Deux à courir après le lapin qui énergisera Saguenay

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, a accueilli... (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, a accueilli avec son sourire des grands jours les investissements majeurs dans sa ville de la compagnie d'Ubisoft, en présence du premier ministre Philippe Couillard et de certains membres de son cabinet.

Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Sherbrooke aura son Costco avec 24 pompes à essence tandis que Saguenay recevra les premiers millions du plan de croissance du géant Ubisoft dans les régions du Québec. À chacun ses réjouissances.

Une cinquantaine de millions pour élargir l'offre commerciale régionale par rapport à des intentions déclarées d'injecter 135 millions sur 10 ans pour embaucher 125 concepteurs et programmeurs de jeu vidéo, laquelle des deux capitales régionales vient de gagner le gros lot?

Je laisse l'ex-recteur Bruno-Marie Béchard répondre :

« L'Université de Sherbrooke est fière de s'associer à Ubisoft, le chef de file mondial de l'industrie du jeu électronique. Nous allons contribuer ensemble à la formation continue de spécialistes particulièrement performants et créatifs. Sherbrooke est très heureuse d'accentuer ainsi son leadership en matière d'imagerie numérique », s'était exclamé M. Béchard devant un parterre d'invités de marque réunis à Sherbrooke.

C'était en février 2005, en présence du premier ministre Jean Charest et de son ministre de l'Éducation, Pierre Reid. La région bombait le torse parce qu'Ubisoft choisissait notre université pour offrir sur demande à son personnel, « des programmes innovateurs menant à l'obtention de diplômes reconnus »

Ce leadership s'est-il évaporé, est-il trop dilué pour récolter aujourd'hui une manne d'emplois en guise d'appréciation?

« Nous pensions avoir de très bonnes chances d'obtenir ces investissements après avoir reçu une délégation d'Ubisoft à Sherbrooke, au mois de novembre. Nous avions mis la gomme pour livrer une présentation étoffée » affirme la responsable des communications de Sherbrooke Innopole, Marie-Ève Poliquin.

Le département d'informatique de l'UdeS, le Department of Computer Science de Bishop's, les spécialistes des deux cégeps, l'Institut Desgraf, un prof en modélisation 3D de l'École internationale du Phare, les représentants régionaux avaient tour à tour décrit la communauté sherbrookoise comme une pépinière à produire des p'tits génies.

Bernard Sévigny n'a pas pris part à cet exercice de persuasion. L'ex-professeur devenu maire, qui s'est occupé lui-même du dossier Costco, n'a pas voulu me dire ce qu'il pensait du choix d'Ubisoft de prendre racine au Saguenay au lieu de venir planter son drapeau à Sherbrooke.

Ou à Magog, car les dirigeants d'Ubisoft avaient reçu une autre proposition de l'Estrie.

« J'étais en contact avec Ubisoft depuis deux ans et je voyais leurs besoins évoluer à vitesse grand V. En compagnie des leaders municipaux et avec d'autres alliés, nous avons présenté le potentiel de nos installations. Comme nous avons été finalistes avec Shawinigan et Saguenay, nous avons eu droit à une seconde rencontre, au mois de mai. L'arrivée d'Ubisoft à Magog ou à Sherbrooke aurait renforcé le positionnement des deux », croit le directeur général de Magog Technopole, André Métras.

Les deux groupes se doutaient bien qu'ils risquaient une fois de plus de se marcher sur les pieds. Ce n'est que plus tard qu'ils ont reçu confirmation qu'ils couraient tous les deux derrière le lapin rose qui énergisera finalement l'économie du Saguenay.

« Sans entrer dans les détails du processus, par respect pour toutes les parties impliquées, je peux vous confirmer que les trois régions finalistes étaient l'Estrie, la Mauricie et le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Bien que nous avons porté notre choix final sur le Saguenay, il est important de rappeler que ceci n'enlève absolument rien à la qualité et au dynamisme des autres régions explorées » m'a répondu avec diplomatie un porte-parole d'Ubisoft, Jonathan Gendron, en évitant toute ingérence dans la dynamique régionale.

Notre expertise n'est pas remise en cause. La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean tire profit de l'un de ses atouts, celui d'avoir une forte rétention de ses diplômés parce que 90 % des étudiants de son réseau universitaire sont de cette région. À Sherbrooke, 75 % des étudiants à temps plein proviennent de l'extérieur, dont une bonne partie des bassins de Montréal et Québec où la concurrence pour les informaticiens est très vive. Ubisoft recrute nos diplômés lorsqu'ils retournent dans leur milieu.

« Je ne savais pas par contre que des démarches parallèles avaient été faites du côté de Sherbrooke et de Magog. Nous sommes des partenaires des deux communautés et ce n'est pas à nous de décider des façons de faire. Ubisoft a d'autres projets régionaux et il faut chercher la meilleure formule pour améliorer nos chances de réussite », commente le professeur Jean Goulet, qui avait pris part à la journée de séduction comme expert en informatique et qui s'est vu confier depuis les ressources humaines au sein de l'équipe du nouveau recteur de l'UdeS, Pierre Cossette.

Sherbrooke Innopole et Magog Technopole ont reçu des mots d'encouragement semblables de la part d'Ubisoft en marge du plan d'expansion qui prévoit d'autres investissements dans les régions, dont l'ouverture d'un autre studio d'ici 2027...

Ça nous laisse dix ans pour essayer de trouver un modèle qui unira les forces au lieu de les diviser.




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