Le déjeuner de la réconciliation

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Le large sourire que le directeur général Yves Vermette affichait à l'automne 2011 après avoir réglé un conflit de travail avec les cols bleus, il souhaite le ramener chez les employés de la Ville de Sherbrooke. M. Vermette  juge qu'il sera plus profitable de sacrifier quelques heures de travail pour réunir les troupes au retour du congé des fêtes que de tenir le traditionnel party de Noël qui était boudé par plusieurs employés.

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Le traditionnel party de Noël passe à la trappe à la Ville de Sherbrooke. Les employés municipaux se voient plutôt proposer cette année un déjeuner au retour du congé des fêtes, en janvier.

La Ville invite son personnel à venir célébrer « un début d'année synonyme de renouveau » entre 7 h 30 et 10 h 30, le vendredi 13 janvier. Contrairement au party de Noël, cette activité aura donc lieu sur les heures de travail.

Le directeur général Yves Vermette mise sur cette nouvelle formule pour effacer l'âpreté des affrontements ayant eu lieu sur le cadre de négociation et les régimes de retraite.

« Il faut l'admettre, nous sortons d'une période difficile. Il faut rebâtir des ponts ».

M. Vermette ne s'en cache pas, le rassemblement des troupes en période rémunérée est une façon de stimuler la participation. Le boycottage généralisé exercé au terme de l'année mouvementée de 2014 avait entraîné l'annulation du party de Noël à la Ville. Bien que celui-ci ait eu lieu l'an dernier, il n'a guère suscité d'enthousiasme auprès des employés.

« Nous privilégions le début de la journée pour inciter les gens à venir fraterniser, incluant nos anciens employés. La journée de travail des cols bleus commençant à 7 h 30, ils seront les premiers à se voir offrir le déjeuner qui, en guise de reconnaissance, sera servi par leurs patrons. Ce sera la même chose pour les autres groupes. À 10 h 30, au plus tard, tous devraient être de retour à leur poste. S'il y a des réservations en matinée dans un parc pour des activités scolaires, le gardien y sera. Les services convenus seront rendus », assure le grand patron de la Ville.

Un déjeuner aux crêpes et au café, faut-il préciser.

« Nous ne servirons pas d'alcool. Ça ne sera pas un déjeuner haut de gamme non plus. L'important pour nous, c'est la convivialité. Je veux que la nouvelle année commence sur une note positive, que nos employés se sentent valorisés. Les négociations font toujours ressortir les divergences. Dans la réalité, nos rapports sont très bons », affirme le dg de la Ville.

Les pompiers, qui viennent à nouveau de se faire rabattre la porte sur le nez, sont peu attirés par le déjeuner de la réconciliation.

« Dans notre cas, les négociations pour le renouvellement de la convention collective traînent depuis 2013 et c'est trop demander que d'espérer la nomination d'un arbitre ? Quand t'es en froid avec un voisin, tu ne te précipites pas chez lui parce qu'il invite la rue à un barbecue », lance le président de leur syndicat, Simon Gilbert.

« J'ai reçu l'invitation, mais comme toutes nos énergies étaient consacrées à finaliser les négociations la Ville, je n'ai pas encore eu le temps d'en discuter avec les membres de l'exécutif. Sans mot d'ordre, la participation de nos membres n'avait pas été forte l'an dernier et, à première vue, je doute que la nouvelle convention vienne tout effacer », réagit pour sa part le président des cols blancs, Carl Veilleux.

« Au lieu d'investir dans des activités extérieures pour fraterniser, le maire Bernard Sévigny serait plus avisé d'entreprendre une tournée dans les différents services pour venir à la rencontre du personnel. Ce message, nous l'avons passé à M. Vermette », enchaîne le permanent syndical du même groupe, Gaétan Desnoyers.

Trois forfaits de détente (journée de congé + massage) sont annoncés comme prix de participation pour les employés qui se rendront sur place. Des prix que la Ville offrira au moment où les contribuables recevront les comptes de taxes municipales modulés avec l'effet des hausses salariales ayant divisé les élus municipaux.

Le directeur général n'avait pas vu le lien de concordance sur le calendrier de janvier.

« Nous avons le souci du contribuable. L'activité ne coûtera pas plus cher que le party de Noël et les citoyens seront les premiers bénéficiaires de cette sensibilité, car les employés heureux au travail sont des employés dédiés et performants ».

Jusqu'en 2014, le budget que la Ville consacrait au party de Noël était de l'ordre de 25 000 $. L'an dernier, les déboursés ont été de 15 000 $.

L'activité se passera en famille, sans politiciens. Ces derniers n'ont pas été et ne seront pas invités. Pas davantage le maire Sévigny que les autres.

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