Allergies alimentaires: les citrouilles turquoise gagnent en popularité

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(SHERBROOKE) Halloween, fête des bonbons et de toutes les tentations! Pour les parents d'enfants atteints d'allergies alimentaires, la récolte des friandises peut être synonyme de menaces potentielles et de stress. À l'heure où les citrouilles turquoise apparaissent, symbole d'un mouvement qui offre autre chose à donner aux enfants que des bonbons, La Tribune a parlé d'Halloween sécuritaire avec des mères qui doivent composer avec la réalité des allergies alimentaires.

Le mouvement de la citrouille turquoise est une initiative de l'association américaine FARE (Food Allergy Research & Education). En plaçant une citrouille de cette couleur devant leur maison, les gens signalent qu'ils offrent des surprises non alimentaires aux enfants allergiques. Né aux États-Unis, le mouvement s'étend au Québec et en Estrie.

« J'ai sauté les pieds joints là-dedans », lance Mariguie Théberge, dont le fils aîné de six ans est allergique au lait, aux arachides, aux oeufs et au poisson. La résidente de Valcourt et maman de trois enfants se préparait d'ailleurs à sortir sa citrouille turquoise lorsque nous l'avons contactée.

Chaque année, elle achète à son fils des friandises sans danger pour lui, pour lesquelles elle a déjà mené des recherches. « En même temps, ça permet aux gens de voir ce qui est permis... J'avais toujours l'habitude de lui acheter quelque chose de non alimentaire », raconte-t-elle.

« J'anticipe beaucoup les fêtes en général, peu importe lesquelles », observe Mme Théberge. Les parents gèrent les allergies alimentaires de leurs enfants, mais aussi les déceptions et parfois, l'exclusion.

« Il y a différents cas. Ce soir, ma fille a un party d'Halloween aux scouts. C'est plus difficile à gérer, on n'est pas là. Plus ils vieillissent, plus ils développent un sixième sens », racontait plus tôt cette semaine Julie Myre Bisaillon, mère d'une enfant allergique aux arachides.

Parfois, les gens craignent tellement une réaction allergique qu'ils vont jusqu'à dire à la jeune fille de ne toucher à rien, même si à 11 ans elle a certaines certitudes... comme pour les Timbits, qu'elle peut manger sans problème. « Ça entraîne de l'exclusion », note Mme Myre Bisaillon, qui est professeure à l'Université de Sherbrooke.

Les parents développent des trucs afin de garder la magie entourant l'événement. Dans la maison de Mme Théberge, les bonbons recueillis qui ne peuvent être mangés sont remplacés par un panier apporté par une « sorcière » passée durant la nuit, contenant par exemple diverses babioles.

Auteure de Déjouer les allergies alimentaires, Marie-Josée Bettez est mère d'un adolescent de 16 ans allergique à 17 aliments ou catégories d'aliments. « C'est une amélioration, car il a déjà été allergique à 30 aliments! »

Mme Bettez a été avocate avant de réorienter sa carrière : en plus d'être auteure, elle est webmestre et blogueuse.

« C'est vécu différemment selon les familles. Pour celles où il y a un enfant ayant une allergie, l'Halloween est un stress. Il y a toujours un risque que la friandise contienne un allergène ou qu'elle ait été contaminée. Une simple trace d'aliments peut entraîner une réaction grave... » commente Mme Bettez en soulignant que des stratégies peuvent être développées. « Ce qu'il faut réaliser, c'est que les bonbons, c'est une partie de l'Halloween. Ce serait dommage de priver l'enfant d'une fête qui veut dire beaucoup pour les enfants. »

« On peut rapporter les friandises à la maison, prévoir quelque chose pour l'enfant et lui remettre à la place », dit-elle en citant elle aussi le truc de la sorcière.

Même avant l'apparition des citrouilles turquoise, elle-même prévoyait un bol avec de petits objets « pour les enfants allergiques ou pour ceux qui aimeraient mieux ça ».

Marie-Josée Bettez ne voit que du positif au mouvement des citrouilles turquoise. « Je ne peux pas voir un élément négatif, sauf pour un grognon de service. Ça ne nous empêche pas d'avoir un bocal de bonbons; ça s'ajoute, on ne brime personne. »

« C'est tellement méconnu, mal compris », note Mme Théberge à propos des allergies alimentaires.

Selon une estimation, environ 300 000 personnes au Québec ont des allergies alimentaires (4 % de la population).

Environ 40 000 enfants québécois vivent avec des allergies alimentaires dans les écoles primaires.

7% des familles québécoises comptent au moins une personne allergique dans leur entourage (parents, amis, collègues de bureau, etc.).

Les réactions allergiques peuvent entraîner entre autres des picotements, maux de coeur, problèmes respiratoires et dans certains cas, un choc anaphylactique.

Source : Association québécoise des allergies alimentaires Vivre avec les allergies alimentaires (Claire Dufresne) Étude d'Ipsos Reid

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