Les p'tites vites du super lundi

Le conseiller Bruno Vachon, qui siège à l'exécutif,... (Spectre Média, René Marquis)

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Le conseiller Bruno Vachon, qui siège à l'exécutif, affirme qu'il est faux de prétendre que la Ville a tout donné sans rien obtenir.

Spectre Média, René Marquis

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Ce fut une séance chargée, lundi soir, à l'hôtel de ville de Sherbrooke. Les dossiers d'importance ont atterri comme des avions à l'heure de pointe dans les aéroports internationaux. Le bon vieux truc politique, quoi : nous enterrer de dossiers tout en veillant prévoir au moins une bonne nouvelle afin de réduire l'impact de celles qui étaient moins favorables.

Le meilleur résumé de cette soirée est la blague spontanée du président de Destination Sherbrooke, Rémi Demers :

« J'aurais jamais pensé que ça deviendrait un sujet léger, ça, la Place Nikitotek », a lancé avec dérision le conseiller ayant l'habitude des interrogatoires serrés lorsqu'il est question des retombées de cette scène extérieure du centre-ville.

Laissons à M. Demers le temps de savourer son triomphe humoristique, revenons sur les détails de la transaction qui amènera une usine de la multinationale Soprema à Sherbrooke.

C'est une excellente nouvelle, notamment pour soigner nos complexes face à Drummondville, la ville qui carbure aux projets manufacturiers et qui a notamment Soprema comme vitrine autoroutière.

Tous les Sherbrookois conviendront qu'il est du devoir de nos représentants de faire des pieds et des mains pour obtenir un projet de 15 à 20 millions avec une cinquantaine d'emplois, quitte à bonifier les propositions lorsque nécessaire pour veiller à ne pas l'échapper.

C'est ce qui a été fait en réduisant le prix du terrain de 15 pour cent, révèle aujourd'hui La Tribune.

« Sans cette baisse de prix, Sherbrooke n'est pas dans la course », résumait-on sans détour dans le rapport administratif qui recommandait aux élus d'accepter le compromis d'un prix à 9,15 $ le mètre carré afin de conclure une entente avant que le jeu de la surenchère permette à l'entreprise d'obtenir mieux ailleurs.

Autrement dit, Sherbrooke pliait de 150 000 $ sur les coûts d'implantation ou perdait tout. Les dirigeants de Soprema ne manqueront pas de venir nous féliciter d'avoir fait le bon choix le jour où le futur complexe sera mis en chantier.

Les compagnies Cooper Standard et Rexfab, qui dynamisent aussi le parc industriel régional avec des investissements qu'elles ont respectivement chiffrés à 11 M$ et 1,65 M$ après l'achat de terrains sur la même rue Robert-Boyd au prix de 10,76 $/m2 qui avait été fixé par la Ville, vont probablement la trouver moins drôle. Business is business, leur répondra-t-on. Aucune précision à cet effet n'a été fournie lundi soir. Ni par le maire ni par des fonctionnaires.

Le sommaire décisionnel de ce dossier ne figurait pas non plus dans les 857 pages de documents auxquels les journalistes ont eu accès lors de la séance du super lundi. Le rapport ne faisant pas mention des crédits de taxes accordés à Soprema nous est parvenu quelques jours plus tard.

Même hasard, sans doute, que le décalage avant de dévoiler le rapport des négociations avec les cols bleus. Dans les documents municipaux qui étaient disponibles lundi soir, une bonne vingtaine de pages passaient en revue le projet de convention que les cadres municipaux ont eux aussi accepté. Mais, on n'y retrouvait rien concernant les cols bleus.

Puisque le conseiller municipal Vachon a réclamé avec insistance en assemblée publique que le règlement soit analysé dans son ensemble, référons-nous au compte-rendu que la conseillère en relations de travail et en rémunération, Marie-Douce Paquin, a produit à l'intention des élus municipaux pour recommander le projet d'entente avec les employés manuels.

Outre les augmentations salariales de 10 pour cent sur cinq ans, assorties d'une garantie d'indexation supplémentaire de 0,5 si l'inflation devait dépasser 2 pour cent d'ici la fin de 2019, Mme Paquin a chiffré les impacts des clauses normatives.

Le changement de statut de onze salariés, la révision à la hausse de certaines primes et autres bénéfices du genre accordés aux cols bleus coûteront 156 400 $ de plus chaque année, a-t-elle calculé.

La Ville, elle, doit gagner « en flexibilité opérationnelle, dans la diminution du temps supplémentaire, sur la limitation des mouvements de personnel, etc. ». Toutefois, le seul avantage financier chiffré par la répondante des ressources humaines est « une économie annuelle entre 10 000 $ et 15 000 $ » pour détecter et réparer les fuites d'aqueduc la nuit avec des cols bleus qui seront payés à temps régulier.

« C'est pas vrai, on n'a pas fait tout ça pour 15 000 $ », proteste Bruno Vachon.

Le conseiller membre de l'exécutif a tenté d'obtenir des chiffres plus étoffés.

« Sans pouvoir me les détailler, on m'assure que les économies seront au moins égales aux déboursés supplémentaires, sinon plus », soutient-il.

À 300 $ près, on calcule la hausse de la prime de repas des cols bleus. Par contre, la Ville n'avance même pas une approximation de ses gains de productivité.

Y'a que la parole de politiciens comme garantie. À vous d'en déterminer la valeur.

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