Le commandant garde le cap

La présence du premier ministre Philippe Couillard à... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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La présence du premier ministre Philippe Couillard à la conférence de presse confirmant l'ouverture de la première super-clinique à Sherbrooke a été plutôt effacée. M. Couillard a plus tard expliqué en entrevue à La Tribune que ces nouveaux centres de services intégrés font partie d'un plan global pour le Québec duquel il n'entend pas dérogé d'ici les élections d'octobre 2018.

Spectre Média, Frédéric Côté

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Le premier ministre Philippe Couillard s'est joint à son ministre de la Santé, Gaétan Barrette, pour l'annonce de la première superclinique à Sherbrooke. Sa présence a cependant été si effacée qu'aucune question des journalistes ne lui a été adressée.

« Savoir que ce serait toujours comme ça, je demanderais à Gaétan de m'accompagner partout » s'en est-il d'ailleurs étonné.

Fidèle à ses habitudes et sans que son patron ait besoin d'insister, le Dr Barrette a passé un bon coup de gratte.

« Aller à la super-clinique plutôt qu'à l'urgence de l'hôpital pour un problème de santé mineur, c'est le choix que cette première équipe à Sherbrooke vient d'offrir à la population. Je félicite les médecins et vous remercie d'accepter les horaires allongés qui étaient la première résistance. Vous le faites au bénéfice de la population et vous aller ainsi participer aux efforts pour briser le noeud dans la chaîne de la santé » a louangé le ministre en présentant son modèle comme la garantie d'une plus grande efficacité et d'une plus grande accessibilité aux soins.

Les ressources médicales viennent pour l'essentiel de la clinique sans rendez-vous qui était voisine de l'Hôtel-Dieu depuis plus de 20 ans. Le bâtiment de la Clinique St-Vincent a été vidé de ses équipements d'imagerie, qui sont montés plus haut sur la rue King Est.

Ce n'est que formalité avant que d'autres équipes de professionnels migrent à leur tour vers une deuxième superclinique, cette fois vers l'édifice qui est en construction devant l'ancien centre de distribution de BRP, à l'intersection de l'autoroute 410 et de la rue King Ouest.

Ce redéploiement de ressources ne se fera pas au détriment des urgences des hôpitaux périphériques ou d'autres services existants dont ceux offerts par l'hôpital de Magog, a assuré le ministre Barrette.

« Avec la mini-urgence, le CLSC et tout ce qu'il y a dans cet établissement-là, c'est impossible d'envisager une réduction des services à Magog. Cette institution doit rester et même se développer », a-t-il répondu pour calmer l'inquiétude exprimée quelques heures plus tôt dans la MRC de Memphrémagog.

Des propos qui ont par la suite été corroborés par la Dre Raymonde Vaillancourt, répondante du Département régional de médecine générale.

« La date d'une rencontre est même déjà convenue en janvier à l'hôpital de Magog afin d'évaluer les possibilités d'accroître les services. Il n'est donc pas question de les réduire. De la même façon, les besoins prioritaires d'effectifs médicaux sont bien identifiés partout sur le territoire de l'Estrie et l'arrivée de supercliniques ne changera en rien nos plans d'affectation », a-t-elle dit.

C'est donc sans essuyer les moindres reproches d'une gestion gouvernementale trop directive ou d'un quelconque empiètement professionnel que le premier ministre a quitté la première superclinique sherbrookoise pour s'amener dans la grande salle de La Tribune.

En entrevue, il n'a pas caché son agacement de s'être retrouvé en face d'une « offre à prendre ou à laisser » lors de la rencontre sur le financement de la santé à Ottawa.

« C'est pas comme ça qu'on fait fonctionner une fédération de façon harmonieuse ».

On ne sent toutefois pas le premier ministre québécois prêt à se lancer dans une guerre belliqueuse sachant qu'il risquerait en cela de nourrir le discours de ses adversaires souverainistes.

Philippe Couillard ne paraît pas le moindrement ébranlé par les résultats des récentes élections partielles qui, pourtant, lui ont envoyé un message de mécontentement.

« Je suis content de l'année 2016 et de la façon dont elle se termine parce que je suis capable de regarder les Québécois dans les yeux et de leur dire : notre gouvernement fait exactement ce qu'il avait dit qu'il ferait. Quand je dis ça; personne ne me contredit ».

Les annonces de projets qui déferlent sont le fruit de la discipline pour équilibrer les finances publiques et dégager des marges de manoeuvre, insiste Philippe Couillard.

« Avec le cynisme qui entoure la politique, c'est important qu'on revienne là-dessus. Quand je rappelle que nous suivons notre plan, les gens me répondent : c'est vrai. C'est ce que vous aviez dit ».

L'agitation s'était calmée au Québec après l'entente intervenue à pareille date l'an dernier avec les employés de l'État. Les syndicats municipaux sont revenus en 2016 exprimer leur colère à l'Assemblée nationale, mais le gouvernement Couillard a tout de même changé les règles de négociation afin d'accorder plus de pouvoirs aux élus municipaux.

Voilà que c'est au tour des leaders de l'Union des producteurs agricoles du Québec d'exprimer leur mécontentement. Ceux-ci ont beau vouloir la tête du ministre Pierre Paradis, ils ne l'obtiendront pas. Pas question, rétorque avec fermeté le premier ministre.

Le commandant va son chemin, il tient le cap et à l'entendre, il n'en déviera pas avant le rendez-vous électoral d'octobre 2018.

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