De l'école au Salon du livre

Parmi les quelque 3000 élèves qui auront défilé... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Parmi les quelque 3000 élèves qui auront défilé au Salon du livre de l'Estrie jeudi et vendredi, plusieurs écoliers à la maison rassemblés au Collectif d'apprentissage en famille, parmi lesquels Anouck et Marika accompagnées de leur maman et éducatrice, Marie-Christine Olivier.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) CHRONIQUE / C'est peut-être un faux souvenir. Vous savez, ce genre de réel un brin retouché au fil du temps et/ou de l'imagination, tricoté en partie avec des petits bouts de vrai qu'on a réchappé d'un passé poussiéreux, mais décoré de quelques touches d'inventé qu'on jurerait pourtant que c'est du vrai de vrai, de chez promis, juré, craché, croix de bois, croix de fer, si je mens j'irai en enfer.

Donc, c'est peut-être un faux souvenir, mais en déambulant jeudi au Salon du livre de l'Estrie, je me suis rappelé la bibliothèque de l'école St-Philippe quand j'étais petite, qui occupait me semble-t-il l'équivalent de deux classes, mais où les propositions se limitaient à une collection de la comtesse de Ségur assez poussiéreuse (la collection, pas la comtesse. Quoique.) et un éventail de bd qui tient en Astérix, Tintin, Lucky Luke, Les 4 As, Gaston, Spirou pis Les tuniques bleues en pleine Guerre de Sécession américaine.

C'est clair qu'il y avait plus que ça, mais c'est tout ce qui tapisse mon faux souvenir. Et en regardant le lot quasi infini de reliures que les écoliers pointaient du doigt ou portaient à bout de bras dans les larges avenues du Salon, je me suis mise à les jalouser et à trouver qu'ils en avaient de la chance ces enfants.

Ils étaient 2234 jeudi, on en attendait 1268 vendredi, de ces enfants chanceux dont les enseignants avaient choisi le Salon du livre de l'Estrie pour y investir une partie ou la grande totalité de leur budget culturel annuel. Quelques-uns de la CSRS et des Hauts-Cantons, la grande majorité des Sommets. C'est comme ça.

Même moi j'arrive à 3502 enfants fort enthousiastes en additionnant les chiffres de ces deux premiers jours du Salon. Ça fait pas mal d'enfants, jamais assez cependant, pour qui la passion, ou à tout le moins la curiosité des livres, se trouve alimentée version protéines en bloc par contacts avec les auteurs.

Je sais, vous doutez peut-être. Mais faudrait que je puisse décrire l'excitation dans les grands yeux arrondis des enfants quand ils croisaient l'auteure Marianne Dubuc devant un kiosque ou en prenant la pose de superhéros dans un atelier de Guillaume Demers. Comme quand tu retrouves assis à côté de Jésus au bar du coin. Tant que ça.

Ouais mais là, c'est probablement plus le plaisir d'une sortie d'école que de rencontrer une auteure en vrai, me direz-vous avec la même suspicion qui m'anime quotidiennement.

Neunon. Les enfants la connaissent comme ils reconnaissent Simon Boulerice, Tristan Demers ou Annie Groovie et les héros auxquels ils donnent vie. Ils partagent la même aventure.

Car voilà, m'instruit Marianne Dubuc, appelée à offrir des ateliers dans de nombreuses écoles depuis quelques années, les effets de l'Atelier d'écriture au primaire se font de plus en plus sentir chez les jeunes. « Comme ils se retrouvent en position d'auteurs, leur rapport est différent et leur enthousiasme sans limite, l'impact incroyable. Le livre prend une nouvelle dimension, une nouvelle place. »

Je souris, vous avez pas idée. Parce que c'est clair que c'est pas juste dans mon souvenir balloté qu'il n'y avait pas assez de livres, c'est dans toutes les bibliothèques scolaires.

Livres et écoles, deux mots qui vont si bien ensemble.

Toujours est-il que ces milliers d'enfants qui se sont pointés aux portes du Salon du livre pour l'ouverture jeudi matin, ça entrait au poste, faisait remarquer la nouvelle directrice de l'événement, Émilie Pinard. Les bénévoles ont eu droit à leur moment d'initiation, c'est rodé, il n'y aura pas à s'inquiéter de poireauter avant de se lancer en mode exploration du Salon.

Oui. Explorer le Salon. Au centre de foires ou hors de ses murs, par le biais des activités du Tremplin et du Buvard, mais explorer le Salon.

Si c'est bon pour les petits, ça ne doit pas être trop mauvais pour les grands.

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