De la reconnaissance... pendant que t'en as connaissance

Jean-Robert Bisaillon et Martine Birobent... (Joy Glidden, Art Index)

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Jean-Robert Bisaillon et Martine Birobent

Joy Glidden, Art Index

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(SHERBROOKE) CHRONIQUE / En milieu de semaine, je vous ai parlé du décès tout en dignité et en harmonie de l'artiste Martine Birobent, qui a succombé à un cancer il y a une dizaine de jours. Le truc, c'est qu'il y avait tellement de choses à raconter quand je suis repartie de la Galerie des nanas, qu'elle tenait à Danville avec son amoureux Jean-Robert Bisaillon, que je savais déjà que j'allais vous reparler de Martine aujourd'hui.

En fait, peut-être pas tant de Martine, mais un peu quand même, parce que Jean-Robert m'avait confié d'emblée en me montrant quelques-unes des oeuvres de sa blonde à quel point celle-ci avait souffert tout au long de sa carrière artistique du peu de reconnaissance qui lui était témoignée.

On pourrait simplement se dire que Martine Birobent n'était pas une artiste très mainstream, que ses toiles comme ses sculptures et l'ensemble de son oeuvre peuvent être confrontantes tant elles s'éloignent du lot et des tendances, la preuve, ses expos des dernières années sur la scène internationale se sont déroulées dans le champ gauche de la Outsider Art Fair de Paris et New-York, à la Biennale Internationale d'art Hors Les Normes de Lyon, à la Biennale Out of The Box de Genève.

On pourrait donc se contenter de penser que Martine Birobent n'était pas sous les spotlights parce qu'elle s'en tenait éloignée, qu'on la reconnaissait peu parce qu'on ne la connaissait pas, qu'on ne soulignait pas son travail parce qu'on ne le comprenait pas.

Tout ça est peut-être vrai. Ou pas.

Mais ce qui n'est pas tout à fait faux non plus, et là je m'éloigne complètement du cas de Martine Birobent et de bien d'autres artistes, c'est que l'humain a beau développer dans les zinternets de joyeuses habitudes de Liker à qui mieux mieux, dans la vraie de vraie vie, on a assez rarement ce réflexe de dire aux gens qu'on les apprécie, de mettre en lumière leur valeur, d'applaudir leurs accomplissements.

On ne déclare pas qu'on estime, qu'on respecte, qu'on aime. Ou si peu.

Féliciter un collègue, reconnaître le mérite d'un ami, souligner la gentillesse d'un commis, l'encadrement d'un enseignant, la discrétion d'un voisin, l'efficacité d'un employé, la créativité d'un artiste, la générosité d'un bénévole, l'engagement de l'un et la diligence de l'autre?

Pfff. Pas tant. On repassera pour le compliment.

On repassera quand?

Et bien curieusement, très et trop souvent, quand la maladie, quand la mort, quand le grand départ.

Bref, quand l'autre est parti et qu'on ne lui a pas dit.

Admettons-le, on est saprément meilleurs dans l'hommage posthume que dans la vague d'amour et d'admiration du vivant.

Why? Sérieusement. Est-ce qu'on prend de la valeur après notre dernier souffle? L'auréole nous rend tout à fait extraordinaires?

Me semble que ce serait bien d'être extraordinaire de son vivant. Pis de se le faire dire de temps en temps.

Just saying.

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