Demain, c'est aujourd'hui

Des changements pour un demain plus agréable, y... (Spectre Média, René Marquis)

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Des changements pour un demain plus agréable, y en a tout plein à faire. Et faut bien commencer quelque part.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) CHRONIQUE / « Pas capable y est mort, son frère s'appelle essaye! »

Tu te souviens de ça? Je te laisse retrouver les origines de l'expression si t'en as envie, je me contenterai de dire que ça a ponctué mon enfance comme celle d'un paquet de flos. Tu tentais d'écrire en lettres attachées sans dépasser les lignes du cahier, de mettre un ver sur ton hameçon, de rentrer un clou dans une vieille planche ou de vaincre ta peur des hauteurs en grimpant dans une échelle, ça marchait pas trop, tu te tournais vers le plus grand ou l'adulte autour :

- Chu pas capable!

- Pas capable y est mort. Son frère s'appelle essaye!

Tu vas dire que je vais chercher ça loin en sacre quand tu vas voir de quoi je te parle aujourd'hui, mais la vérité, c'est que l'expression poppait non-stop dans ma tête quand je t'imaginais lire la proposition suivante.

Que voici.

Ça te tenterait que ce soit plus pareil?

En fait non, la proposition, la vraie, c'est « ça te tenterait de faire en sorte que ce soit plus pareil? »

Tu vois la nuance?

T'es comme carrément inclus dans le changement, t'en fais partie, tu le décides : le quoi, le comment, le quand, pis toute pis toute.

Quel(s) changement(s)? De quoi plus pareil? De kessé?

Un paquet d'affaires sans doute, mais en commençant déjà par une couple.

T'sais toutes ces fois où tu lis les nouvelles pis que tu trouves que ça va pas bien, les moments où tu dis que les gogosses coûtent cher pis qu'elles durent pas longtemps, que tu sacres contre le prix de l'essence, que tu prétends que l'Éducation pis la Santé ç'a toujours l'air d'un chantier du MTQ, que tu te désoles de voir tes parents stationnés dans un corridor, que t'es pris dans un bouchon de circulation ou dans une allée d'épicerie à te demander si tu vas t'empoisonner...

T'sais toutes les fois où tu fais des concessions dans tes conditions de travail pour que l'entreprise demeure compétitive avec la grosse multi, où t'as peur de perdre ton entreprise ou ton commerce parce que les multis t'écrasent, pis les fois où tu regardes ton relevé bancaire en angoissant, où tu chiales contre la corruption, l'inefficacité, la météo, les vacances trop courtes, la musique trop forte pis la pelouse trop longue...

T'sais toutes les fois où tu t'es dit, pis tu l'as gueulé au beau-frère, au voisin, au garagiste pis à ta psy « ça peut pas continuer longtemps comme ça, ça pas de sens, ça va péter. »

Ben t'sais, des fois, non souvent, tout le temps, quand on veut du changement, faut en faire partie, faut le lancer quelque part pis faut le suivre longtemps, pendant tout plein de demain.

Demain, c'est aussi un film de Cyril Dion et Mélanie Laurent, deux Français pas tant gaugauches et conscientisés que ça qui ont fait le tour du monde un peu pour voir comment les gens se prenaient en main face à tout ce qui scrappait leur bonheur au quotidien. T'sais, dans des villes comme Detroit, poussée à la faillite et abandonnée par le trois quarts de sa population, dans de petites communautés britanniques qui se sont données une monnaie locale, dans un pays comme la Finlande qui a revu son système d'éducation, dans la Suisse des petites entreprises qui fonctionnent en vase clos ou presque.

Y a des problèmes? Y a aussi des solutions.

Mais des solutions qu'on ne se contente pas de rêver, d'attendre et de laisser entre les mains des autres. Parce que comme on est toujours l'autre de l'un et de l'autre, ben si personne ne bouge, évidemment, il finit par rien se passer.

Fait que. Toujours est-il que Dion et Laurent étaient ici il y a peut-être deux semaines pour présenter leur film. Après la séance, dit-on, les gens sont restés. Se sont jasés. Voulaient trouver des solutions. Tenaient à s'organiser.

Tellement qu'ils se sont donné rendez-vous, qu'ils te donnent rendez-vous, le 14 juin prochain, au Cégep de Sherbrooke, à 19 h.

En fait, si dans ton facebook tu cherches Suites à demain - Le film : conversation citoyenne à Sherbrooke, tu vas pouvoir suivre le développement de la chose, t'inscrire, te préparer et tout. Pis si tu vas à la Maison du cinéma, tu vas même pouvoir voir le film avant, même si ce n'est pas une obligation ou un prérequis à être du mouvement.

Pis c'est sûr que j'ai pas de boule de cristal ou un grand bol à punch de vérité bien tassée, mais d'après moi, si tu te pointes le 14 juin, si t'entres dans la conversation, toi, peu importe ton background, ton expertise ou ton expérience, ben ça se pourrait bien que tu sois le changement que t'espères.

Ça se pourrait ben que Pas capable soit mort. Pis son frère, ben, tu l'appelleras comme tu veux.

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