Financement: les écoles privées préparent la réplique

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Raymond Lepage

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(SHERBROOKE) Devant le spectre d'une importante baisse de financement, les écoles privées de la région invitent les parents à se mobiliser et à faire connaître leur avis dans le cadre de la Commission de révision des programmes.

L'hypothèse étudiée d'une baisse du financement des écoles privées et d'une hausse des droits de scolarité qui en découlerait entraînerait la migration des élèves du privé vers le public.

La Presse a révélé la semaine dernière que Québec songe à une importante refonte du réseau de l'éducation. L'une des hypothèses étudiées est la baisse de financement des écoles privées. Selon la Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP), si le gouvernement décidait de réduire d'au moins 50 % le financement des écoles privées, les droits de scolarité pourraient augmenter d'au moins 2000 $ par année. Le récent rapport Champoux-Lesage recommandait notamment de revoir le financement du réseau privé.

Des écoles privées de la région ont augmenté de 200 $ les frais de transport scolaire cette année en raison d'une coupe dans une subvention liée au transport scolaire.

« On a encouragé les établissements à informer les parents de tous les enjeux en éducation », indique le président de l'Association des écoles privées de l'Estrie (AEPE), Raymond Lepage. « Quand on se lance dans une guerre de chiffres, c'est moins évident de se retrouver. »

Le Séminaire de Sherbrooke a notamment envoyé une lettre aux parents de ses élèves.

« Vous avez sans doute entendu la rumeur à l'effet que le gouvernement du Québec songerait à couper de façon importante les subventions aux écoles privées afin de réduire ses dépenses en éducation. Il s'agit d'une rumeur qui ne résiste pas à l'analyse. Le gouvernement sait très bien que couper dans les subventions à l'école privée ne lui permettrait pas d'économiser. En effet, les parents qui envoient leurs enfants à l'école privée paient 600 M$ par année en frais de scolarité, ce qui représente une économie substantielle pour l'État », écrit la rectrice-directrice générale par intérim au Séminaire de Sherbrooke, Claire Beaudoin.

« Advenant une coupe dans les subventions et une hausse des frais de scolarité, la vaste majorité des élèves du privé migrerait vers l'école publique. Quel serait l'impact sur les finances publiques si le gouvernement devait intégrer dans le réseau public des dizaines de milliers d'élèves et acheter les bâtiments nécessaires pour les accueillir? » fait valoir Mme Beaudoin.

Le président de la CSRS, Gilles Normand, estime pour sa part que les écoles publiques seraient en mesure de les accueillir.

Les écoles privées mènent ces jours-ci leurs portes ouvertes.

En Estrie, près de 20 % des élèves fréquentent une école privée. Il s'agit de la deuxième région après Montréal où la fréquentation du réseau privé est la plus élevée. Pourrait-on craindre des fermetures d'établissements dans la région? « Si la coupe du financement était majeure, oui. Mais c'est tout au conditionnel », indique M. Lepage, qui est aussi directeur général du Salésien. « La capacité maximale de payer est atteinte. » Il note que des parents à faible revenu font aussi le choix d'envoyer leur enfant à l'école privée, et que ceux-ci sont appuyés par les différentes fondations. L'AEPE a déjà rencontré des députés régionaux pour les sensibiliser au sujet; les parents sont aussi invités à leur faire part de leurs préoccupations.

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