Irritations printanières

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

Au menu cette semaine, quelques irritations qui ont parsemé mon début de printemps...

Back order

Quand le vendeur sera tout confus parce qu'il n'a plus le produit que vous souhaitiez acheter, il tentera peut-être l'euphémisme : au lieu de simplement lancer «je n'en ai plus», il voudra vous signifier qu'il veille au grain en lançant : «Je suis back order!»

Et là, vous le cassez : «Ah! Vous êtes en RUPTURE DE STOCK?» Et toc!

Pour une fois que le français est plus direct que l'anglais, on serait fou de s'en passer...

Envie de minauder? Certes, il y a des manières plus douces : «J'en attends, j'en ai commandé, la livraison a été différée, ma commande est en souffrance [snif!]...»

La langue francophone

Celle-là, je crois l'avoir entendue entre autres dans la bouche de la ministre du Patrimoine canadien Mélanie Joly, lorsqu'elle parlait de la défense de la «langue francophone».

Désolé, chère ministre, mais il faut parler de la langue française. Tout comme les Canadiens anglais ne parlent pas l'anglophone, mais la langue anglaise. Et caetera.

Tout d'abord, l'adjectif francophone peut être utilisé pour parler d'une personne, tels des immigrants, des étudiants, des chanteurs francophones. Sa définition est : «Qui est relatif à une personne qui parle couramment le français.»

Il peut aussi servir à désigner un lieu où le français est la principale langue d'usage (pays francophone, province francophone, site francophone...).

Lorsqu'on veut dire «d'expression française», on utilisera français pour ce qui est de nationalité française et francophone pour toute la francophonie, par exemple la littérature française par rapport à la littérature francophone. Mais il y a quelques exceptions au Canada, où l'on parle, par exemple, du Canada français ou des services français de Radio-Canada, pour faire davantage référence à la langue.

Location

C'est un anglicisme plutôt pointu, mais aux arts et spectacles, on s'y frotte régulièrement. Comme on a beaucoup parlé de cinéma ces derniers jours, j'ai entendu plusieurs fois l'expression «tourner en location».

Amis du septième art, la location, en français, c'est l'action de louer. Comme la location d'une voiture ou d'un appartement. Ce n'est pas un synonyme de lieu, emplacement, site, endroit...

La bonne expression à employer est plutôt tournage extérieur. Ça ne veut pas automatiquement dire que le tournage a lieu en plein air, mais plutôt que celui-ci se déroule dans des lieux réels, et non en studio, dans des lieux recréés.

Perles de la semaine

Dre Grey, leçons d'anatomie... et sûrement pas de français!

Le squelette est une personne qui montre son intérieur et dont l'extérieur s'est égaré.

Lorsque le foie voit l'alcool arriver, il tremble de peur.

C'est dans le thorax que les poumons font leur nid.

La sueur permet d'éliminer les déchets de l'organiste.

En cas de fracture, il faut tremper le membre dans l'eau froide : la soudure se fera immédiatement.

Questions ou commentaires? Steve.bergeron@latribune.qc.ca.

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