Well inc. : grosse nouvelle, peu d'info

Les organismes communautaires bien implantés au centre-ville de... (Archives La Tribune, Jessica Garneau)

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Les organismes communautaires bien implantés au centre-ville de Sherbrooke espèrent trouver leur place au sein du projet de Quartier de l'entrepreneur Well inc.

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(Sherbrooke) La nouvelle est tombée pendant mes vacances, et elle était tellement grosse que même du fin fond de ma campagne, toutes applications numériques condamnées au silence, déconnectée de toutes sources d'information, la chainsaw dans le tapis pis l'ânesse qui brayait à pleins poumons pour qu'on aille marcher jusqu'au bout du rang, et ben ça s'est tout de même rendu à mes oreilles.

On allait finalement renipper la Wellington Sud.

Wouhou!

Je ne m'en cache pas, j'étais vraiment contente. Je ne sais pas c'est quand la dernière fois que vous êtes allés sur la Well, mais si ça remonte à l'époque du Carroussel, ou même à celle plus récente du Graff, il faut peut-être vous faire une petite mise à jour sur l'état des lieux.

C'est plus si cool que ça la Well Sud. Ce bord-là de la Well, c'est une fille qui traverse en poussant un landau rempli de cossins en gueulant contre la vie, c'est un type qui dort sur le bord d'une porte au petit matin, c'est un gars qui parle tout seul en zigzagant entre les voitures, ce sont des mains tendues pour un peu de change, des locaux vides, des pancartes à louer, des terrains vagues.

J'veux dire, y a encore des trucs le fun, y a même des entrepreneurs qui osent, qui s'y installent, et des gens qui la fréquentent, qui vont boire un thé ou un verre, voir un film ou un show, manger une bouchée, faire des achats très ciblés, tout ça en espérant quand même qu'à un moment donné, quelqu'un quelque part va décider de redonner vie au quartier et à son monde.

Parce que la Well Sud, c'est pas juste des bâtiments, c'est du monde. C'est du monde qui prend soin d'autre monde, pis ben du monde qui a besoin d'aide. C'est aussi de la pauvreté, de la maladie, de la toxicomanie, de l'itinérance, de la solitude, du désespoir.

Pour paraphraser Étienne Bélanger-Caron, directeur de la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue, « la Well n'est pas belle, mais elle est habitée, y a une communauté qui existe ».

Donc, quand la nouvelle a traversé les remparts pour se faufiler jusqu'à mes oreilles, je me suis dit cool, on va prendre soin du quartier ET du monde, cool, on va annoncer du même coup l'implantation du centre de jour tant espéré par la Direction de la Santé publique et les organismes communautaires du centre-ville.

Je me suis dit que les gens du Tremplin et de la Coalition pour le travail de rue allaient être fous raides d'avoir enfin un lieu de rassemblement pour leur clientèle.

Sont pas fous raides ou de joie. Sont pas en furie non plus, ceci étant dit. Sont juste pas trop au courant de ce qui s'en vient au-delà des grandes lignes qui ont été lancées par le maire Sévigny. S'inquiètent un peu. Savent pas trop la place qui sera la leur et celle de leur clientèle. Savent pas non plus ce qui arrive avec le centre de jour.

Y a une grosse nouvelle, mais peu d'info.

Je veux qu'on s'entende ici : personne n'est contre la vertu et Well inc.

Au contraire. Si vous jasez avec les dg en place, ils vous diront que la revitalisation fera grand bien, qu'ils seront heureux d'évoluer et de voir évoluer leur clientèle dans un environnement plus sécuritaire, plus beau, plus propre, plus mixte, plus dynamique, qu'ils croient même que la présence entrepreneuriale peut s'avérer très bénéfique pour eux et inspirante pour la clientèle, que ça s'annonce comme un projet porteur de changement dans le tissu social et que ça tombe bien étant donné qu'on peut de moins en moins se fier sur l'État.

Ils diront tout ça et leur inquiétude aussi sur le comment. Comment bâtir un nouveau quartier, une nouvelle richesse, en ne balayant pas simplement la pauvreté sous le tapis et quelques rues plus loin.

« On connaît bien le profil socio-économique du quartier, de là l'intérêt d'une formule misant sur l'entrepreneuriat pour rebâtir le tissu social », explique le conseiller Serge Paquin lorsqu'on soulève les inquiétudes de certains organismes communautaires.

« Ils n'ont pas à s'inquiéter, on ne veut pas les chasser, on veut plutôt bâtir avec eux, et tout ce développement va se faire progressivement. On pense aussi que la présence de nombreuses coopératives d'habitation dans le quadrilatère et les programmes d'accès à l'habitation vont permettre d'éviter la gentrification qui peut arriver dans ce genre d'initiatives », note encore le conseiller de l'arrondissement Centre-Sud en se voulant rassurant.

Assez rassurant pour pousser un soupir de soulagement.

Imaginez ce que quelques coups de fil pourraient faire. Au-delà d'une belle grande nouvelle, y aurait aussi de l'info de disponible.

Manquera que le centre de jour.

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