Résignation chez les propriétaires de Lac-Mégantc

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<p>Ronald Martel</p>
Ronald Martel
La Tribune

(LAC-MÉGANTIC) Les propriétaires d'édifices du centre-ville sinistré de Lac-Mégantic semblent prendre la démolition de leurs propriétés avec résignation, à la suite de cette annonce faite par la mairesse Colette Roy Laroche. L'annonce en avait surpris plusieurs la semaine dernière.

C'est le cas d'Andrée Fluet Dubé, propriétaire avec son fils Jean du commerce Dubé Équipement de bureau, établi sur la rue Thibodeau. Son édifice abritait également quelques logements.

«C'est une situation épouvantable. Ma philosophie, c'est d'accepter et de faire avec... Il y a sûrement plusieurs choses dont nous ne sommes pas au courant. Je plains ceux qui ont à prendre des décisions aussi graves! C'est tellement énorme et inusité. C'est lourd de conséquences», s'est exclamé Mme Fluet Dubé.

«Je garde ma sérénité. Je vais donc faire avec la décision. Qui pourrait faire mieux, de toute façon? Pour ma santé mentale, je ne passe même pas dans le bas de la rue Laval, depuis le début, au lendemain de la catastrophe. J'ai vu le feu arriver chez nous, j'ai juste eu le temps de me sauver... C'est dommage, 45 ans de ma vie qui s'en vont; une belle vie, en plus. Mais pour survivre, je me dis que dorénavant ça sera autrement. J'ai un pincement au coeur, c'est sûr, mais j'ai la foi et ça m'aide. J'ai une bonne santé et un bon moral, malgré mes 80 ans bientôt! J'ai passé l'âge de me battre de toute façon. On s'habitue à vivre autrement. Même si je me révolte, même si je m'enrage, ça ne donne rien de toute façon.»

Louis Grondin, qui tenait un salon de coiffure pour hommes sur la rue Frontenac, avait vendu l'édifice à son garçon, qui l'avait à son tour vendu à un autre commerce qui l'avait aussi vendu...

«On n'a pas vraiment le choix, il faut être positif. Ça va assez mal comme ça. J'espère qu'ils vont faire quelque chose de beau à la place de ce qu'il y a présentement. Le gouvernement et l'Environnement poussent pas mal fort pour qu'on s'en aille vers ça (cette démolition)...» a-t-il indiqué.

Propriétaire de trois maisons dans la zone rouge condamnée, la septuagénaire Marie-Claire Simoneau s'est fait beaucoup plus réservée.

«Je vais régler ça avec la Ville, le gouvernement et mes gens. Je ne veux pas faire de commentaires. J'ai de magnifiques souvenirs de ces trois maisons, mais je garde mes réactions et mes sentiments pour moi», a-t-elle répondu.

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