Impacter avec le diable

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Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) Récemment dans La Tribune, on parlait de « zone impactée » par un glissement de terrain. Depuis quand le mot « impact » est-il devenu un verbe?
Diane Robitaille
Sherbrooke

Le verbe impacter a fait son entrée dans les dictionnaires il y a environ 25 ans. J'ai même déjà écrit une chronique sur le sujet en 2009, à une époque où son usage était encore rare chez nous et plus répandu en France. Force est d'admettre qu'il est en train de s'infiltrer dans le vocabulaire ici aussi.

Selon la Banque de dépannage linguistique (la fiche date quand même de 2002), le verbe impacter ne devrait être employé qu'en chirurgie, avec une définition vraiment très précise : « Solidariser avec force deux organes anatomiques ou un organe et un matériel, de façon que leur pénétration soit solide et résistante. »

Mais si je me fie à la définition du Petit Robert, impacter est aujourd'hui utilisé dans des contextes beaucoup plus généraux, notamment en affaires, puisqu'on lui donne comme définition : « Avoir un impact, une incidence sur. »

Doit-on alors tenter de freiner la tendance?

Il faut se demander ce qui a motivé son entrée dans la langue française, si celle-ci comble vraiment une lacune lexicale, ou si, au contraire, nous avons plutôt affaire à un autre cas de paresse qui nous pousser à inventer un mot plutôt que d'en utiliser un autre qui existe déjà, mais qui n'est pas de la même famille.

Pour la BDL, l'irruption d'impacter en français est probablement venue de l'anglais to impact.

Mais on pourrait aussi dire qu'il s'agit d'un retour de balancier, car le mot impact vient du verbe latin impingere, qui voulait dire heurter. Le latin nous a donné un nom, et maintenant, ce nom nous donne un verbe.

Par contre, la BDL constate que les synonymes pour le remplacer sont légion : percuter, concerner, influencer, intéresser, toucher, viser, etc. Bref, nous avons déjà tous les mots qu'il faut pour très bien traduire cette réalité.

J'ai tendance à être du même avis. On aurait très bien pu parler d'une zone « touchée, affectée, endommagée » par un glissement de terrain.

Récemment, je suis tombé, dans un communiqué de presse, sur impulser, un autre verbe qui semble avoir suivi le même chemin qu'impacter, mais en amont, puisqu'il figure dans les dictionnaires depuis 1945. Mais lui aussi s'avère inutile, puisque les verbes promouvoir, animer et lancer font parfaitement le travail.

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Questions ou commentaires? Steve.bergeron@latribune.qc.ca.

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