Well inc. : le secret a-t-il été si payant?

Alors que la Ville de Sherbrooke a payé... (Spectre Média, René Marquis)

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Alors que la Ville de Sherbrooke a payé plus cher que l'évaluation municipale pour acquérir trois immeubles pour le projet Well inc., la première transaction impliquant un promoteur privé a été réalisée aux deux tiers de la valeur foncière.

Spectre Média, René Marquis

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Un premier investisseur privé a suffisamment foi dans le concept Well inc. pour y miser une partie de son portefeuille immobilier. Le promoteur sherbrookois Daniel Luc a mis la main sur l'immeuble du 138-146 Wellington dont personne n'a voulu depuis un an.

La valeur marchande de 1,2 M$ estimée par un professionnel a déjà été le prix de référence. M. Luc, qui préside la firme Construction Regesco, a obtenu le bâtiment pour 525 000 $ soit les deux tiers de l'évaluation municipale de 816 900 $ fixée dans le rôle triennal 2016-2017-2018. Les procédures ont tellement piétiné que les documents judiciaires sur lesquels des avocats ont débattu encore le mois dernier faisaient encore référence à la précédente évaluation municipale de 674 700 $.

Dans ces circonstances, il est plutôt inusité que la Cour ait été appelée à se prononcer en décembre sur une requête en contestation de la vente accordée au plus offrant. Outre les multiples tentatives ayant avorté, le juge Claude Villeneuve a retenu « qu'il y avait urgence que la vente se réalise en l'absence de couverture d'assurance » du bâtiment qui est désaffecté depuis la fermeture de l'auberge de jeunesse Écobeat, en décembre 2015.

La Ville n'a pas présenté d'offre lors du dernier appel de propositions, misant plutôt sur une garantie du tribunal stipulant qu'à défaut d'offre valable, l'immeuble lui serait accordé pour les 320 000 $ qu'elle s'était précédemment montrée disposée à payer.

L'administration Sévigny vient assurément de trouver en Daniel Luc un allié privé qui n'avait pas le centre-ville dans ses plans il y a six mois et qui prévoit maintenant investir l'équivalent du prix d'achat pour rénover son acquisition.

Par contre, jusqu'à quel point la Ville s'est-elle privée d'une aubaine, d'un prix avantageux comme ceux qu'elle a recherchés en confiant à un tiers (la Maison de l'entrepreneuriat de l'Estrie) le mandat d'acquérir en son nom les premiers immeubles à l'insu de tous, avant le dévoilement du concept, sous prétexte d'avoir voulu mettre l'argent des contribuables à l'abri de la spéculation?

Malgré cette préoccupation légitime, aucune des trois propriétés achetées à ce jour par la Ville pour Well inc. n'a été payée moins cher que le prix de l'évaluation municipale.

« Les paramètres ne sont pas les mêmes pour une liquidation en justice que pour une vente de gré à gré. Les coûts d'acquisition qui ont été négociés par la Ville avec des propriétaires sont dans le plus grand intérêt des Sherbrookois », maintient le président du comité exécutif Serge Paquin.

À propos de l'immeuble acquis à bon prix pour Daniel Luc, M. Paquin juge que la Ville aurait envoyé un très mauvais signal en cherchant à couper l'herbe sous les pieds d'un promoteur sérieux dont elle connaissait les intentions.

Il était de notoriété publique dans le cas de l'Hôtel Wellington - que son propriétaire avait refusé 1,5 M$ quelques années auparavant pour son complexe. La Ville aurait donc eu très peu de chances de l'amener à changer d'idée en ne lui proposant que la valeur municipale. Elle y est parvenue ajoutant quelques dizaines de milliers de dollars à l'offre qui avait précédemment été laissée sur la table.

Cet hôtel, l'ancien restaurant voisin qui est également placardé, le Pub irlandais se trouvant quelques mètres plus loin sur la rue Wellington Sud et même l'édifice du Studio Sex seront rasés par la Ville au cours des mois à venir. Le quartier de l'entrepreneur naîtra par la suite sur un stationnement souterrain qui pourra accueillir deux fois de plus de véhicules que le stationnement étagé en fin de vie, qui coûterait 7 M$ à rénover.

Bien que les négociations ne soient pas complétées entre le propriétaire du club de danseuses nues et la Ville, cette dernière prendra prochainement possession du bar après avoir versé une indemnité provisionnelle. Dans ce cas comme dans les précédents, le règlement final dépassera l'évaluation municipale, concède-t-on à l'hôtel de ville.

Tel qu'évoqué dans cette chronique en décembre, il en avait été ainsi lors des acquisitions autour du lac des Nations pour le projet Cité des rivières. Parapluie contre la spéculation ou pas, une pluie de millions précédera les réalisations pour cet autre chantier d'envergure.

Acquisitions récentes en marge de Well Inc.

Immeubles achetés par la Ville

42, Wellington Sud (Pub Irlandais)

Évaluation municipale : 110 100 $ Prix payé : 250 000 $

62, Wellington Sud (ancien restaurant Pap's)

Évaluation municipale : 215 300 $ Prix payé : 250 000 $

68, Wellington Sud (Hôtel Wellington)

Évaluation municipale :  1 264 000 $ Prix payé : 1 550 000 $

Immeuble acheté par le promoteur Daniel Luc *

138-146, rue Wellington Sud

Évaluation municipale : 816 900 $ Prix payé : 525 000 $

* Cette transaction privée a été réalisée lors d'une vente sous contrôle de justice tandis que celles impliquant la Ville ont été effectuées de gré à gré avant le dévoilement du projet.

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