Réal Bergeron de retour dans son musée

La passion et la culture de Réal Bergeron... (Spectre Média, René Marquis)

Agrandir

La passion et la culture de Réal Bergeron sont bien palpables chez sa fille Gabrielle Léa Tardif et son petit-fils, Edgar Houde « qui poursuivra le travail de grand-papa » un jour.

Spectre Média, René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Ce n'est pas si lourd qu'on veut bien se le faire croire, une porte de musée. Idem pour une porte de bibliothèque ou de librairie, de salle de spectacle, de théâtre, de galerie ou de centre d'art. Ça ne prend par une force particulière, une formule magique ou un code d'accès full V.I.P. pour pénétrer dans ces lieux de culture. Non. Tout ce que ça prend, c'est de la curiosité et une certaine ouverture d'esprit.

Je ne connaissais pas Réal Bergeron, mais je sais que ça fait partie des choses qu'il avait à l'esprit. L'an dernier, quand il est décédé, aspiré par la rivière Saint-François qu'il aimait tant et trop près de laquelle il était allé marcher en raquettes, on a beaucoup vanté sa capacité à faire le pont entre l'art et les jeunes, tout particulièrement. Le quinquagénaire était guide au Musée des beaux-arts de Sherbrooke, il y accueillait différents groupes, des adultes parfois, mais souvent aussi les classes du primaire.

Son amie Chantal me racontait cette semaine à quel point « Réal abordait l'art avec curiosité, intelligence et sensibilité. Jamais je ne l'ai entendu porter un jugement sur une démarche ou sur une oeuvre. Cent fois je l'ai entendu poser des questions qui donnaient envie de s'approcher d'une oeuvre, de l'art et de comprendre une époque. Toujours je l'ai vu être attentif aux réponses aussi surprenantes que sensées que pouvaient lui donner les enfants. C'est ce que je préférais chez lui : le sérieux et la considération qu'il avait pour l'enfant devant l'art. Je suis convaincue qu'il voyait en eux une clé qui permettait de mesurer la portée d'une oeuvre. »

C'est énorme. Je ne sais pas si vous le sentez aussi, mais parvenir à ça, à faire ça, à être ça, c'est tout à fait énorme.

Que le Musée des beaux-arts ait pris l'initiative de proposer dès aujourd'hui, et tout au long du prochain mois, une expo de quelques-unes des oeuvres de son regretté guide-pédagogue n'est donc pas surprenant. On pourrait le prendre comme un simple hommage, voire comme une façon tout amicale et respectueuse d'honorer sa mémoire. Mais ce n'est pas que ça, il suffit de voir la diversité et la qualité des oeuvres regroupées dans la grande salle du MBAS pour le comprendre. Réal Bergeron était un passionné de l'art, c'était aussi un artiste.

« Les arts, c'était son langage à lui, me racontait de sa voix douce sa fille Gabrielle. Il était hyper sensible, vulnérable même, et captait à peu près tout dans ses lectures, dans la musique, dans ses rencontres pour en faire de la matière. Il s'intéressait à la nature, aux matières organiques, nobles et accessibles.

« C'était un touche à tout qui avait côtoyé et côtoyait des artistes, qui comprenait l'art et qui aussi se reconnaissait un certain talent, mais qui manquait sans doute de confiance. Je pense que c'est peut-être l'anxiété qui l'a retenu d'exposer son travail. »

Ainsi avait-il refusé, au début des années 1980, une invitation du Musée d'art contemporain. N'empêche, confie encore Gabrielle, ils avaient doucement amorcé ensemble un archivage de ses pièces pour une éventuelle entrée en galeries. La vie ne l'a pas voulu ainsi, c'est « au musée de grand-papa » que le jeune Edgar, 9 ans, le fils de Gabrielle, verra la première expo de grand-papa Réal.

« Mais il connaît bien le travail de mon père, relève Gabrielle. Quand on a vidé l'appartement, il m'expliquait certaines sculptures. Il était fasciné par son grand-père et nous a déjà annoncé qu'il allait poursuivre son travail. »

Une nouvelle rassurante, puisque les portes de musées ne sont pas si lourdes qu'elles n'y paraissent, mais que trop nombreux encore sont ceux qui n'osent mettre la main sur la poignée, de peur souvent de n'y rien comprendre.

Mais allez-y, allez-y sans hésiter, il y a dans ces lieux mystérieux tous ces Réal Bergeron qui vous y attendent avec une passion à partager.

Vous voulez y aller?

L'érudit curieux. Réal Bergeron

Du 20 février au 21 mars

Musée des beaux-arts de Sherbrooke

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer