Le credo de l'indépendance

Steve Lussier juge que ce fut une erreur... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Steve Lussier juge que ce fut une erreur d'accorder au maire Bernard Sévigny la majorité qu'il a réclamée comme chef de parti à la dernière élection. -

Spectre Média, Maxime Picard

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Le lancement de campagne de Steve Lussier m'a rappelé un passage du livre retraçant la carrière de Jean Perrault, dans lequel l'ex-politicien raconte comment il est parvenu à déloger son ex-patron Paul Gervais de la mairie.

« Nous nous sommes assis, mon épouse et moi, et nous avons commencé à dresser la liste de tous les gens que nous connaissions. Tout le monde y est passé : anciens collègues, entraîneurs de sport, employés du Cégep, etc. Je leur ai demandé de me consacrer au moins trois heures de porte-à-porte, et de dire à tous ceux qu'ils rencontraient qu'ils me connaissaient et que je ferais un excellent maire ».

Ils n'étaient pas 300 comme le jour où M. Perrault a mobilisé sa gang, mais c'est avec sa conjointe Pascale Larocque ainsi qu'avec des membres de son réseau que le financier Lussier a vécu son baptême politique.

« Je n'ai jamais été politisé. Je travaille avec Steve et j'aurais confiance en lui comme maire », m'a confié Claude Laplante, qui est directeur de comptes services aux entreprises à la Banque Nationale, institution financière pour laquelle Steve Lussier continuera à oeuvrer tout en faisant campagne à la mairie.

« Même chose pour moi », ajoute un autre collègue, Jean Bergeron.

Au-delà de la tape dans le dos, militerez-vous activement au sein de son équipe?

« Dans mon quartier de Deauville, moi, probablement que oui », a précisé M. Bergeron.

Vous tenterez alors de battre la conseillère de votre district, Diane Délisle?

« Pas vraiment. Même si Mme Délisle est membre du parti de Bernard Sévigny, c'est la candidature de Steve à la mairie qui m'intéresse », s'est empressé de nuancer le collègue bien intentionné.

Sauf que pendant ce temps, leur ami banquier se formate le cerveau pour rendre la comptabilité politique compatible avec celle de la finance parce qu'il ne peut ignorer l'impact de la répartition des sièges au conseil municipal. À son avis, ce fut une erreur lors du dernier scrutin d'accorder au chef du Renouveau sherbrookois la majorité qu'il a réclamée pour être un maire plus efficace.

« Si le conseil municipal redevenait composé uniquement d'indépendants, il n'y aurait plus de représentants de parti capables d'imposer leurs choix. J'espère que les Sherbrookois se rendent compte qu'il faut revenir à cela », déclare ouvertement le prétendant.

Ce faisant, Steve Lussier cible non seulement le Renouveau sherbrookois, dont le maire sortant est chef, mais il s'en prend aussi à la vision de Sherbrooke Citoyen et de sa candidate déclarée à la mairie, Hélène Pigot. Bien que ce nouveau parti prône une approche plus participative des citoyens, il mise aussi sur un véhicule collectif pour administrer Sherbrooke.

Patrick Lachance, qui est à la tête du Groupe Lachance, développeur de premier plan à Sherbrooke, était présent.

« Steve est un bonhomme avec qui j'ai une excellente relation d'affaires. Plusieurs de nos transactions hypothécaires passent par lui. J'ai voulu lui souhaiter bonne chance. »

Est-ce un désaveu à l'endroit de Bernard Sévigny?

« Pas nécessairement. Le maire fait un bon travail », a nuancé le promoteur.

Les amitiés sont toujours appréciées, y compris en politique. Sauf que dans cet univers dans lequel les votes se gagnent avec des opinions tranchées, elles diluent parfois le message. Steve Lussier venait de déplorer « que seule la moitié du bateau rame à l'hôtel de ville et que le leader ne semble même pas savoir de quel côté ramer ».

« Nous sommes tous des néophytes en politique. C'est sûr qu'il y aura plusieurs ajustements. Pour nous, c'est comme démarrer un projet d'entreprise et là-dedans nous nous y connaissons. Nous saurons trouver la recette gagnante », croit Richard Audette, son agent officiel.

M. Audette a été propriétaire des populaires cantines Wood à Ayer's Cliff et Compton, qui ont eu un équivalent comme restaurant à Coaticook.

« Je suis aussi un retraité du secteur financier et la dernière chose que j'envisageais, c'était de me retrouver à solliciter des contributions électorales. La nécessité d'un changement à la mairie me motive à le faire », juge également Jean-Marc Hamel, qui s'occupera de la trésorerie.

Jean Perrault avait 12 années d'expérience et de notoriété en politique municipale lorsqu'il a engagé son réseau dans la campagne qui l'a porté à la mairie en 1994. Presque tous les membres de ses stratèges avaient un bon bagage politique.

Suite au départ de M. Perrault, Bernard Sévigny est devenu maire après un apprentissage, lui aussi, de deux mandats au conseil municipal. M. Sévigny était entouré de vétérans lors de la campagne de 2009, élus comme organisateurs politiques.

La commande est grosse pour Steve Lussier, qui n'a rien de cela. Il incarne le changement. Les membres de son équipe aussi. Ils se battront là-dessus sur le même terrain que les « recrues » de Sherbrooke Citoyen, mais avec une approche totalement opposée.

Le credo de l'indépendance est-il assez fort pour se démarquer et pour gagner?




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