Histoires de tattoo et de coeur

Tatoueuse de renom depuis maintenant 24 ans, Nathalie... (Spectre Média, René Marquis)

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Tatoueuse de renom depuis maintenant 24 ans, Nathalie Duquette s'est fait une spécialité du portrait, un art où elle excelle non seulement en raison de son talent et de sa minutie, mais aussi grâce à sa capacité à saisir l'âme des gens derrière la photo. Aux côtés de son comparse Sébastien Duval, elle proposera dès l'automne L'envers du tattoo, une série web où l'on racontera les gens et par laquelle on soutiendra des causes.

Spectre Média, René Marquis

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CHRONIQUE / Chaque tatouage a son histoire. Enfin non, c'est pas vrai. À preuve, l'auteure de ces lignes en a deux, pas d'histoires reliées à ça, on est plus dans le leitmotiv, dans le reminder, dans le post-it permanent sur l'épiderme, dans le « c'est d'même que t'avances dans ta vie la grande ». Et puis, y a un paquet de gens qui se font faire des tatouages pour plein de raisons; certains vous diront que c'est purement artistique, d'autres que c'est esthétique, d'autres encore que c'est le moyen qu'ils ont trouvé pour s'exprimer, s'affirmer, sortir du lot, crier leur vivant.

Et il y a ceux qui décideront d'immortaliser des moments de leur vie ou de rendre hommage à quelqu'un qui est passé trop vite. C'est souvent là que se racontent la plupart des histoires derrière les tatouages.

Ces histoires, les tatoueurs les écoutent. Certains mieux que d'autres.

Nathalie Duquette, c'est Nephtys, la boss de Nephtys Tattoo, rue Wellington, à Sherbrooke. Elle est tatoueuse depuis la nuit des temps, enfin presque, 24 ans pour être précise, et elle s'est forgée dès ses premiers jets d'encre dans le métier une très solide réputation. Question de talent, de professionnalisme aussi.

Et puis il y a toute cette approche, très humaine, clairement respectueuse. Très à l'écoute des fameuses histoires, parce qu'elle veut bien saisir le tatouage qu'on est venu lui demander, ce qu'il représente, ce qui le motive. Parce qu'elle veut comprendre la personne devant elle et saisir l'âme de celle dont on apporte la photo.

Nathalie Duquette se spécialise depuis des années dans le portrait. Chez Nephtys, la liste d'attente est longue pour se faire immortaliser sur le corps le sourire d'un enfant, d'une amie ou d'un amoureux parti trop vite.

« Pour plusieurs personnes, se faire tatouer le portrait d'un enfant, d'un parent ou d'un proche décédé, c'est très thérapeutique », raconte Nathalie Duquette en donnant l'exemple d'une femme venue la voir pour le portrait de sa fille morte dans un accident. Froide au premier rendez-vous, elle a enlacé et remercié la portraitiste lorsque le tatouage fut complété. Ses enfants et elle se sentaient mieux depuis qu'ils voyaient et saluaient chaque matin le sourire de la disparue.

Nathalie Duquette la confie avec une sincérité de petite fille, soulager un brin de la peine des gens en se plongeant dans le portrait d'un disparu pour en rendre l'âme à petits traits d'aiguille, elle adore ça. Mais ce n'était pas encore assez.

« J'ai 43 ans. Ça faisait déjà un moment que je me questionnais sur la pertinence de ce que je faisais dans la vie, que je me demandais comment je pouvais faire plus pour rendre ce monde meilleur. »

Avec son chum Sébastien Duval, elle a trouvé. Dès l'automne, tous deux seront coproducteurs avec Bruno Lefebvre de la série web L'envers du tattoo, qu'ils espèrent éventuellement voir rachetée par une chaîne télé. Deux fois par mois, on y suivra la confection d'un tatouage par Nephtys tout en racontant l'histoire derrière ce portrait, cette décision, ce cheminement.

« Ça peut être l'histoire d'un proche disparu, mais aussi un portrait lié à quelque chose de fort que la personne a vécu », précise le tandem qui est présentement en processus de sélection des histoires qui seront racontées à L'envers du tattoo et auxquelles seront aussi associées des causes. Pour ce faire, on sillonne les médias sociaux et tout le Québec dans ses moindres recoins, on cherche vos histoires.

« On veut associer chaque histoire à une cause, un projet, des petits trucs qui ont besoin d'un peu de générosité du public pour voir le jour mais dont on n'entend pas parler parce qu'il y en a tellement. On va présenter la cause en même temps que l'histoire, puis les jours suivants, les gens pourront montrer leur générosité via le sociofinancement et suivre l'évolution du projet dans les émissions suivantes », expliquent Nathalie Duquette et Sébastien Duval avec un enthousiasme sans fin qui, ils l'espèrent, pourrait les amener à faire voyager leur attirail à tatouage aux quatre coins du monde.

« On a déjà des partenaires prêts à nous accueillir aussi loin qu'en Indonésie pour aller tourner des émissions. Ça va dépendre de l'intérêt des gens pour L'envers du tattoo, mais aussi des histoires à raconter. »

Parce que chaque tatouage a son histoire. Enfin presque.

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