Vendre l'effort aux contribuables

Les Sherbrookois connaîtront lundi la hausse de taxes... (Archives, La Tribune)

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Les Sherbrookois connaîtront lundi la hausse de taxes qui leur sera imposée. Une majoration se situant entre 1 et 1,5 % permettrait à la fois de rencontrer les besoins financiers de la Ville et de démontrer l'efficacité du plan d'optimisation se voulant la caution de la saine gestion.

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Les Sherbrookois connaîtront lundi prochain la hausse de taxes à payer pour les services municipaux qui seront rendus en 2017. Quelle augmentation l'administration Sévigny peut-elle justifier sans amplifier la grogne perceptible depuis que la Ville a accordé des hausses salariales que plusieurs citoyens jugent trop généreuses?

Une majoration de 2 % ou plus signifierait que la poche du citoyen est utilisée comme courroie directe pour couvrir les augmentations de salaire ainsi que les autres dépenses à un rythme nette supérieur à l'inflation.

Avec une telle proposition, avant même de s'exposer à la colère de ses commettants, Bernard Sévigny aurait frappé un noeud au conseil municipal. Chez des indépendants, mais possiblement aussi au sein de ses troupes.

À un an des élections, ce n'était surtout pas le moment de faire entrer la division dans le Renouveau sherbrookois. Pas davantage de s'offrir en pâture aux adversaires politiques qui, en plus de refuser d'endosser le budget, auraient alors beau jeu de prétendre que la dynamique de parti politique a divisé comme jamais à l'hôtel de ville. La mairie a eu le souci d'éviter cela, c'est sûr.

Quelle cible pouvait être confortable non seulement pour le maire et ses sept équipiers qui entendent solliciter un renouvellement de mandat (Serge Paquin et Louisda Brochu ont déjà annoncé leur départ), mais aussi pour rallier le maximum de conseillers indépendants souhaitant aussi être réélus? Définissons-la ainsi : une hausse justifiable quant aux besoins, mettant également en valeur les économies récurrentes du plan d'optimisation se voulant la caution de la saine gestion.

Au regard de cette dernière préoccupation, une hausse de taxes se situant entre 1,5 et 2 pour cent ne serait pas très convaincante. D'autant que l'argument de la baisse des profits à Hydro-Sherbrooke est usé. Oui, le manque à gagner de 2,8 M$ cette année sera réel, mais il était connu dès le début du mandat du présent conseil. Le maire Sévigny se rendrait alors vulnérable aux reproches d'avoir manqué de prévoyance.

Le point de convergence entre les élus a probablement été atteint avec une hausse se situant entre 1 à 1,5 %.

D'une part, ça frappera l'imaginaire que de pouvoir dire que le choc fiscal est trois fois moins élevé que la hausse de 4,77 % ayant été mal digérée l'an dernier.

Une pareille augmentation ne serait non plus pas trop éloignée de la majoration de 0,9 % annoncée à Trois-Rivières. En région, elle serait un peu mieux que Magog (hausse moyenne de 1,9 %) et se situerait dans la même fourchette que Coaticook (1,4 %).

Le maire Sévigny n'échappera pas à la comparaison avec Victoriaville, où les élus sont parvenus à geler les taxes. Sa réponse est déjà toute prête. Il rappellera que son homologue de Saguenay, Jean Tremblay, a déjà offert un semblable cadeau à ses citoyens, mais qu'il les a matraqués par la suite avec des augmentations nettement supérieures à celles de Sherbrooke. M. Tremblay quittera d'ailleurs son poste en léguant dans son dernier budget une hausse appréciable de taxes de 3,8 %.

Pour avoir un aperçu des moyens dont les Sherbrookois disposeront pour faire face à une augmentation de taxes municipales, j'ai recensé les hausses salariales payées en 2016 ainsi que celles qui sont connues pour 2017 chez les principaux employeurs de la région. Les employés de BRP, de l'usine Domtar de Windsor ou de Waterville TG ne résident évidemment pas tous à Sherbrooke, mais c'est le cas pour bon nombre d'entre eux.

Les conventions collectives en décalage à l'Université de Sherbrooke. Sans présumer de l'issue des négociations, l'historique des relations de travail démontre que ces employés obtiennent généralement un peu plus que la politique salariale du gouvernement québécois (PSG). Pour les 6500 employés du campus, des ajustements minimums alignés ceux les employés de l'État québécois couvriraient une hausse de taxes de 1,5 %.

L'Institut de la statistique du Québec vient par ailleurs de mettre à jour l'indice de vitalité économique des régions du Québec. Les tableaux publiés mercredi placent Sherbrooke au 269e rang au Québec, une dizaine de places de mieux que l'an dernier, mais presque 30 de moins qu'il y a dix ans. Ce palmarès est établi en croisant les revenus des particuliers de 18 ans et plus, le taux de travailleurs chez les 25-64 ans ainsi que le taux annuel d'accroissement de la population.

À 38 431 $, le revenu médian a progressé de 1,7 % à Sherbrooke entre 2013 et 2014. La hausse de 1,8 % en Estrie n'atteint pas non plus la moyenne québécoise de 2,0 % ayant porté le revenu médian à 39 332 $ dans la province, relève-t-on également dans cette étude.

La retenue est mère de la prudence en politique. Encore plus quand vient le moment d'aller frapper à la porte des électeurs pour solliciter leur vote.

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