Vaudeville politique

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Pendant que se propageait l'information voulant qu'un organisateur libéral ait offert  son siège au leader syndical Yves Francoeur, le député Robert Poëti  a affirmé qu'il ne céderait pas devant l'adversité.

La Presse canadienne

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / On était décidément dans le rayon du divertissement à cinq cennes, à Sherbrooke, lorsque des rumeurs ont couru comme quoi le ministre libéral Luc Fortin songeait à affronter Bernard Sévigny à la mairie.

À Québec et à Montréal, par contre, ça cogne dur. Les coups pleuvent de partout chez les libéraux, au point qu'on en vient à chercher l'identité de l'adversaire à coucher au tapis.

Attaqué de front la veille par la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, est momentanément passé dans le camp des personnalités... qui auraient le profil pour devenir un bon député au sein de l'équipe de Philippe Couillard!

Le leader syndical a confirmé avoir été courtisé en début d'année par un organisateur libéral, qui lui aurait offert de remplacer l'ex-ministre Robert Poëti comme représentant du PLQ dans la circonscription de Marguerite-Bourgeoys. Une offre qu'il aurait vite repoussée.

Le démenti d'un haut gradé libéral n'a pas freiné la propagation de l'information, encore moins après que le député Poëti se soit une fois de plus braqué.

« S'il y en a qui ont pensé qu'après le remaniement, je m'en irais, et que le comté serait libéré, ils se sont trompés. Dans l'adversité, je ne faiblirai pas, c'est pas vrai » a-t-il tiré au clair.

Pendant que cet ancien policier de la SQ s'accroche à son poste, les dénonciations de celui qu'on lui aurait préféré deviennent l'élément déclencheur d'une enquête criminelle. La Sûreté du Québec se voit en effet confier la délicate mission de vérifier s'il est vrai, tel que le prétend Yves Francoeur, que des élus libéraux ont à ce jour joui d'une immunité malgré l'existence de preuves solides qui permettraient de les inculper pour fraude et trafic d'influence.

Et puis, il y a l'autre combat de boxe qui se déroulerait du côté de Laval, où un autre ancien policier recruté par les libéraux, Guy Ouellet, prétend lui aussi que des membres de son parti essaient de lui passer le K.O.

Le premier ministre Couillard est neurologue de profession et il s'y connaît en matière de commotion cérébrale. Il doit tout de même commencer à craindre que ce vaudeville alimenté par les règlements de comptes internes finisse par l'ébranler, lui aussi. On sent d'ailleurs son leadership plus chambranlant.

Va-t-il falloir passer tous les libéraux au polygraphe pour départager ceux qui disent vrai de ceux qui colportent des faussetés? On commence par qui alors, par le chef?

L'indiscipline municipale

La bienséance et les bonnes manières se perdent également dans l'appareil municipal, ici, à Sherbrooke. Le directeur général adjoint de la Ville, René Allaire, a répondu de manière cavalière à la conseillère Annie Godbout à la mi-mars.

« Il n'a jamais été question, Annie, de faire entrer les camions par Mi-Vallon. Je ne sais pas pourquoi tu maintiens ça comme discours » a reproché le haut fonctionnaire à Mme Godbout en pleine séance publique, à propos des travaux qui se font toujours attendre sur le boulevard René-Lévesque.

Cette façon d'agir d'un employé municipal est inconvenante, encore plus d'un gestionnaire de haut niveau.

Le consultant Pierre Harvey n'a pas fait dans la dentelle non plus hier au micro du 107,7 Estrie alors qu'il était questionné sur le renouvellement de son mandat pour attirer un transporteur à l'aéroport de Sherbrooke.

« Le principe des quatre ou cinq conseillers qui s'opposent depuis toujours, mais qui s'opposent pour s'opposer, je pense, aucun d'eux n'a communiqué avec moi en cinq ans pour s'informer du dossier. Rouleau et Tardif sont allés en conférence de presse, il y a quelques semaines, et Tardif est allé dire droit comme une barre qu'Harvey International a écrit qu'il y aurait 300 000 vols par année... Pôvre toi, Pierre, appelle-moi avant de dire des âneries » a pourfendu le démarcheur.

Avant d'ajouter, de manière guère plus élégante :

« Y'a toujours bien 14 des 19 élus qui ont dit oui (au contrat). Ça ne doit pas être tous des ânes et des chèvres qui disent oui à n'importe quoi... »

Un rappel à l'ordre s'impose, Monsieur le Maire. Le respect et le décorum ont encore leur place à l'hôtel de ville de Sherbrooke.

Il n'incombe pas aux membres du personnel ou aux consultants externes d'évaluer la pertinence des questions ou le travail des élus. Cette prérogative n'appartient qu'aux payeurs de taxes en qui sont aussi des électeurs...




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