Jean Perrault : c'est non !

Bien que motivé à affronter Bernard Sévigny, l'ex-maire... (Archives, La Tribune, René Marquis)

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Bien que motivé à affronter Bernard Sévigny, l'ex-maire Jean Perrault y renonce après en être venu à la conclusion qu'il n'a pas de nouvelles idées à soumettre aux Sherbrookois pour tenter un retour en politique municipale.

Archives, La Tribune, René Marquis

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Luc Larochelle
La Tribune

Chronique / Il n'y aura pas de bataille de titans l'automne prochain à la mairie de Sherbrooke. Au terme de quelques semaines de réflexion, Jean Perrault confirme qu'il ne tentera pas de déloger Bernard Sévigny et renonce définitivement à tout retour en politique municipale.

Si certains ont cru la chose possible, bon nombre de Sherbrookois ont écarté ce scénario d'emblée même après que M. Perrault eut admis en entrevue à La Tribune, le 28 juin dernier, que c'était une hypothèse à laquelle il « songeait sérieusement ».

« Ce n'était pas du bluff. J'ai réellement pris le temps de tout considérer. Il n'était pas question que je tente un retour en misant seulement sur ma notoriété et mes réalisations du passé. T'as beau être motivé, ça prend de bons motifs. Il faut que ton engagement repose sur une vision globale, un plan de match et je n'ai pas réussi à trouver le fil conducteur qui aurait pu devenir mon thème de campagne » admet celui qui a dirigé Sherbrooke de 1994 à 2009.

Jean Perrault n'a pas pris le temps de se replonger dans les finances de la Ville et affirme qu'il ne s'est pas arrêté non plus à évaluer ses chances de victoire, lui qui n'a jamais encaissé de défaite au cours de sa longue carrière de 27 ans en politique municipale.

« Sans diminuer M. Sévigny, je suis persuadé que j'aurais eu de bonnes chances de l'emporter. Plusieurs de mes anciens organisateurs étaient prêts à m'appuyer et même si les règles de financement ont changé, ce volet ne m'inquiétait pas non plus. L'exercice auquel je me suis livré avec mon épouse Nicole n'a porté que sur un aspect : qu'est-ce que je pouvais proposer de nouveau aux Sherbrookois? En l'absence de réponse claire, nous avons fait le choix de miser sur la qualité de vie. »

L'unification de la ville fusionnée, le développement durable ou encore l'intégration des immigrants sont des thèmes électoraux sur lesquels M. Perrault avait misé dans le passé.

« J'ai entendu pas mal de mécontement à l'égard du maire Sévigny. Toutefois, je ne m'emploierai pas à le discréditer. Dans le cadre d'une campagne électorale, je l'aurais questionné et j'aurais argumenté. Je ne voulais pas trop tarder à annoncer ma décision pour ne pas compromettre le travail des gens qui veulent se proposer. Là, je retourne dans l'ombre. Je n'ai promis mon appui à personne », assure l'ex-politicien de 72 ans.

Les deux semaines de réflexion de M. Perrault auraient été précédées de quatre mois d'échanges avec les membres du groupe qui le courtisait.

« Nos premiers contacts avec Jean remontent au mois de mars. Les discussions étaient respectueuses et sans pressions indues. Nous savions que tout devait partir de lui. Nous laisserons les vacances passer avant d'étudier d'autres candidatures potentielles... », commente brièvement l'un des acteurs de soutien, Albert Painchaud.

« J'aurais aimé que Jean se lance. En même temps, je respecte sa décision. Loin de me voir candidat à sa place, ça me laisse plutôt perplexe quant à mon propre avenir », lance soudainement Jean-François Rouleau, un proche de Jean Perrault.

À ce jour, le vétéran Rouleau n'avait pas vraiment laissé planer de doute de ce genre quant à ses intentions de solliciter un renouvellement de mandat dans son district.

« J'ai parlé ces dernières semaines à des gens qui gravitaient autour de M. Perrault, mais je n'ai pas parlé avec lui. Son désistement commençait à circuler comme rumeur, sans plus.

Maintenant que cette hypothèse est écartée, on verra comment les choses vont évoluer », indique pour sa part l'un des candidats déclarés à la mairie, Steve Lussier.

Ce dernier a contracté lundi ses premiers engagements en promettant aux Sherbrookois de contenir les hausses de taxes au niveau de l'inflation au cours des quatre prochaines années, incluant un gel l'an prochain. Il se démarque ainsi tant des dernières années de Jean Perrault que de celles de Bernard Sévigny, mais encore faudra-t-il qu'il puisse expliquer comment il parviendra à répondre autrement aux besoins financiers de la Ville.

Du côté de Sherbrooke Citoyen, on semblait peu préoccupé par la présence ou non de Jean Perrault dans la course à la mairie.

« Sa décision est-elle une surprise? Je ne saurais vous dire. Comme notre conception de la politique n'est pas du tout la même, sa réflexion n'influençait pas vraiment nos préparatifs de campagne. J'apprécie par contre que M. Perrault ait le souci de mettre en valeur l'engagement de candidats. C'est une belle façon de promouvoir la démocratie », réagit Hélène Pigot, qui sera la candidate de ce parti à la mairie.




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