Une alliance menacerait Luc Fortin

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La division du vote souverainiste a profité à Luc Fortin lorsqu'il a délogé le député Serge Cardin en avril 2014. De tous les libéraux de l'Estrie, M. Fortin est celui qui aurait le plus à craindre de la formation d'une coalition souverainiste qui unirait le Parti québécois et Québec solidaire.

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / On est encore loin d'une convention puisque le projet d'union n'est toujours qu'une intention. Toutefois, Québec solidaire ouvre maintenant la porte un peu plus grande à une coalition souverainiste avec le Parti québécois qui viserait à empêcher la réélection d'un gouvernement libéral dans deux ans.

Si cette alliance se concrétise, le ministre Luc Fortin sera de ceux pour qui elle pourrait représenter une menace, lui qui a profité de la division du vote souverainiste pour faire son entrée à l'Assemblée nationale.

Rappelons que M. Fortin est devenu député de Sherbrooke, en 2014, en récoltant moins de votes comme candidat libéral que Jean Charest lors de l'élection de 2012. Même si l'ex-premier ministre avait obtenu 35 pour cent des voix, cela avait été insuffisant pour garder son siège de député. Luc Fortin l'a repris 18 mois plus tard, mais avec seulement 36 pour cent du suffrage exprimé. Donc, sans gains substantiels chez les libéraux provinciaux.

Le fait saillant de la dernière élection provinciale dans Sherbrooke a plutôt été l'érosion du vote péquiste. Les appuis à Serge Cardin ont chuté de 12 points. Bien qu'on ne puisse établir cette prétention avec certitude, il est logique de croire que la candidate de Québec solidaire (QS), Hélène Pigot, a récupéré une partie de ces voix souverainistes.

Cette formation politique a augmenté sa pénétration de 7 à 13 pour cent dans Sherbrooke en 2014, une progression de 1807 votes. Ce nombre représente à quelques dizaines d'électeurs près la majorité de 1855 voix ayant assuré la victoire à Luc Fortin. En accordant au PQ les seuls gains effectués par QS, le candidat libéral se serait retrouvé sur la paille.

Avec la théorie des vases communicants, c'est-à-dire en additionnant tous les votes de QS à ceux du PQ, le candidat d'une coalition souverainiste aurait remporté la circonscription de Sherbrooke avec une majorité relativement confortable de 2538 voix sur les libéraux. Luc Fortin serait possiblement resté dans le cercle des stratèges qui vivent dans l'antichambre de l'Assemblée nationale au lieu de devenir parlementaire.

Le ministre Fortin voit-il poindre le danger dans sa circonscription qui a rejeté l'appel à l'indépendance au référendum de 1980, mais qui a accordé une majorité au « Oui » à celui de 1995?

Sans surprise, il laisse porter et refuse de commenter. Il n'y a pas de presse non plus, encore faut-il que ses adversaires s'entendent sur un programme et se donnent un véhicule commun.

« J'adhère au principe. Par contre, je n'en suis pas à me soucier de ce que cela pourrait donner comme résultats. Mes préoccupations sont liées au programme, au contenu, aux idées progressistes que nous voudrions promouvoir avec des alliés afin d'avoir une alternative valable à proposer aux Québécois, pas juste de changer quatre 30 sous pour une piastre » commente quant à elle la militante de Québec solidaire Hélène Pigot.

De nobles intentions qui ne seront pas simples à agencer à l'intérieur d'un échéancier serré. Il reste à peine 22 mois avant le rendez-vous électoral du 1er octobre 2018.

En plus de Sherbrooke, une coalition souverainiste viserait probablement à prendre la circonscription de Saint-François. Là aussi, l'addition des votes du PQ et de QS renverserait théoriquement la majorité que le député libéral Guy Hardy a obtenue en 2014. Les gains de Québec solidaire y ont toutefois été plus modestes. Comment présumer que 100 pour cent des sympathisants de ce parti se sentiraient l'obligation d'un vote stratégique favorable à une coalition souverainiste?

Dans Orford et Richmond, deux forteresses libérales, les députés Pierre Reid et Karine Vallières l'ont à nouveau emporté à la dernière élection avec des majorités confortables. Le député de Mégantic, Ghislain Bolduc, ne semble guère plus vulnérable à une alliance souverainiste.

Les enjeux véritables seraient dans la capitale régionale, là où l'appui à la souveraineté a été le plus constant depuis l'élection du Parti québécois, il y a 40 ans. Dans les deux circonscriptions que les péquistes étaient fiers d'avoir réussi à reprendre en 2012, mais qu'ils ont été incapables de conserver.

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