Le marché public: comme une fête de village

Le chef William L'Heureux, la coordonnatrice du marché, Lise... (La Tribune, Christine Bureau)

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Le chef William L'Heureux, la coordonnatrice du marché, Lise Larochelle, la productrice maraîchère Raphaëlle Sauvé, l'artiste Francine Péloquin, la boulangère Julie Tessier et le producteur maraîcher Rémi Samson.

La Tribune, Christine Bureau

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<p>Christine Bureau</p>

(Canton de Melbourne) Dans le monde des marchés publics, aligner les kiosques ne suffit plus pour survivre. Outre des saveurs locales, il faut désormais recréer une «ambiance locale», une qui favorise les échanges et les rencontres. Et pour se différencier, certains n'hésitent pas à faire du jour du marché un véritable jour de fête.

«Le marché c'est un milieu de vie! [...] Ici on ne joue pas que d'un instrument, on a un orchestre. Juste la fidélité alimentaire, ça ne mobilise pas les gens, ça prend des petits détails», lance le président du conseil d'administration de la Coopérative de solidarité agroalimentaire de Racine, Gaston Michaud.

Et ce sont dans ces détails que se cultive désormais l'art de la consommation locale, une tendance encore souvent décrite comme passagère.

«Il y a certainement une vague, mais on peut aussi, par toutes sortes de moyens, tenter d'améliorer cette vague-là, on peut en faire une fête. Ce n'est pas juste une question de consommation matérielle», ajoute celui qui fait partie des fondateurs du Marché Locavore de Racine.

La vision est la même du côté du Marché Champêtre de Melbourne, qui célèbre ses 11 années d'existence. «Il y a une ambiance ici qu'on ne retrouve plus. C'est une ambiance de communauté où les gens peuvent se laisser aller et se retrouver», fait valoir Rémi Samson, producteur maraîcher de la ferme Coeur de légumes, à Durham-Sud.

Et cet esprit de communauté, aucune épicerie ne pourra jamais la recréer. «La majorité des clients reviennent chaque samedi. C'est le côté jovial et familial du Marché qu'ils recherchent, même si la qualité des produits pèse aussi dans la balance», atteste Julie Tessier, membre du conseil d'administration du Marché Champêtre et copropriétaire de la boulangerie du Moulin La Fine Fleur.

Des chiffres encourageants

En lançant cette année les brunchs du matin, le conseil d'administration est d'ailleurs persuadé du succès de la formule. «Les gens pourront vraiment passer la journée ici et profiter du décor», souligne la productrice. Elle est elle aussi convaincue que cet engouement pour la consommation locale est là pour durer.

«L'an passé, notre chiffre d'affaires à la boulangerie a augmenté de 20 % et je sais que c'est la même chose pour d'autres producteurs. En plus l'an passé il y avait les travaux sur la route 243, qui ont duré un mois. Cette année devrait être encore mieux», soutient-elle.

Le Marché Locavore de Racine est lui aussi en pleine expansion. En 2013, il a accueilli 9200 amateurs de produits locaux, soit 20 % de plus que l'année précédente et 50 % de plus qu'en 2011. Et après une augmentation de 30 % du nombre de ses membres, la Coopérative en compte aujourd'hui 400.

De plus en plus abordable

Il faut dire que les producteurs travaillent fort pour faire disparaître l'idée qu'acheter local, c'est payer plus cher.

«Les légumes en hiver dans les épiceries sont toujours plus chers que les légumes dans les marchés l'été», illustre simplement M. Samson. Sans compter la qualité du produit, qui justifie selon lui le prix déboursé. «Il y a aussi le contact avec les producteurs, réplique sa conjointe, Raphaëlle Sauvé. On donne des recettes, des astuces de conservation ou comment apprêter les légumes. On dit tout.»

Reste que dans la tête des consommateurs, le prix des produits est un élément non négligeable de l'équation.

«La différence de prix se résorbe tranquillement, croit M. Michaud. Peut-être parce que les producteurs, en ayant sensiblement augmenté leur production, arrivent à diminuer leurs prix. Ils sont conscients que les gens achètent aussi un prix.» Ce n'est pas comme l'ambiance d'un marché. Ça, ça ne s'achète tout simplement pas.

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