Chômage : mythes et réalités

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À l'image de ce qui se passe au Québec, le taux de chômage baisse en Estrie et il est encore plus enviable à Sherbrooke. Selon une étude de l'Institut de la statistique du Québec, la MRC centrale obtient toutefois des résultats moins probants que ses voisines régionales dans la réduction des sommes payées en assurance-emploi.

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Le classement des équipes et des pointeurs a longtemps été au hockey professionnel ce que le taux de chômage était à l'économie, c'est-à-dire le principal indicateur de performance. De nos jours, les rivalités pour remporter la Coupe Stanley sont analysées avec des statistiques avancées qui tiennent compte d'une multitude d'autres paramètres.

Dans la même veine, des représentants du gouvernement Couillard se sont rapidement retrouvés à marcher sur du mou en utilisant le taux de chômage de 6,2 % du dernier mois, le plus bas des 40 dernières années au Québec, pour illustrer la vigueur de l'économie.

Il y a certes eu gain d'emplois ainsi qu'une réduction du nombre de chômeurs, mais ces données ont été enregistrées dans un contexte de baisse de la population active qui ne sera pas que ponctuel puisqu'il résulte à la fois de nouvelles technologies et du vieillissement de la population québécoise.

Attendons avant d'organiser un défilé sur Grande-Allée!

Le taux de chômage régresse également en Estrie. Il a glissé sous la barre des 6 % à la fin du 3e trimestre de 2016 et ce, pour la première fois depuis 2008. On dénombrait en novembre 900 chômeurs de moins que le mois précédent.

Par contre, les 150 700 personnes en emploi formaient un groupe réduit par rapport aux 151 600 salariés du mois d'octobre ou les 152 800 travailleurs recensés au terme du 1er semestre de 2016, à la fin juin.

Bien que le marché de travail ait tendance à se solidifier, le taux d'emploi (nombre de personnes en emploi par rapport à celles en âge de travailler) ne cesse de diminuer en Estrie. Alors que la région n'était qu'à 0,4 % de la moyenne provinciale en 2005, ce retard atteignait presque 3 % à la fin de 2015 et persistait après les six premiers mois de 2016.

À cet effet, la région métropolitaine de Sherbrooke serait, elle, en voie de regagner le terrain perdu au cours des dernières années.

Les statistiques de novembre ramènent le taux d'emploi à la moyenne provinciale alors qu'un écart défavorable était relevé depuis 2012. Avec un taux de chômage à 4,8 % à la fin du mois de novembre, la RMR de Sherbrooke comptait 109 200 personnes en emploi, soit 1300 salariés de plus et 600 chômeurs de moins qu'à la même date, l'année précédente.

Mais encore là, les tentations d'organiser un défilé sur la rue King avant les élections de novembre prochain se heurteraient à d'autres chiffres moins réjouissants; les sommes versées en chômage baissent moins vite à Sherbrooke qu'ailleurs au Québec et même que dans les autres MRC de l'Estrie.

Dans un rapport sur la dépendance économique publié le mois dernier, l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) a mesuré un recul de 17 % des prestations d'assurance-emploi dans les transferts gouvernementaux versés aux Québécois entre 2010 et 2014.

La baisse des prestations d'assurance-emploi n'aurait toutefois été que de 12 % dans la RMR de Sherbrooke. Avec des taux de chômage à peu près équivalents à Sherbrooke et dans région au cours de la période correspondante, à 20 %, le recul a été beaucoup plus marqué en Estrie.

La dépendance à l'assurance-emploi aurait chuté de 38 % dans la MRC des Sources et de près de 30 % dans celles de Coaticook, du Granit, du Val-Saint-François et de Memphrémagog, rapporte l'ISQ.

Les sommes payées en chômage diminuent moins vite à Sherbrooke qu'ailleurs.

En vertu des règles appliquées depuis 2013 par le fédéral, ce sont pourtant les sans-emploi de la région administrative de Sherbrooke qui sont actuellement pris en serre. Ils n'ont droit qu'à un maximum de 36 semaines de prestations (minimum 14) contre 40 semaines (minimum 17) pour ceux du reste de l'Estrie.

De plus, les postulants de la RMR de Sherbrooke doivent avoir été actifs durant presque deux semaines de plus sur le marché du travail (700 contre 630) pour être éligibles au régime.

Pour ce qui est des prestations de l'assistance sociale, c'est dans la MRC de Coaticook que le sevrage a été le plus marqué entre 2010 et 2014 (-23 %).

Les MRC du Granit, du Haut-Saint-François, du Val-Saint-François ont réalisé des gains deux fois supérieurs à la moyenne provinciale tandis que celles de Memphrémagog, des Sources et de Sherbrooke ont réduit leur dépendance à l'aide de dernier recours de 10 % ou moins.

Les pourcentages peuvent être trompeurs, le portrait sera plus juste avec les sommes réellement déboursées. Mais il situe déjà un peu mieux qu'avec la seule courbe du taux de chômage.

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