Quel avenir pour les 16 employés de la Conférence régionale?

Marie-Hélène Wolfe... (Imacom, René Marquis)

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Marie-Hélène Wolfe

Imacom, René Marquis

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Alain Goupil
La Tribune

(SHERBROOKE) Même s'ils savent depuis un certain temps que leur emploi est menacé, les 16 conseillers, agents et coordonnateurs de la Conférence régionale de l'Estrie (CRÉ) font maintenant face à cette réalité. Le nouveau pacte fiscal municipal annoncé mercredi par le premier ministre Couillard est venu en quelque sorte sonner le glas de l'organisme chargé de coordonner le développement socio-économique de la région.

La direction de la CRÉ n'a pas voulu que La Tribune recueille les commentaires de ses employés, jeudi, mais sa directrice générale, Marie-Hélène Wolfe, n'a pas caché que ceux-ci se posent de sérieuses questions quant à leur avenir, mais aussi à l'égard de leurs dossiers liés au développement régional.

«Ça fait déjà quelques semaines que l'équipe est sur les dents et inquiète, avoue Mme Wolfe. Mais en même temps ce sont des professionnels du développement régional qui ont à coeur la concertation et la mobilisation. Ce ne sont pas des gens qui ont un emploi, ce sont des gens qui ont une vocation, une mission. C'est pour ça que leurs principales questions en ce moment sont: Que va-t-il arriver avec tel ou tel dossier? Est-ce que tel organisme va bel et bien recevoir la subvention promise? etc. S'ajoutent à tout ça, bien sûr, l'incertitude professionnelle et l'incertitude personnelle.»

Car l'un des aspects les plus méconnus de l'avenir des CRÉ, constate Mme Wolfe, est la façon dont seront utilisées les ressources actuelles.

«Une fois les CRÉ abolies, on va se retrouver avec des gens qui vont être disponibles à occuper des fonctions, mais est-ce que ces fonctions existeront encore? Parce que toutes les organisations de développement économique et régional sont en péril en ce moment. Serons-nous en mesure de conserver cette expertise en région?»

Une année de transition

En attendant de connaître le palier vers lequel le développement régional sera transféré, Mme Wolfe espère que le gouvernement accordera une période transitoire adéquate à la région. D'autant plus que le nouveau pacte fiscal crée déjà une pression supplémentaire sur les municipalités et ce, à quelques semaines du dépôt des budgets municipaux. «C'est la raison pour laquelle on souhaite avoir une année de transition qui permettrait à la région de se donner des orientations en toute connaissance de cause pour que le processus se déroule de la façon la plus efficace possible pour la région.»

Quant aux déclarations du maire de Drummondville, Alexandre Cusson, à l'effet que les CRÉ «ne sont pas vitales au développement régional», Marie-Hélène Wolfe dit les avoir déjà entendues.

«C'est vrai que les villes avec un grand bassin de population ont une certaine capacité d'autonomie dans leurs prises de décision et des ressources pour les mettre en application. C'est vrai pour Sherbrooke, Coaticook ou Lac-Mégantic. Mais qu'en est-il pour Stoke, St-Herménégilde, St-Malo, Piopolis, etc? La CRÉ a fait en sorte que les maires ont pu se mobiliser et reconnaître qu'un projet situé à St-Malo pouvait aussi être important pour la région. Est-ce que St-Malo, toute seule dans la MRC de Coaticook, aurait pu faire valoir son point de vue? Si on est capable, comme région, de trouver des moyens d'atteindre cet objectif, je vais être la première à les saluer. Mais pour l'instant, je n'en vois pas.»

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