Faire shiner Susan Léger

Y a beaucoup du plus beau dans le plus laid. Ça fait deux semaines que je me... (Courtoisie Annick Sauvé)

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Courtoisie Annick Sauvé

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Y a beaucoup du plus beau dans le plus laid. Ça fait deux semaines que je me répète ça.

Y a deux semaines pile-poil, je finissais de monter votre Nouvelle quand la rumeur de la fatalité est venue se déposer dans mon oreille. La belle amie qui défendait sa vie à coup de chimiothérapie était à court de munitions. Elle allait déposer les armes. J'ai été sonnée.

C'était il y a deux semaines à peine. Dimanche, on a célébré ses funérailles. La vie niaise pas, la mort non plus.

Y a beaucoup du plus beau dans le plus laid, Susan Léger aurait apprécié l'hommage rendu par sa famille, ses collègues et ses amis. Elle aurait dit que c'était de la maudite bonne radio malgré les coeurs bien gros.

C'était la queen de la radio, Susan Léger, je l'ai déjà écrit dans La Tribune jeudi dernier, un papier publié quelques heures à peine avant son départ. Je dis que c'était la queen de la radio, c'est pas seulement parce qu'elle y a été une incroyable chroniqueuse, une animatrice hors pair et finalement un membre de direction appréciée, mais surtout parce qu'elle est en était folle. Elle aimait l'énergie de la radio, l'idée d'être avec les gens dans leur cuisine au petit matin, au boulot tout au long de la journée, dans l'auto pendant que la vie se déplace.

Elle aimait la radio et ses auditeurs. Tellement.

Je dis qu'elle était folle de sa radio, je peux me permettre d'ajouter qu'elle était folle tout court, c'est mon privilège d'amie. Je pourrais me contenter de dire qu'elle est folle tout court, sans autre explication. Mais je ne suis pas comme ça.

Su était folle de la vie. Elle aimait ça, intensément. Les petites choses de la vie. Les brunchs en famille, les soupers entre amis, les jujubes, la musique, le cinéma, les vacances à la mer, la pêche, les concours musicaux, la pizza numéro 7 du Pizzi, les pogos du Tapageur, les matchs du Canadien, les festivals, le karaoké, son chien Brutus, les potins, le soleil. Rire, écouter, jaser, danser, chanter, rire encore, boire, manger et fêter.

Su était folle de la vie. Vous dire qu'elle était prête à partir, ce serait vous mentir. Ce serait se mentir.

Elle voulait rester en vie, en profiter encore longtemps, mordre dedans à pleines dents.

Su partie, il ne reste plus qu'une chose à faire, tous autant que nous sommes : récupérer un bout de sa folie de la vie et le faire shiner. Faire shiner la vie.

Salut encore, belle amie.

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