Une question à la frontière: «Avez-vous déjà été arrêté?»

Au lendemain de l'attentat d'Ottawa, peu de changements visibles avaient été... (Archives La Tribune, Frédéric Côté)

Agrandir

Archives La Tribune, Frédéric Côté

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(STANSTEAD) Au lendemain de l'attentat d'Ottawa, peu de changements visibles avaient été apportés jeudi matin aux trois postes-frontaliers situés entre Stanstead et Derby Line, au Vermont.

Hormis les drapeaux canadiens mis en berne, aucun ralentissement de trafic n'était observable de part et d'autre de la frontière. Le nombre de douaniers américains et canadiens, de même que le nombre de véhicules de Border Patrol sillonnant la frontière du côté américain n'étaient pas plus nombreux qu'à l'accoutumée.

Autre signe de ce ronron quotidien, le journaliste de La Tribune a pu franchir la frontière sans encombre lorsqu'il s'est présenté au poste-frontalier de la Route 5, vers 9 h, jeudi matin.

«Avez-vous déjà été arrêté?», fut la seule question posée par le douanier à l'auteur de ces lignes.

À la station-service Circle K de Derby Line, assis à une table, quatre retraités américains sirotaient leur café matinal, tout en discutant du sujet du jour. L'un d'eux, Malcolm Dougherty, sympathisait avec ce que doivent ressentir «nos voisins au nord de la frontière».

«Je suis allé une fois à Ottawa, a-t-il dit en vantant le calme et la propreté qui régnaient lors de sa visite dans la capitale canadienne. «J'imagine que ç'a dû secouer pas mal de monde...».

Sur l'étagère à journaux, l'attentat d'Ottawa faisait la une de tous les grands quotidiens nationaux et régionaux: «Terreur au nord de la frontière», titrait en gros caractères le Boston Herald. «Autre attaque mortelle au Canada», a renchéri son concurrent, le Boston Globe. Du côté du New York Times, la nouvelle s'étalait sur cinq des six colonnes du grand quotidien : «Un tireur sème la panique à Ottawa et tue un soldat dans une fusillade: la capitale est verrouillée» accompagné d'une photo montrant un policier tenant son arme à deux mains et courant vers le parlement.

«Dans un contexte de resserrement des mesures de sécurité, les voyageurs pourraient subir des temps d'attente accrus à la frontière ou faire l'objet d'examens plus poussés.»


Questions d'usage 

Même calme apparent au poste-frontière canadien de Stanstead, près de l'autoroute 55. Là aussi, le douanier s'en est tenu aux questions d'usage et aucun véhicule ne faisait l'objet d'une vérification secondaire, au moment de notre passage.

À l'agence des services frontaliers du Canada (ASFC), on refusait de préciser jeudi  si les mesures de sécurité habituelles avaient été renforcées compte tenu des événements des derniers jours. Sa porte-parole, Line A. Guibert-Wolff, s'en est tenue à la position officielle concernant tous les postes-frontaliers.

«À l'heure actuelle, l'ASFC continue de prendre des mesures pour accroître la vigilance et optimiser la capacité de l'ASFC d'effectuer des évaluations du risque des personnes et des marchandises à leur arrivée au Canada ou avant qu'elles n'arrivent à la frontière, a-t-elle déclaré. Dans un contexte de resserrement des mesures de sécurité, les voyageurs pourraient subir des temps d'attente accrus à la frontière ou faire l'objet d'examens plus poussés», a ajouté Mme Guibert-Wolff.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer