Les deux bouts de la classe moyenne

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Aurait-on artificiellement gonflé la classe moyenne au fil des décennies?

Archives, Le Soleil

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Des fois, la vie est comme ça. Tu t'es levée aux aurores pour écrire ta chronique, ça s'est passé bien rondement, tu files tôt vers le bureau, l'esprit et le coeur légers, puis voilà que tu écoutes une entrevue dedans ta radio publique. L'animatrice pose une question à son invité candidat aux élections...

Qu'avez-vous envie de dire aux électeurs de la classe moyenne qui ont de la difficulté à joindre les deux bouts? (c'est pas le verbatim exact, mais c'était pas mal ça)

Là, est-ce que c'est le soleil, la surdose de café ou ma bonne humeur naturelle, mais toujours est-il que j'ai vraiment eu envie de répondre à la place du candidat. Surtout que, il faut bien l'avouer, on a eu un peu l'impression que la réponse avait été un brin dictée par les scripts du parti.

C'était super graphique, je trouvais, la question de l'animatrice. Je la voyais, la classe moyenne, debout, les joues bien rondes et le visage un peu rougi à force de chercher à attacher sa grosse ceinture de cuirette. Un genre de monsieur Michelin, de Pillsbury ou de bonhomme Carnaval qui tient à peine en équilibre devant l'ampleur de la tâche, qui vacille légèrement, qui cherche son air, qui sile en respirant, mais qui sourit tout le temps en reprenant une autre pointe de tarte.

La classe moyenne n'a jamais demandé à prendre de l'embonpoint à ce point. On l'a gonflée, soufflée, engraissée. On lui a fait croire qu'elle serait bien portante, que son ossature tiendrait, que la musculature s'adapterait, que son coeur le supporterait, que son rire serait plus sonore, qu'elle se taperait sur les cuisses sans jamais avoir à s'inquiéter de son cholestérol, la classe moyenne.

On lui a fait croire que le bonheur était dans la croissance et le surpoids, que think big and bigger, c'était l'idée du siècle pis qu'il y aurait toujours assez de trous sur sa ceinture pour qu'elle puisse l'attacher confortablement.

La ceinture ne boucle plus depuis un moment. Notre réflexe? On entaille la ceinture, on ajoute de l'élastique, puis on la repasse à la taille de la classe moyenne. Because la croissance, c'est donc un must.

Et la classe moyenne trouve ça confortable?

On est sous l'impression que oui. Pis non. Mais ce n'est pas clair encore si la classe moyenne va se mettre au jogging, surveiller son alimentation, se faire brocher l'estomac ou attendre la pilule miracle.

Peu importe, vaudrait peut-être mieux pour la classe moyenne qu'elle prenne sa destinée en main en révisant elle-même son régime, la réponse des candidats n'est jamais très claire...

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