Un resto ou des condos?

L'immeuble de l'ancien Cartier-Pub Saint-Malo est officiellement mis... (Courtoisie Altitude)

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L'immeuble de l'ancien Cartier-Pub Saint-Malo est officiellement mis en vente en ciblant des acheteurs commerciaux, mais des promoteurs résidentiels s'y intéressent déjà.

Courtoisie Altitude

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Luc Larochelle
La Tribune

CHRONIQUE / L'ancien Cartier-Pub Saint-Malo est à vendre avec un mandat de courtage qui ne se limite plus qu'à chercher des prospects pour le fonds de commerce. Prix demandé : 2 750 000 $.

S'il vous intéresse de mieux comprendre la gestion municipale et de saisir l'impact des changements qui sont dans l'air avec le projet de loi 122, voici un cas type. Avec un plan d'ensemble comme celui que nous offre cette photo, c'est idéal.

Le Cartier-Pub Saint-Malo a fermé ses portes en août dernier, la locataire du restaurant n'arrivait pas à couvrir ses frais. Les premières démarches ont été orientées vers une relance.

« Il y a eu quelques intéressés. Comme il n'était plus question de louer, mais bien d'acheter, l'investissement n'était plus le même », rapporte l'agent immobilier Jean-Luc Lavoie, qui avait un mandat pour la vente du fonds de commerce jusqu'à la fin décembre.

Avez-vous été contacté par des développeurs résidentiels?

« Bien sûr, cela va de soi » répond M. Lavoie.

Le zonage s'appliquant à l'ancien resto pub est commercial, avec un maximum de trois étages. Il autorise les services professionnels et d'affaires, les restaurants, les microbrasseries, ainsi que la plupart des commerces de détail, excluant la réparation ou la vente de véhicules et les activités de pépinière.

« La notoriété du site, sa localisation stratégique à proximité du parc, l'achalandage quotidien de 30 000 véhicules par jour en face, l'augmentation considérable du nombre de citoyens dans le quartier, ce sont tous des éléments d'intérêt pour les investisseurs dans ce type de commerce », met en valeur le courtier David O'Malley à qui les propriétaires Allan R. Wallis et Denise St-Pierre, la fondatrice du Cartier, ont donné le mandat de vendre.

Pour les motifs évoqués, M. O'Malley juge le prix de départ adéquat. L'évaluation municipale avoisine les 2 M$.

Retournons à la photo. À la vue de ce qui n'existait pas à cet endroit il y a cinq ans et à défaut d'investisseurs commerciaux, jugez-vous probable qu'un développeur propose plutôt un virage résidentiel?

Cet usage est déja permis, mais pour des immeubles de seulement 1 à 3 logements et sur un maximum de deux étages. Ce genre de projet générerait peu de revenus pour rentabiliser un investissement de départ aussi élevé, auxquels s'ajouteraient des coûts de démolition.

Un changement de zonage serait nécessaire pour envisager un ensemble résidentiel à haute densité comme la tour Urbano (à gauche sur la photo) ou le complexe VÜ (à droite), qui ont poussé ces dernières années de chaque côté des Jardins Hauterive.

À ce moment-ci, il faut parler des propriétaires et locataires de la douzaine d'immeubles résidentiels habitant le secteur. Les nouvelles tours sont arrivées sans qu'ils aient un mot à dire. Par délicatesse et courtoisie, ils ont été invités à des soirées d'information, mais comme les édifices de 10 étages étaient déjà permis dans le zonage, ils n'ont eu aucune prise sur ces deux projets.

Ces mêmes citoyens ne seraient cependant pas devant le même fait accompli si un projet résidentiel de 35 M$ (coût annoncé de l'Urbano) atterrissait dans leur cour demain matin. L'amendement de zonage leur accorderait une voix, jusqu'à un référendum s'ils le jugeaient nécessaire.

Leur premier réflexe serait-il d'appeler au bureau du maire pour s'inquiéter ou de mobiliser leurs nouveaux voisins ayant payé le gros prix pour s'acheter une vue sur le lac des Nations? On peut s'imaginer que les propriétaires de l'Urbano n'attendraient même pas l'ascenseur, qu'ils descendraient les marches deux par deux pour venir grossir les rangs des citoyens arbitres.

Car, un droit de vote leur serait reconnu parce qu'il réside dans une zone contigüe. Les citoyens des Jardins Hauterive et du VÜ, par contre, n'auraient cependant pas ce privilège puisque leur zone ne touche pas à celle qui ferait l'objet d'une demande d'amendement.

Y a-t-il des chances que cela se produise, qu'on voit arriver un promoteur résidentiel dans le décor un jour?

Oui. Dès maintenant, ce serait par contre étonnant. Ça prendrait un cowboy pour s'inscrire à un rodéo de la sorte sans attendre que la poussière retombe, une fois que les législateurs provinciaux auront passé la gratte dans les règlements.

Le site du Cartier ne se trouvant pas parmi les 21 zones de requalification actuellement recensées par la Ville, où le pouvoir référendaire serait maintenu si le projet de loi 122 était adopté tel quel que proposé, les voisins du Cartier conserveraient le droit de chialer, mais perdrait celui de s'opposer.

Je laisse par ailleurs au maire Bernard Sévigny, adepte des grosses quilles pour faire table rase des référendums, le soin de lancer son porte-à-porte électoral en allant dire à ces citoyens « qu'une consultation en amont » serait amplement suffisante...




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