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Alexandre Dion unira officiellement sa destinée à celle... (Spectre Média, Julien Chamberland)

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Alexandre Dion unira officiellement sa destinée à celle de Daphnée Arel, aujourd'hui, pendant que les grands-parents de cette dernière, Georgianne et Roger Arel, renouvelleront leurs voeux après 65 ans de mariage.

Spectre Média, Julien Chamberland

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CHRONIQUE / Ils se préparent à descendre l'allée de l'église Ste-Bibiane, ce samedi après-midi, à Richmond.

Lui, il la regarde tellement amoureusement, lui entoure les épaules de son long bras, lui caresse la main avec douceur, lui chuchote des mots doux et peut-être même un peu grivois à l'oreille, la taquine un brin entre deux blagues lancées à la ronde.

Elle, elle lui rend ses regards amoureux, dépose sa tête sur son épaule, lui sourit, le traite de grand fou, mais rit de chacune de ses blagues en le relançant du tac au tac, lui rend chacun de ses mots doux, de ses allusions un peu coquines aussi.

C'est ce genre de couple, je vous assure, qui viendrait ramollir ce qu'il y a de plus crasse dans votre cynisme amoureux. De cette trempe qui vous redonne envie d'y croire, de vous abandonner, de vous donner à fond, tout le temps, longtemps, très longtemps.

Pourtant, dans un ultime élan de grand sarcasme, vous seriez peut-être tentés de prétendre que ça ne saurait durer, que le temps fera son oeuvre, que la petite flamme va commencer à vaciller et doucement s'éteindre une fois l'allée de l'église remontée à la fin de la cérémonie.

Mais voilà, Georgianne et Roger Arel sont mariés depuis 65 ans déjà. Avant ça, ils se sont chastement fréquentés pendant trois ans. Soixante-huit ans d'amour fou.

Aujourd'hui, Georgianne et Roger vont descendre l'allée de l'église Ste-Bibiane, à Richmond, et y renouveler leurs voeux.

Au même moment, dans cette même église Ste-Bibiane, sur l'autel au bout de la même allée, Daphnée Arel et Alexandre Dion vont aussi s'échanger des voeux et se promettre de l'amour pour le meilleur et pour le pire, jusqu'à ce que la mort les sépare.

Daphnée, vous l'aurez peut-être deviné, c'est la petite-fille de Georgianne et Roger.

C'est elle qui a proposé à ses grands-parents de célébrer doublement l'amour, de partager l'allée, la cérémonie, la fête.

Et ce malgré les réserves de quelques proches qui lui ont rappelé que « c'était censé être sa journée à elle. »

« Mes grands-parents sont une source d'inspiration, des modèles, explique doucement la jeune femme. Pour moi, c'est important. Si mes grands-parents n'avaient pas été là, je n'y serais pas non plus. Et puis, on a grandi avec eux, c'est important pour moi de leur redonner à ma façon. C'est une marque d'amour. »

Quand Daphnée vous raconte qu'elle a grandi avec eux, ce n'est pas qu'une figure de style. Dans la campagne de Melbourne, sur un grand bout de terre avec vue sur la St-François et sur l'église Ste-Bibiane, Georgianne et Roger ont réuni autour d'eux quelques-uns de leurs dix enfants. Parmi eux, leur fils Benoit, le benjamin de la famille, et sa femme Lucie, les parents de Daphnée.

Avec ses deux frères et sa soeur, Daphnée a donc grandi à une centaine d'enjambées de ses grands-parents, là où depuis la nuit des temps on se réunit tous les vendredis pour le 5 à 7... Et un peu plus.

« Moi, je n'avais pas vécu une vie de famille comme ça, raconte Alexandre, celui-là même qui deviendra le mari de Daphnée aujourd'hui.

« Je n'ai pas connu mon vrai père, je viens d'une toute petite famille, quand je suis arrivée ici la première fois avec Daphnée pour un 5 à 7 avec les beaux-parents et les grands-parents, j'ai vraiment eu quelque chose, c'était touchant. »

Cet esprit de famille, Daphnée et Alexandre ont tellement envie de l'alimenter et de le préserver qu'ils ont construit leur maison tout près de celle des grands-parents. C'est là que la famille et les amis vont se réunir, ce soir après la cérémonie, pour fêter en long, en large et en grand les nouveaux et les éternels mariés.

C'est là aussi que Daphnée et Alexandre, un de ces jours prochains, mais pas demain matin, vont élever leurs propres enfants. « Mais pas dix comme mes grands-parents », prévient tout de suite Daphnée dans un sourire.

« Nous autres, on espère rester autour assez longtemps pour voir grandir ces enfants-là, s'entendent Georgianne et Roger. De toute façon, s'ils veulent pas de nous autres en haut, on n'est pas pressés, on peut bien rester jusqu'à 101 ans. »

Alertes, allumés et amoureux comme ils le sont, on ne peut s'empêcher de penser qu'ils y seront probablement. On ne peut s'empêcher non plus, c'est un cliché, mais c'est comme ça, de leur demander s'il y a un secret à ce bonheur amoureux et familial.

« De la patience », répond Georgianne sans hésiter.

« De l'amour, avance plutôt Roger. Mais l'amour, c'est facile avec une belle femme comme elle. Hein?! que c'est une beauté?! »

Oui. Votre famille aussi, Georgianne et Roger, c'est une beauté. Et on dirait que la tradition est là pour rester.

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