Jeu d'attiré pour sortir du bourbier

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Bernard Sévigny devra démontrer que sa foi n'a pas trop diminué.

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Les Falcons d'Atlanta ont échappé le dernier Super Bowl à cause d'une mauvaise gestion du cadran. Les Seahawks de Seattle avaient également fait cadeau de la victoire aux Patriots, deux ans plus tôt, avec un choix de jeu plus que douteux à la porte des buts dans les dernières secondes de la partie.

Le sport et la politique ont en commun qu'une audace démesurée peut vous sortir du terrain et vous envoyer aux douches en larmes. Mordus de football, le maire Bernard Sévigny et son directeur de cabinet, Étienne Vézina, le savent sûrement.

Après avoir échoué à plusieurs reprises dans ses tentatives pour traverser la ligne de mêlée en portant lui-même le dossier de l'aéroport, M. Sévigny a remis le ballon à son directeur général. Si les choses ne s'améliorent pas, c'est un botteur de dégagement qu'il devra envoyer sur le terrain.

Ayant détecté la faille, ses adversaires vont continuer à se ruer sur lui chaque fois que le dossier de l'aéroport reviendra sur le tapis et ils veilleront à ce que cela se produise régulièrement.

On se protège contre le blitz en politique de la même façon qu'au football, soit en utilisant des demis comme plaqueurs. Des représentants de Well Inc. ont donc été invités à présenter un rapport d'étape lors de l'atelier de travail qui s'annonçait déjà surchargé, lundi soir, parce que les chances d'une évolution rapide de ce projet de revitalisation au centre-ville semblent plus prometteuses que celles d'une relance de l'aéroport. La mairie a ainsi voulu fractionner la couverture médiatique et teinter une soirée houleuse d'un peu de positivisme.

Il fallait un contrepoids, car il avait été convenu que la présente semaine de travail écourtée, qui sera suivie de quatre jours congé, était le moment idéal pour balancer deux mauvaises nouvelles par la fenêtre au cours de la même soirée.

Ça explique pourquoi, en plus de l'aéroport, le maire a accepté de mal paraître sur les référendums municipaux. Personne n'aime aller au-devant des coups, mais valait mieux pour lui encaisser un sac du quart maintenant puisque de la façon dont les choses se dessinent, le gouvernement Couillard effacera ses faux pas dès ce printemps. Donc, plusieurs mois avant la campagne électorale de l'automne.

Le chef du Renouveau sherbrookois s'est d'ailleurs senti assez en confiance pour appeler le jeu d'attiré en caucus. Deux communiqués ont été publiés par la Ville, mardi, pour vanter les progrès réalisés en six mois avec Well Inc. (aussi appelé le Quartier de l'entrepreneur).

Par contre, aucun compte-rendu n'a été préparé pour mesurer le chemin parcouru depuis le dernier rapport sur l'aéroport qui avait été présenté au conseil municipal... il y a 18 mois. C'est quasiment admettre qu'on n'a même pas avancé de dix verges, qu'on n'a pas remporté un seul premier jeu depuis!

Avant de reprocher aux autres de manquer de foi dans son projet, le maire devra prouver que la sienne n'a pas trop diminué et ce n'est pas le signal qu'il vient d'envoyer.

En janvier, lors la visite à Sherbrooke du premier ministre Justin Trudeau, je vous ai décrit les principaux investissements totalisant 4 M$ réalisés à l'aéroport depuis 2010. Intéressons-nous à l'enveloppe supplémentaire qui serait requise pour une desserte aérienne durable et qualité.

Il y a eu des vols commerciaux avant aujourd'hui à Sherbrooke et cela, sans que les avions ne décollent les ailes pleines de glace. Pourquoi une zone de dégivrage à 650 000 $?

« Les règles environnementales ne nous obligent pas à capter et à recycler la faible quantité de glycol que nous utilisons actuellement. Avec l'arrivée de vols commerciaux journaliers, selon la grosseur et le nombre d'appareils à dégivrer, cette opération devrait se faire à l'extérieur du tarmac et dans une zone adaptée », m'a précisé le directeur général de la Ville, Yves Vermette.

Bien sûr, les obligations viennent avec les ambitions.

Par ailleurs, seulement 200 000 $ pour alimenter l'aéroport en eau potable à partir d'une source souterraine, ce serait une aubaine à côté des autres scénarios étudiés, non?

« Le raccordement au réseau municipal d'East-Angus pour l'eau et les égouts ainsi que la réfection par la même occasion de la route de l'Aéroport avaient été estimés à 6 M$. Le puits peut desservir le terminal, mais si le parc aéro-industriel venait qu'à se développer en attirant des entreprises, il faudrait réexaminer l'autre scénario », précise M. Vermette.

Allonger la piste et agrandir le terminal nécessiteraient un autre investissement majeur, évalué entre 1,5 et 2 M$.

C'était stratégique cette semaine pour le maire Sévigny de gérer le chronomètre pour essayer de se sortir de deux bourbiers. Le cadran des coûts à l'aéroport ne cessera cependant pas de le pourchasser du seul fait qu'il voudrait qu'on regarde ailleurs.




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