Mont Orford: priorité à la conservation, dit Paradis

Pierre Paradis... (Imacom, Maxime Picard)

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Pierre Paradis

Imacom, Maxime Picard

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) Après s'être porté en ardent défenseur de l'intégrité du parc du Mont-Orford, le ministre Pierre Paradis entend bien encourager les organismes de conservation qui souhaitent protéger et permettre l'accès à des territoires adjacents.

L'Estrie pourrait ainsi s'enorgueillir d'avoir, en complément de son parc national deux fois plus grand, un corridor vert protégé qui mènerait jusqu'au Vermont en passant par la réserve naturelle des Montagnes Vertes, dans la région de Sutton, ainsi que « l'exceptionnel » corridor bleu que constitue la rivière Missisquoi Nord.

C'est ce que le député de Brome-Missisquoi, ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation et ministre responsable de l'Estrie a fait valoir en table éditoriale à La Tribune, jeudi, alors qu'il était invité à faire le point sur le dossier d'agrandissement du parc national du Mont-Orford.

Le parc régional des monts Sutton appartient à Conservation de la nature, un organisme sans but lucratif pancanadien, et est géré par Corridor appalachien. Le corridor bleu est calqué sur un modèle semblable, tandis que l'organisme Les Sentiers de l'Estrie a déjà des droits de passage qui traversent ces territoires, depuis le futur parc du Mont-Orford jusqu'à l'Appalachian Trail de l'autre côté de la frontière américaine. Et le milieu poursuit ses efforts pour protéger ces territoires et en pérenniser l'accès.

Encore l'été dernier, par exemple, de pair avec Corridor appalachien, on annonçait la création d'une nouvelle aire protégée de 40 acres à Sutton. « On veut éventuellement se lier à toute la chaîne des Appalaches, les Montagnes vertes du Nord, de la frontière canado-américaine jusqu'au nord du mont Orford », révélait alors la propriétaire des terrains où niche Zuyderland, Maaike Zuyderhoff.

Le député-ministre de la région pense que ces organismes ont les moyens de leurs ambitions. « Ils ont juste besoin d'un petit soutien politique », lance-t-il, en assurant qu'il en sera, en autant qu'il ait des garanties qu'il s'agit de conservation à perpétuité. À l'époque où il était ministre de l'Environnement, M. Paradis a d'ailleurs fait adopter un fonds de jumelage par lequel le gouvernement investit un dollar pour chaque dollar du privé investi dans la conservation.

Huit ans après avoir voté contre le projet de loi 23 qui aurait privatisé une partie du Parc national du Mont-Orford, le député libéral décrit cette vision et ne semble pas peu fier de l'issue de la saga.

D'autant que son gouvernement s'apprête à annoncer qu'il va se prévaloir de son pouvoir d'expropriation pour acquérir les 1500 hectares manquants et ainsi remplir l'engagement de doubler la superficie de ce joyau vert des Cantons-de-l'Est, confirme-t-il.

Mais toute cette saga n'aura-t-elle pas coûté trop cher aux Québécois pour doubler la superficie d'un parc?

« Ça va nous avoir coûté beaucoup moins cher que si on avait privatisé le parc parce qu'on aurait rompu le lien de confiance entre la population qui croit en la conservation et celle qui croit au développement, analyse-t-il avec le recul. Du terrain pour le développement, il y a en a toujours, mais pour la conservation, il y en a de moins en moins. »

« Je l'ai vécu avec ces expériences-là, je l'ai vécu aussi avec beaucoup de fiducie foncières, un concept originaire des Cantons-de-l'Est avec la vallée Ruiter. Les gens se prennent de plus en plus en main, les demandes se multiplient pour contrôler leur environnement et la beauté de tout ça, c'est que c'est à perpétuité. Le message qu'on envoyait si on privatisait le mont Orford, insiste-t-il, c'est que vous donnez aujourd'hui mais vous ne savez pas pour combien de temps. Les gens auraient arrêté de donner. »

Quant au promoteur déçu André L'Espérance, Pierre Paradis estime qu'il a tiré profit autrement du revirement de situation. « Il s'est tournée vers des projets touristiques différents qui bénéficient eux aussi de ces aires de conservation tout comme l'ensemble de la population. »

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