Northern Pass: toujours l'impasse

Les élections de mi-mandat tenues mardi dernier au New Hampshire n'ont rien... (Archives La Tribune)

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Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) Les élections de mi-mandat tenues mardi dernier au New Hampshire n'ont rien fait pour débloquer le controversé projet de ligne électrique Northern Pass, dans lequel est impliquée Hydro-Québec.

Il suffit de traverser la frontière canado-américaine à East Hereford et d'emprunter la route 3 entre Pittsburg et Lancaster pour se rendre compte que, quatre ans après son lancement, le projet fait toujours l'unanimité... contre lui.

Les affiches clamant « No to Northern Pass » sont toujours visibles dans le paysage de l'État du Granit. On en retrouve sur les poteaux électriques, devant certains commerces et parfois même au côté des affiches électorales des candidats défaits ou élus aux élections de mardi.

Évalué à 1,2 milliard $ US, le projet Northern Pass consiste en l'érection d'une ligne d'exportation électrique de 1200 mégawatts entre le poste des Cantons en Estrie et un poste qui sera construit dans le sud du New Hampshire. L'objectif est d'alimenter en hydroélectricité le sud de la Nouvelle-Angleterre, incluant Boston et éventuellement New York.

Or, après quatre années de consultations publiques, d'études techniques et de modifications, le projet n'a toujours pas fait l'objet d'annonce officielle : ni de la part d'Hydro-Québec ni de Northeast Utilities, le partenaire américain d'Hydro-Québec dans ce projet.

Enfouir ou non

Rédacteur en chef du Colebrook Chronicle, Charlie Jordan est probablement l'un des observateurs les mieux placés pour décrire les contours et les nuances qui forment l'opposition au projet Northern Pass. L'hebdomadaire qu'il dirige publie régulièrement des articles sur le sujet... et prévoit en publier encore plusieurs d'ici à ce que le projet devienne réalité.

Selon lui, si l'opposition est toujours palpable tant parmi les citoyens, les politiciens, que les groupes de pression, celle-ci s'est cependant nuancée depuis quatre ans.

« De façon générale, les gens sont opposés au projet tel qu'il est présenté' actuellement, c'est-à-dire qu'ils pourraient envisager de l'appuyer si la ligne électrique était complètement enfouie. Puis, il y a ceux qui sont totalement contre, peu importe la forme, enfouie ou terrestre », indique M. Jordan.

Sources d'énergie

Certains opposants estiment que les pylônes auront « un impact catastrophique » sur la beauté naturelle et sauvage du nord du New Hampshire ainsi que sur un créneau de touristes qui ne jurent que par la beauté des Montagnes Blanches.

Les partisans du projet font valoir que le nord de l'État du New Hampshire ne peut se priver d'un projet générateur d'emplois, notamment lors de sa phase de construction. De plus, l'énergie hydroélectrique, disent-ils, est une source d'énergie propre qui pourrait servir au développement économique de la région.

D'autres enfin font valoir que la Nouvelle-Angleterre dispose actuellement de trop peu de sources d'énergie, ce qui explique que les tarifs y sont parmi les plus élevés aux États-Unis.

Or, dans une lettre publiée l'an dernier dans le Boston Globe, la gouverneure actuelle du New Hampshire, Maggie Hassan, a clairement exposé sa position face à ce projet :

« Le fait de rechercher de nouvelles sources d'énergie, comme l'hydroélectricité à grande échelle, ne veut pas dire qu'on doit accepter ce que Northern Pass nous offre, écrivait-elle. Dans sa forme actuelle, pour les gens du New Hampshire, ce projet représente des coûts et très peu - s'il y en a - d'économies. L'ensemble de la Nouvelle-Angleterre mérite mieux et la population du New Hampshire va continuer d'exiger davantage. »

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