Jongler avec le plaisir

Si vous croisez des élèves de Mitchell-Montcalm à... (Spectre Média, René Marquis)

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Si vous croisez des élèves de Mitchell-Montcalm à quelques-unes des projections du Festival cinéma du monde ces jours-ci, c'est un peu beaucoup grâce à leur enseignante Ginette Souchereau.

Spectre Média, René Marquis

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(SHERBROOKE) C HRONIQUE / J'apprends à jongler. Si tu veux maximiser ton expérience au Festival cinéma du monde, il faut absolument que tu fasses ça, apprendre à jongler. Avec le plaisir.

Pour l'instant, aujourd'hui, ça ressemble à ça: Bébé Tigre à midi à la salle Alfred-DesRochers, La révolution des femmes à 15 h au Foyer Mont-Bellevue du Centre culturel, et tant qu'à faire rester pour le débat, ça va être intéressant, puis filer vers le centro pour Fatima à 18 h 30 et Au-delà des collines à 20 h 30.

À moins que je décide d'y aller pour l'option étudiante et bien intéressante en bifurquant vers le Granada à 18 h 30 pour la Ciné-Expérience L'Orage éclectique ou vers le cégep à 19 h pour Regards sur la Louisiane.

Ouais, un volet étudiant. Parce que tu sais, y a des gens comme ça qui font des trucs, des fois ça n'arrête pas, ils sont dans leur coin, ils font ce qu'ils ont à faire, un peu plus disons-le, et puis yeah! tout à coup, ça débloque sur quelque chose d'inattendu.

C'est un peu le cas de Guillaume Lallier, coordonnateur du programme Arts et lettres du Cégep de Sherbrooke et enseignant entre autres du Projet d'intégration, un cours où les élèves qui seront passés par la production photo, vidéo ou documentaire mettront leurs acquis en pratique.

Je coupe court un peu sur les détails, mais toujours est-il que depuis douze ans, Guillaume propose à ses finissants du Projet d'intégration une virée en Louisiane pour y tourner des documentaires. Dans les semaines qui précèdent, ils trouvent leurs sujets, font leurs recherches, prennent contact avec des intervenants, préparent leur plan de tournage. Puis tout le monde monte à bord, on part pour Lafayette et New-Orleans, en plein Mardi gras, pour aller tourner tout ça.

Vous nous voyez venir? Ce soir, à 19 h à la salle Alfred-DesRochers, on présentera six documentaires de finissants du programme. Trois tournés cet hiver, trois pigés dans les coffres des années précédentes. On y parle de vaudou, de l'importance du fait français dans la culture cadienne, de la musique zirico, de la station radio cadienne de Lafayette et on va présenter un portrait de Larry Miller, un fabricant d'accordéons.

À peu près au même moment, au Granada, on va présenter les cinq films finalistes du concours Pocket Films - Tournoi des écoles, de tout courts métrages réalisés par des élèves du secondaire et dont le public sera appelé à déterminer sur place le grand gagnant. On proposera aussi en seconde partie de cette soirée L'Orage éclectique, ni plus ni moins qu'une projection multimédia sur musique live... et musiciens tout aussi live!

C'est Ginette Souchereau, enseignante à Mitchell-Montcalm, qui mène ce projet d'Orage éclectique avec des élèves de l'école et quelques anciens. Ginette fait partie de ces profs qui voient dans le Festival une saprée belle occasion d'ouvrir quelques fenêtres sur le monde à ses élèves. Elle leur distribue d'ailleurs des billets qu'ils peuvent utiliser en cours de Festival et dont ils peuvent tirer des pistes de réflexion pour leur rapport scolaire.

Ouvrir des fenêtres, les guider hors de la paresse intellectuelle, Ginette y croit beaucoup.

On s'est d'ailleurs recroisé en ville avant les projections de 18 h 30. Je lui vantais l'attrait «tranquillité et lenteur» de Rams, mon choix de la soirée, un film islandais sous-titré en anglais. Mais comme la majorité de ses élèves avaient choisi The Lobster, prix du jury de Cannes 2015, elle y allait aussi, histoire de pouvoir échanger avec eux.

Rams? Tellement à la hauteur de mes attentes. Des images, des regards, des silences, deux frères qui ne se sont pas parlés depuis quatre décennies mais qui doivent briser leur mutisme pour sauver leurs moutons. Ça parlait à la fermière en moi, ça m'a même donné une envie soudaine d'aller faire un câlin à mes chèvres, mais c'est surtout la cinéphile qui s'est délectée.

Rams, c'est un humour tout subtile, de la survie dans le quotidien, des ciels qui te font caler dans ton siège, des scènes d'hiver qui te font remettre ton foulard, une tempête de 30 secondes qui dure deux hivers, une scène finale qui te fait frissonner de toute son humanité.

J'ai aimé ça comme ça Rams.

Ça place mes attentes dans le plafond pour ce qui s'en vient. Et il faut que je retourne jongler à tout ça.

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