Élections scolaires: des candidats sans ressources

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(Sherbrooke) Où sont les candidats aux élections scolaires? peut-on se demander à l'approche des élections du 2 novembre prochain. Le contraste est grand avec une campagne électorale municipale, qui suscite beaucoup plus l'attention. Aux yeux d'Isabelle Lacroix, professeure à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke, plusieurs raisons expliquent ce constat, dont le financement des candidats et le peu intérêt démontré pour cette élection.

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Isabelle Lacroix

Archives La Tribune, Jessica Garneau

« Ces gens-là n'ont pas de ressources », lance Mme Lacroix en demandant qui veut financer une telle campagne électorale. « Faire une campagne électorale, c'est très coûteux. »

Professeur associé à l'Université de Montréal et de Sherbrooke, André Brassard abonde dans le même sens : les candidats n'ont pas beaucoup de ressources financières. À ses yeux, la chose politique intéresse peu les gens qui n'ont pas d'enfants à l'école et qui ne voient pas ce que fait vraiment la commission scolaire.

« La plupart des services fournis par la commission scolaire tout comme leurs activités ne sont pas très visibles aux yeux de la population », à l'exception de l'arrivée des comptes de taxes, écrivait M. Brassard en 2012 dans la revue Le Point.

S'il n'existe pas de motifs d'insatisfaction réelle à l'endroit de la commission scolaire, « il devient normal que la population en général et les parents en particulier s'intéressent peu aux élections scolaires. Encore ici, c'est quand se pose un problème important au regard du cheminement scolaire de leur(s) enfant(s) que les parents et parfois la population se mobilisent. Par exemple, quand se pointe l'éventualité de la fermeture de l'école du quartier ou du village », écrit-il également.

Lors des dernières élections scolaires en 2007, le taux de participation oscillait autour de 8 % dans la province.

«Ce gouvernement existe depuis 1840. Si c'était si simple, on aurait déjà remplacé les commissions scolaires.»


Isabelle Lacroix s'est intéressée aux commissions scolaires dans le cadre de ses recherches. En 2007, la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) estimait que le faible taux de participation était lié au peu de connaissance des gens sur ces organisations : c'est aussi ce qu'ont fait ressortir les travaux de Mme Lacroix.

« À la base, ce n'est pas une question d'intérêt. Est-ce que les acteurs médiatiques vont couvrir une campagne qui n'intéresse personne (...)? »

Avec ses travaux, Mme Lacroix a pu constater que les gens sont très peu au courant du rôle d'une commission scolaire, même à l'intérieur de celle-ci.

« Ce qu'on retrouve beaucoup, ce sont des préjugés, des perceptions (...) »

Si on demande aux gens qui organise le transport scolaire des élèves, peu de gens pourront répondre. Pas étonnant que le discours abolitionniste résonne autant : comme les gens ne savent pas à quoi ces organisations servent, les voir disparaître ne les dérange pas.

Pourtant, les façons de fonctionner d'une ville et d'une commission scolaire se ressemblent à différents niveaux : les élus décident des grandes orientations, le personnel se charge d'appliquer ces décisions et de faire fonctionner l'appareil administratif.

« Ce gouvernement existe depuis 1840. Si c'était si simple, on les aurait déjà remplacées », observe la politologue à propos des commissions scolaires.

Les élus scolaires ont-ils une certaine responsabilité dans cette méconnaissance généralisée à leur endroit?

« À cet égard-là, je crois qu'il y a une responsabilité partagée. Les citoyens font peu d'efforts pour s'informer. En contrepartie, du côté des commissions scolaires, il y a peut-être du travail à faire. »

Aurait-on pu s'attendre à plus de réactions des élus scolaires lorsque le couperet est tombé à la suite des compressions exigées par Québec? Le contexte de crise aurait pu favoriser une meilleure écoute, croit Mme Lacroix; plusieurs voix auraient pu porter davantage.

Pour la première fois depuis sept ans, des élections scolaires auront lieu le 2 novembre prochain au Québec. Sur le terrain, les candidats aux élections scolaires sont peu visibles : La Tribune s'est intéressée à cette question. 

Ce scrutin sera marqué par un changement important, puisque les présidents des commissions scolaires seront élus au suffrage universel. Nous vous présentons un portrait des candidats à la présidence des trois commissions scolaires francophones de la région.

Dossier complet dans La Tribune de mercredi.

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