de la frontière! Tous ceux qui vivent près des lignes viennent prendre de l'essence et faire l'épicerie », dit-elle.

Samedi, en Estrie, le prix moyen de l'essence était de 1,27 $ le litre. En guise de comparaison, à Newport, le gallon se détaillait à 3,07 $ US. En tenant compte du taux de change, on ne déboursait alors que 0,92 $ pour un litre d'essence, ce qui équivaut à une économie de 17,50 $ sur un plein de 50 litres.

Mme Duncan n'est donc pas surprise d'entendre aussi souvent l'accent québécois à son comptoir. « Tout le monde veut payer moins cher, Américains comme Canadiens. C'est du gros bon sens! »

C'est pourquoi la propriétaire vend toujours son essence quelques sous moins de moins que son compétiteur d'en face. « Les gens s'arrêtent ici, et quand ils voient qu'on a aussi un restaurant, ils s'arrêtent et mangent une pointe de pizza. Ça vaut donc la peine de charger l'essence moins chère! » dit celle qui tient l'endroit depuis 12 ans.

Évidemment, il vaut mieux s'assurer que le déplacement en vaudra la peine avant de se lancer sur la route pour économiser.

Edgar Smith demeure à Georgeville, près du lac Memphrémagog, à une vingtaine de kilomètres de la frontière américaine. Pour sa femme et lui, comme pour beaucoup d'autres résidants de cette municipalité, un petit voyage de l'autre côté des lignes est une réalité hebdomadaire.

« On achète notre essence 90 % du temps aux États-Unis. On économise assez d'argent pour que ça vaille la peine... On fait aussi notre épicerie ici : le fromage est à moitié prix, le lait n'est pas cher non plus. Et mes chats préfèrent le lait américain! » dit-il en riant.

«Je vais parfois magasiner des cadeaux de Noël. Mais c'est plutôt pour me donner une excuse d'aller au Canada!»


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Robert D'Errico

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Et vice versa?

Robert D'Errico habite une petite ville américaine à quelques kilomètres de Newport. Quand on lui apprend le prix auquel se vend l'essence au Québec, il sursaute. Ferait-il une petite excursion au Québec pour faire le plein de son véhicule, si les rôles étaient inversés? « Peut-être! Je calculerais pour être sûr que ça vaut bien la peine », dit-il.

Il est toutefois confiant que cette situation n'est pas près d'arriver. « En ce moment, avec la production de pétrole que nous avons ici aux États-Unis, je ne pense pas que ça va aller en augmentant », dit-il.

Ce qui ne veut pas dire qu'il ne dépense pas à l'occasion quelques dollars de notre côté de la frontière. « Je vais parfois magasiner des cadeaux de Noël. Mais c'est plutôt pour me donner une excuse d'aller au Canada! J'ai été magasiner la dernière fois au centre-ville de Sherbrooke, et c'était très joli. J'ai même fait de l'exercice dans vos côtes! »

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