Pas nés pour être cotons!

Est-ce parce que l'arbre de toutes les railleries... (Archives, La Presse)

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Est-ce parce que l'arbre de toutes les railleries qui était associé à Saint-Venant-de-Paquette a disparu de la métropole qu'on pousse l'affaire sous le tapis et qu'on l'oublie ?

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Luc Larochelle
La Tribune

CHRONIQUE / Bon, maintenant qu'on a laissé les urbains se payer notre tête durant tout le mois de décembre dans les médias nationaux, à s'échanger des gazouillis et jusque dans les revues de fin d'année à la télé avec le sapin de Saint-Venant-de-Paquette devenu la honte des Montréalais, on fait quoi ? Est-ce parce que l'arbre de toutes les railleries a disparu qu'on pousse l'affaire sous le tapis et qu'on l'oublie ?

Y'a au moins 1000 fois plus de sapins baumiers en culture que d'habitants à Saint-Venant. Tout comme y'a d'ailleurs plus d'arbres de Noël récoltés chaque automne en Estrie qu'il y a de citoyens dans la région. C'est une activité économique dont les retombées se chiffrent en millions chez nous.

Les arbres estriens ont maintes fois été primés, ils ont trôné à New York, sur la colline parlementaire à Ottawa comme devant l'Assemblée nationale du Québec. Bonhomme Carnaval et Sa Majesté Labeaume ont déjà paradé devant des arbres que l'actuel maire de Saint-Venant-de-Paquette, Henri Pariseau, lui-même producteur, avait livrés dans le royaume de Régis.

Faut quand même pas laisser les Québécois sous l'impression, à travers les moqueries rapportées notamment par le sarcastique Infoman, qu'on vend juste des « est* de cotons ! »

« Nos gens d'expérience enchaînent ces grands arbres au mât d'une pelle mécanique avant de le couper. Ils savent les manipuler, les transporter et les préparer avec soin en évitant de briser les branches. Ça n'a visiblement pas été le cas pour le sapin de Montréal. C'est décevant et même désolant que cette histoire porte ombrage à la réputation de nos arbres, d'autant que nous n'avons rien à voir avec ce piètre résultat », déplore le maire Pariseau.

Les Montréalais s'étant empressés de faire disparaître leur sapin dénaturé - l'ayant peut-être même jugé trop laid pour être envoyé au recyclage !!! -, ils n'ont que faire de nos récriminations. Ça nous prendrait une riposte plus insistante, un peu plus visible.

À titre de président de l'Union des municipalités du Québec et comme membre du caucus des grandes villes, Bernard Sévigny côtoie régulièrement ses homologues de Montréal et de Québec. En se montrant le moindrement insistant, M. Sévigny réussirait sûrement à convaincre Denis Coderre et Régis Labeaume de venir se choisir un arbre à Saint-Venant-de-Paquette.

En fournissant l'assurance à nos collègues de la presse montréalaise que le cellulaire et l'internet ont atteint la frontière et sont accessibles pour rejoindre leur auditoire en direct, peut-être daigneraient-ils accompagner leurs représentants à « l'événement » qu'on pourrait présenter comme une mission politique, économique et touristique.

Imaginez la fierté qu'éprouverait le maire de Saint-Venant à guider tous ces dignitaires dans son patelin de Gaulois, à les recevoir dans des plantations où la récolte annuelle de sapins est semblable à la culture des tomates ou autres légumes frais de plus en plus recherchés dans les quartiers densément peuplés des grandes villes.

En garantissant aussi à Infoman qu'il pourrait tourner en dérision des personnalités incapables de faire la distinction pourtant assez élémentaire entre une épinette et un sapin, peut-être même que son équipe de tournage et lui seraient aussi du voyage. En réussissant à sortir la ville de la ville pour l'amener à la campagne, ce serait à notre tour d'exploiter le cynisme. « À plein », comme disait le coloré Beauceron qu'était Doris Lussier dans son personnage de Père Gédéon.

Chers Montréalais, avec autant de Jos Connaissant au mètre carré, comment avez-vous pu être assez stupides pour vous en remettre à des amateurs, à des ignares de la ville, pour concrétiser vos ambitions de présenter le plus haut et le plus beau sapin du monde ? N'êtes-vous pas assez nombreux pour être un peu plus allumés ?

Rien pour vexer. Rien de méchant. Juste pour rire. L'humour, c'est tellement Montréalais.

On pourrait prendre l'engagement en même temps auprès du maire Labeaume d'aller lui porter gratuitement, installation comprise, un beau gros sapin au Centre Vidéotron. Ça mettrait de la vie dans son amphithéâtre qui, dans l'attente du retour des Nordiques, est « vide en est* ».

Il suffirait somme toute que la plus grande ville de l'Estrie s'allie momentanément au plus petit village de son territoire pour que la région s'affirme et démontre subtilement par l'humour que nous ne sommes pas nécessairement pas nés pour être cotons ou colons.

On ferait un tabac, c'est sûr. Car, le rire est dans les gênes de tous les Québécois. Il est notre arbre généalogique. Dans le fond, on ferait juste garder la pousse vivante !

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