Québec prêt à mieux supporter les vignerons

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(MAGOG) Le gouvernement libéral de Philippe Couillard suivra le chemin tracé par les péquistes en matière de viticulture au Québec. À court terme, il devrait en effet créer un programme pour favoriser les ventes de vins québécois à la Société des alcools du Québec (SAQ).

En répondant à une question de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale plus tôt cette semaine, le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao, a promis la création d'un nouveau programme pour aider financièrement les viticulteurs de la province.

Normalement, le dossier évoluera rapidement. Le ministre Leitao a effectivement affirmé en chambre que le nouveau programme verra le jour dès cet automne.

En 2013, le gouvernement de Pauline Marois avait annoncé qu'il injecterait des fonds additionnels afin que les producteurs de vins de la province profitent d'un meilleur soutien de l'État. Cependant, au printemps 2014, les péquistes ont perdu le pouvoir aux mains des libéraux, ce qui a provoqué une période de flottement.

Des producteurs qui avaient planifié en fonction des promesses du PQ ont récemment dénoncé l'inaction des libéraux dans ce dossier. Plusieurs viticulteurs attendent présentement le versement de sommes importantes, lesquelles approchent parfois les 100 000 $.

Selon Carlos Leitao, les péquistes avaient omis de créer un véritable programme pour que leur promesse de 2013 se matérialise et que les producteurs touchent plus d'argent lorsqu'ils utilisent le canal de la SAQ pour écouler leurs produits.

Un bon programme?

Copropriétaire du Vignoble Le Cep d'argent à Magog et administrateur pour l'Association des vignerons du Québec, Jean-Paul Scieur ne se plaindra pas de l'annonce effectuée par le ministre Leitao ces derniers jours. Mais il est persuadé que le futur programme ne répondra pas totalement à ses attentes.

« Il est question, d'après les échos qu'on en a, d'un programme de trois ans, indique M. Scieur. Mais nous, ce qu'on veut, ce sont des mesures d'aide durables. »

Quand les péquistes avaient effectué leur annonce, ils avaient promis aux producteurs québécois un montant additionnel de 2 $ pour chacune de leurs bouteilles vendues par la SAQ.

Jean-Paul Scieur préférerait pour sa part que la SAQ réduise la marge entre le prix coûtant des vins québécois et le montant demandé pour ces mêmes produits en succursale.

« La majoration tourne autour de 140 pour cent pour les vins québécois alors que celle des cidres est à 40. Si on avait le même traitement que les producteurs de cidres, on parlerait d'une mesure durable. »

« Pas des quêteux »

Copropriétaire du vignoble La Halte des pèlerins à Sherbrooke, Marco Corbin insiste sur un point : les vignerons québécois « ne sont pas des quêteux », malgré leur désir d'obtenir plus d'argent de Québec en ces temps d'austérité budgétaire.

« On n'en serait pas là si on avait droit à un traitement équitable, à un support équivalent à celui des autres producteurs québécois d'alcools artisanaux à base de pommes, petits fruits, érable et miel », estime M. Corbin.

Depuis des années, le gouvernement provincial plaide cependant que les accords internationaux l'empêchent de soutenir de façon importante les viticulteurs québécois. « Mais les vignerons à l'étranger sont souvent subventionnés. Il faut en tenir compte », note le copropriétaire de la Halte des pèlerins.

Par ailleurs, notons que certains producteurs ont décidé de ne pas miser sur le réseau de succursales de la SAQ et préfèrent vendre la totalité de leurs produits directement au vignoble. Voilà par exemple la stratégie du Vignoble d'Orford, qui obtient de bons résultats de cette façon. « On est contents de nos ventes », assure le copropriétaire de l'entreprise, Christian Bolduc.

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