Mines à ciel ouvert: des normes déficientes?

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Nelson Fecteau
La Tribune

(THETFORD MINES) Spécialiste en matière de ressources naturelles, Normand Mousseau a profité du récent colloque québécois sur les mines à ciel ouvert pour faire ressortir que certaines normes encadrant l'industrie minière sont déficientes dont celles relatives aux plans de restauration des sites.

Dans le cas des mines à ciel ouvert, l'exploitant n'a pas l'obligation de remblayer la fosse une fois l'exploitation terminée. Dans la seule région de Thetford Mines, on dénombre une dizaine de sites miniers qui ont été laissés à eux-mêmes. C'est le cas des mines Lac d'amiante, Normandie, British Canadian 1 et 2, National Asbestos, Carey Canadian, Québec Asbestos et Flinkote pour ne nommer que celles-là.

M. Mousseau estime que l'État québécois doit assumer une facture importante en raison des erreurs du passé. Pas moins de 700 sites miniers abandonnés nécessiteraient une restauration dont la facture atteindrait 1,2 milliard $ pour le moment.

Il n'y a pas que les puits à ciel ouvert qui représentent un problème de sécurité, il en va de même pour les haldes de résidus. Dans la région thetfordoise, on évalue à 400 à 700 millions de tonnes les résidus miniers.

La municipalité d'East Broughton près de Thetford Mines vit une importante situation problématique relative à un ancien site minier. Le passage de l'ouragan Irène en 2011 et les pluies diluviennes l'accompagnant avaient provoqué un déversement de boue de résidus d'amiante qui avait déferlé dans les rues d'un secteur de la municipalité. Résultat : des travaux de nettoyage dont la facture a atteint 2,7 millions et que ni East Broughton ni la MRC des Appalaches ne veulent défrayer.

Confrontée à des délais de prescription, la municipalité d'East Broughton a engagé des poursuites à la fin du mois d'août. Il fallait aller de l'avant dans ce dossier. Il y avait des délais prescrits par la loi que nous devions respecter. C'est la raison pour laquelle il a des recours qui ont été entrepris afin de protéger les droits des citoyens », d'expliquer le maire Kaven Mathieu.

Les élus d'East Broughton estiment que la responsabilité revient au gouvernement du Québec puisqu'il s'agit de la restauration d'un ancien site minier. La municipalité détiendrait un avis juridique favorable à sa cause et l'utilisera comme argument dans ce dossier. Les élus avaient jusqu'au 28 août dernier pour procéder alors que les événements datent de trois ans.

Attraits touristiques

Par ailleurs, pendant ce temps, la ville de Thetford Mines entend exploiter ces sites sur le plan touristique. On se souviendra du belvédère d'observation qui surplombait le puits à ciel ouvert de la mine lac d'amiante. Rendu non accessible en raison des événements entourant l'effondrement de la route 112, il trône encore fièrement à son emplacement original alors qu'un belvédère de remplacement a été érigé pour les touristes permettant une vue superbe sur les eaux turquoise du puits désaffecté de la mine British Canadian.

Le puits de la mine Flinkote est devenu un lieu de prédilection pour la plongée sous-marine. Sa réputation n'est plus à faire.

Enfin, les travaux de la mise en valeur du Centre historique de la mine King au centre-ville de Thetford Mines ont été lancés cette semaine au coût de 6 millions $. Le chevalement sera restauré tout comme la salle de treuils et la forge. Un ascenseur permettra d'accéder à la salle d'observation au haut du chevalement.

Comme quoi ces sites miniers abandonnés peuvent constituer un attrait touristique potentiel.

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