Il faut savoir prendre le temps

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Cette application, Muralis, que vous téléchargez sur votre tablette ou votre téléphone intelligent, vous permet de bonifier votre expérience du circuit des murales.

Spectre Média, Stéphanie Vallières

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(Sherbrooke) CHRONIQUE / J'ai entrepris le téléchargement de Muralis avant d'aller traire les chèvres, vendredi matin. J'ai complété la traite, lancé quelques bâtons aux chiens, pris une douche, enfilé du linge propre, rapatrié mes trucs pour aller au boulot, puis j'ai filé. Quand je me suis pointée devant la bibliothèque géante du collège Sacré-Coeur, rien à faire, l'application n'était que très partiellement transférée.

Au Bureau touristique de Sherbrooke où je me suis rendue pour compléter le téléchargement, on m'a invitée à m'asseoir patiemment pendant que l'opération se complétait. Faut prévoir une bonne quinzaine de minutes.

«Il faut savoir prendre son temps», m'a-t-on conseillé sagement.

Tellement.

Et je me suis dit que Destination Sherbrooke aurait peut-être eu intérêt à faire de même.

Je vous ai déjà raconté la semaine dernière que j'avais fait une courte tournée d'observation avec le concepteur de Muralis, Guillaume Langlois. C'était il y a une semaine, il y avait un lot de ce qu'il appelait «des petits bogues faciles à régler».

Je suis retournée vendredi, au lendemain du lancement officiel de Muralis, question de vérifier si «les petits bogues» avaient été réglés et surtout, prendre plus réellement la mesure de cette nouvelle application.

Je vous résume ça rapidos. Cette application, Muralis, que vous téléchargez sur votre tablette ou votre téléphone intelligent, vous permet de bonifier votre expérience du circuit des murales. Pour ceux qui se posaient la question, oui, il faut être sur le circuit. Il faut même être près de la murale qu'on veut voir s'animer, à condition qu'elle fasse partie de l'application, ça va de soi, et pas mal directement en avant du coin de murale qui nous intéresse.

La plupart du temps, ça fonctionne. Très bien. Parfois un peu moins, dans l'Est notamment quand je suis passée. À d'autres moments, disons devant la murale CHLT, celle des Jeux du Canada ou à la centrale Frontenac, tu te dis «Ah, c'est tout?!» Petit malaise.

De là la question, Destination Sherbrooke, pourquoi ne pas avoir pris le temps? Je veux dire, cette valeur ajoutée sur laquelle on souhaitait miser pour la saison estivale, tant qu'à la lancer dans la précipitation alors que la période des vacances tire à sa fin, pourquoi ne pas avoir pris le temps de la peaufiner et de la roder encore un peu?

Le rodage avant le lancement, mettons, sans trop garrocher.

L'automne dernier, on avait lancé un premier appel d'offres sur ce projet sans savoir de quel budget on disposait. Ça ne tenait pas la route; on a reculé, attendu d'avoir un chiffre sur la table (500 000$) relancé rapidement le processus, choisi la firme Space & Dream, fait approuver le budget et le projet au conseil et poussé le tout dans la machine dans un dernier élan en annonçant que tout serait prêt en juillet.

Ça ne l'était pas. Et ça ne l'est pas encore tout à fait.

«Il faut savoir prendre son temps», je le rappelle sagement.

Ceci étant dit, le bébé est là, faudrait pas le jeter avec l'eau du bain. On aurait même intérêt à garder l'eau du bain à bonne température pour permettre au bébé de se mettre sur pied et de grandir. Muralis est plein de potentiel, il y a large place à bonification, ça vaudrait la peine de prendre le temps.... de se donner le temps.

Jasons créativité

Par ailleurs.

Les gens du milieu culturel d'ici sont déçus du peu d'espace laissé au talent sherbrookois au sein de ce projet Muralis. Il s'en trouve plusieurs pour s'en désoler discrètement, peu pour le dire haut et fort, on comprendra que Sherbrooke est un petit milieu, que les occasions et les contrats sont peu nombreux et que les risques de se retrouver au banc des pénalités incitent à une certaine prudence.

N'empêche. Marianne Roy a élevé un peu la voix. Pas crié, pas braillé, pas déchiré sa chemise ou son bustier. Juste élevé la voix un peu pour rappeler à Destination Sherbrooke et aux gens de la Ville qu'ils existent, les artistes d'ici, avec leur talent, leur dynamisme et leur volonté de vivre de leur art et de le faire vivre.

Du côté de Destination Sherbrooke, on plaide la nécessaire liberté de création de Space & Dreams de même que l'exigence de la ressemblance entre les comédiens et les personnages des fresques, et on rappelle aussi que quelques Sherbrookois ont quand même contribué au produit.

Difficile de croire cependant que d'offrir en boni une liste de créateurs, d'acteurs et d'artisans prêts à sauter dans le bateau puisse couper la créativité de Space & Dreams ou de quelque concepteur que ce soit, et pour ce qui est de la ressemblance, je tiens à souligner que je ressemble autant à Louis Bilodeau que le comédien qui le personnifie sur l'application dans l'Est. Just saying.

Mais, vrai, il y a bien quelques Sherbrookois qui ont contribué (sans que ça brime la créativité de qui que ce soit).

Mais on aurait pu leur faire encore davantage de place. Et comme Muralis est appelé à se bonifier au cours des prochaines années, ce serait bien de s'en rappeler.




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