Disparition des CRÉ: une autre structure sera nécessaire, dit Demers

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Marie-Hélène Wolfe, directrice générale de la CRÉ de l'Estrie, et Jacques Demers, président de la CRÉ de l'Estrie, s'inquiètent de la disparition possible de l'organisation qu'ils représentent.

Imacom, Frédéric Côté

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(SHERBROOKE) En attendant le verdict sur l'avenir des Conférences régionales des élus (CRÉ), le président de la CRÉ de l'Estrie, Jacques Demers, et la directrice générale de l'organisation, Marie-Hélène Wolfe, s'inquiètent de la possible disparition d'un outil de cohésion et de concertation pour les municipalités de l'Estrie.

En table éditoriale à La Tribune, ils estimaient qu'un nouveau regroupement devra nécessairement prendre la relève si les CRÉ devaient être abolies.

«Notre mission de base est de concerter et de mobiliser les acteurs de la région de l'Estrie sur des enjeux de développement et suivre un plan de développement régional», explique Mme Wolfe. Pour ce faire, le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire verse une somme de 2,5 M$. En ajoutant tous les autres mandats qui lui sont confiés directement par le gouvernement du Québec, la CRÉ gère un budget de 8,3 M$. En éliminant les frais administratifs et de concertation, ce sont 6,5 M$ qui sont versés directement à des initiatives régionales.

Les frais d'administration, précise Mme Wolfe, sont de 9 %, soit 800 000 $. Le gouvernement de Philippe Couillard soutiendrait quant à lui que l'administration des CRÉ avale 38 % des budgets.

«Nous sommes remis en question, c'est clair. Tous les signaux nous indiquent que nous nous dirigeons vers une dissolution, mais nous ne savons pas où les fonds seraient redirigés», précise Jacques Demers, en émettant l'hypothèse que les MRC devraient dorénavant gérer ces sommes qui seraient préalablement divisées.

«Le gouvernement coupe pour éliminer des structures et de l'administration, mais si on envoie tout dans les MRC, il n'est pas certain que ça coûterait moins cher.»


M. Demers estime que les MRC se verraient ainsi obligées de payer des frais d'administration pour gérer des fonds qui viendraient autrement de la CRÉ, des montants qui seraient «petits et tagués à un projet précis», croit-il.

Il serait toutefois difficile de parvenir à regrouper les forces du milieu de manière non partisane dans un lieu de concertation pour en arriver aux mêmes genres d'investissements. Le dossier de l'aéroport en est un exemple.

«Si on en avait parlé il y a deux ou trois ans, la MRC Memphrémagog n'aurait pas donné son aval. Si on met notre GPS dans le coeur de Magog et qu'on dit qu'on veut aller à l'aéroport, il ne nous envoie pas de ce côté-là. Mais grâce à la CRÉ, nous avons regardé le développement de manière régionale. Pour l'Estrie, il nous faut un aéroport et le meilleur endroit est probablement là où il est situé en ce moment. Nous évitons les contraintes de bruit notamment», cite M. Demers en exemple.

«Le gouvernement coupe pour éliminer des structures et de l'administration, mais si on envoie tout dans les MRC, il n'est pas certain que ça coûterait moins cher. On demanderait à chaque MRC d'avoir une ressource pour faire ce que nous faisons à la CRÉ. Mon sentiment, c'est que nous avons besoin d'arriver à un budget équilibré et ça, ça se défend. Je suis prêt à travailler dans ce sens-là, mais on ne me fera pas croire qu'il n'y aura plus de coûts d'administration si on veut continuer à offrir les mêmes services», ajoute-t-il.

Les municipalités seraient-elles prêtes à se partager les coûts d'administration de la CRÉ pour éviter sa disparition? «Dans ma municipalité de Sainte-Catherine-de-Hatley et à la MRC Memphrémagog, je suis prêt à défendre l'idée, mais je ne suis pas prêt à garantir que tout le monde y croit autant.

«Je suis convaincu qu'il y aura quelque chose au niveau régional. Ce n'est pas vrai qu'une région va se mettre à travailler en silo après tant d'années à essayer de défaire cet élément-là. On oublie qu'on a un rôle d'arbitrage dans plusieurs dossiers. On fait la job du gouvernement souvent. Une fois qu'ils nous envoient des montants, ils sont contents que ce soient des élus qui décident entre eux où l'argent sera investi. Faire l'arbitrage n'est jamais facile. Ce n'est pas vrai qu'ils décideront précisément à Québec dans quelles villes va l'argent, sinon je ne comprends pas le lien entre le gouvernement et la base.»

M. Demers surveillera donc avec attention les déclarations du ministre Pierre Moreau dans le dossier. «Nous avons des appréhensions importantes, mais nous ne savons pas quelle forme les coupures prendront.»

Dix mandats confiés à la CRÉ

> Coordination et soutien au Forum jeunesse Estrie

> Programme de développement régional et forestier

> Coordonner Engagement jeunesse Estrie

> Les saines habitudes de vie en Estrie (entente avec Québec en forme)

> Lutte à la pauvreté et à l'exclusion sociale

> Entente spécifique portant sur le renforcement des arts et de la culture dans la région de l'Estrie

> Entente spécifique sur l'égalité entre les femmes et les hommes

> Amélioration des conditions de vie des aînés

> Entente en matière d'immigration

> Fonds de développement régional

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