Deuil, internet et lumière artificielle

Je me suis levée à 5 heures pour écrire cette chronique. Dans un monde idéal,... (ARCHIVES LA NOUVELLE)

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Je me suis levée à 5 heures pour écrire cette chronique. Dans un monde idéal, je serais restée dans l'espace protégé du wi-fi qui me sert de bureau, je me serais lancée dans l'écriture sans trop chercher, sans me soucier du monde extérieur et de ses derniers soubresauts. Mais attablée dans la cuisine, ça fait une heure que je lis sur Monsieur Jacques Parizeau. Internet est un truc tellement pratique. Et tellement intrusif.

Ma douce est revenue à la maison dimanche avec un long discours sur un routeur hyper performant, elle me parlait de plein de trucs techniques avec des chiffres, de la captation et de la répartition d'ondes, ça avait l'air vraiment intéressant, mais ça ne m'intéressait pas pantoute.

« En gros, qu'est-ce que tu me dis? »

« Que si on changeait le routeur, l'internet serait plus stable et que tu l'aurais dans ton bureau. »

« No way! Plus stable, je veux bien (l'internet de campagne, c'est souvent un peu frustrant), mais pas question que ça entre dans ma zone protégée. »

Ça inclut mon bureau, la salle de bain, la chambre à coucher aussi. Là, pas d'internet. Pas de tablette en prenant un bain ou avant le dodo. C'est une zone papier. Tu te prends un livre, ou tu prends rien du tout, et tu te débranches un peu, tu te rebranches beaucoup.

Au Québec, on passe en moyenne 34 heures par semaine devant la télévision. Grâce aux ânes, aux chèvres, aux chiens, aux poules pis à tout ce qui entoure notre arche de Noé, je fais baisser la moyenne pas pire. En fait, je n'ouvre pas la télé. J'ai pas le temps, pas le goût non plus.

Au Québec, on passe en moyenne 20,5 heures sur internet par semaine. Malgré l'arche de Noé pis notre internet de campagne, en grande partie en raison du travail, mais pas que, je fais augmenter la moyenne pas pire.

Trop.

De récentes études le démontrent encore, la lumière artificielle, c'est mal. Mauvais pour la santé. Ça fuck le système, le sommeil, le métabolisme. Ça provoque de l'insomnie, de l'obésité, de la dépression, quelques maladies aussi.

Ce que cette étude-là ne dit pas parce que ça ne fait pas partie du sujet d'étude, mais que d'autres études répètent à plein parce qu'elles se sont penchées sur la question (j'aime ce genre de phrases tarabiscotées), c'est que certaines zones d'internet et certains appareils nous permettant d'y accéder provoquent des états de dépendance de malade.

J'me regarde aller, ça fait peur. Les temps morts n'existent plus. Les petites pauses que la vie te swigne pour admirer un paysage, regarder passer les gens, écouter La Vocalise de Rachmaninov qui se pointe dans la radio, humer les lilas ou jaser avec la personne devant toi, ben toutes ces petites pauses-là disparaissent derrière la lumière artificielle de ton petit téléphone.

Bravo championne.

J'ai rencontré Monsieur Jacques Parizeau une fois pour le boulot. C'était un homme brillant, complexe. Et imposant. On va beaucoup le répéter cette semaine.

Tiens, je vais lâcher mon téléphone et aller lire sa biographie. Celle de Lévesque, aussi. Et puis pourquoi pas quelques trucs écrits par Alice Parizeau?...

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