Mots de société

Environ le tiers de la population québécoise souffre... (Spectre Média, Maxime Picard)

Agrandir

Environ le tiers de la population québécoise souffre d'analphabétisme fonctionnel et n'a donc pas toutes les capacités pour bien analyser et comprendre l'information écrite.

Spectre Média, Maxime Picard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Tiens. Vous êtes là. Assis à la table de la salle à manger, ou debout, un café et un bout de bagel à la main, le journal étalé sur l'îlot de cuisine ou la tablette au bout des doigts.

Peu importe, vous êtes là. Vous lisez le journal. Et à d'autres moments, vous lisez autre chose, un magasine, un site qui vous branche, un livre, la correspondance de l'enseignante de votre petite dernière, votre compte de taxes ou votre renouvellement de police d'assurances. T'sais, pas des trucs aussi intéressants que cette chronique, mais des trucs.

Des trucs que vous pouvez lire, déchiffrer, analyser, comprendre. Parce que les nombres, les lettres, les mots, les degrés de lecture, tout ça, vous êtes hyper à l'aise avec ça.

Il y a environ un million d'analphabètes au Québec.

Je répète par écrit, il y a environ un million d'analphabètes au Québec.

En fait, selon les chiffres de différentes études, c'est un Québécois sur cinq chez les 16 à 65 ans qui éprouve des difficultés majeurs en lecture. En élargissant, entre 35 et 45 pour cent de la population du Québec est analphabète fonctionnelle, c'est-à-dire parvenant difficilement à prendre la mesure d'une information transmise par écrit.

Kathy vit à Sherbrooke avec sa petite fille d'un an et demi déjà allumée et volubile. C'est la fierté de sa mère, Kathy le répète deux fois plutôt qu'une, elle fera tout ce qu'elle peut pour offrir à sa fille le soutien, les encouragements, la valorisation et les ressources qu'elle n'a pas eus. Elle veut l'aider à grandir, apprendre, s'épanouir. Quand la petite va aller à l'école, dans quelques années, elle va être là pour l'aider. Le temps qu'elle pourra le faire du moins. Parce qu'à un certain moment, elle ne pourra pas, Kathy, elle ne comprendra pas.

Parce que Kathy, elle lit un peu, écrit à peu près autant et n'arrive pas trop à jouer avec les chiffres.

En vérité, les mots, oui un peu depuis qu'elle est passée par le Centre d'éducation populaire, le calcul, c'est non. Ce qui fait que, quand tu te cherches un emploi, Kathy l'a compris, c'est pas d'adon.

On n'entrera pas trop dans les dédales de la vie difficile qu'a connue Kathy. Ce n'est pas sans importance, une partie de sa misère à la vie et à ses composantes vient de là, mais ce n'est pas essentiel non plus dans le sens où l'analphabétisme, qu'il soit fonctionnel ou non, prend parfois ses racines dans des circonstances autres, ceci n'explique pas tout cela. Une partie, mais pas tout.

Mais de temps en temps, parlons de ces gens qui passent entre les mailles du système scolaire, du système tout court.

Et si vous voulez en parler ce soir, ça se passe au Kaapeh, de 17h30 à 20h. Y aura causerie sur l'alphabétisation, un rendez-vous organisé par le Train des mots et le Centre d'éducation populaire.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer