La bonne foi et l'équité interne

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La conseillère Nicole Bergeron a expliqué son inconfort à accorder aux employés municipaux des bonifications salariales ne se reflétant pas dans les budgets que la Ville alloue aux organismes communautaires. Julien Lachance, que l'on voit en arrière-plan, a également exprimé sa dissidence.

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) Julien Lachance émettait des réserves sur les offres salariales de la Ville de Sherbrooke dans nos pages la semaine dernière. Conséquent avec ses propos, le conseiller municipal a refusé d'endosser l'entente de principe intervenue avec les cols bleus et les cadres de la Ville.

Sa collègue Nicole Bergeron a posé le même geste.

« Ce n'est pas une question d'appréciation, si on avait les moyens de donner plus à nos employés, je serais d'accord. Mais ce n'est pas ce que nous offrons comme indexation à nos groupes communautaires, aux autres organismes du milieu. J'ai un inconfort », a-t-elle fait valoir.

Les propos exprimés par ces deux conseillers reconnus pour être des modérés reflètent le malaise qu'éprouvaient les élus sherbrookois à accorder des hausses salariales qui vont bien au-delà de l'inflation.

La conseillère Bergeron se préoccupait de l'équité pour tous, elle a fait écho aux compressions salariales qu'imposent certains employeurs du privé pendant que la Ville justifie des bonifications salariales de 10 pour cent sur cinq ans.

« La bonne foi et l'équité interne sont deux principes s'appliquant en relations de travail. Comment pourrions-nous prétendre à la bonne foi en révisant nos positions après 52 séances de négociation et en offrant moins à certains de nos employés que ce que nous avons consenti à d'autres ? » avaient préalablement soulevé le maire Bernard Sévigny pour rallier les élus.

« Aucun de nous n'est heureux d'une hausse de la masse salariale de 2 M$. Nous aimerions tous que ce soit différent. Mais il faut vivre dans le monde réel. C'est injuste de prétendre que la Ville a sorti le plat de bonbons », a également défendu le conseiller Bruno Vachon, membre de l'exécutif et du parti du maire.

Le monde réel, c'est effectivement ce que les maires des autres villes ont accordé à leurs employés en même temps qu'ils faisaient pression sur Québec en se plaignant de la hausse incontrôlée des salaires.

Régis Labeaume s'était fixé comme objectif durant la campagne électorale de 2013 de réduire la masse salariale de sa ville de 12 pour cent. À peine six mois plus tard, M. Labeaume se montrait satisfait d'une convention qui assurait des hausses salariales de 15 pour cent sur huit ans à ses employés.

Jean Tremblay, qui ne sollicitera pas de renouvellement de mandat comme maire de Saguenay, n'a pas nécessairement serré la vis avant de partir. En février dernier, son administration a conclu une entente de 7 ans (2013-2019) prévoyant des hausses salaires de 2 pour cent par année.

À Trois-Rivières, le contrat de travail qui vient à échéance cette année assurait des bonifications salariales semblables.

Même à Drummondville, où l'administration municipale n'a pas l'habitude de jeter l'argent par les fenêtres, le maire Alexandre Cusson a signé au début de 2016 une entente de quatre ans assurant aux employés municipaux des hausses se situant dans la fourchette des 2 pour cent.

La loi provinciale qu'espéraient les élus municipaux est en application depuis le début du mois de novembre. Mais il y a bien d'autres considérations, répète le maire Sévigny.

« Cette loi n'est pas une hache. Elle vient avec des responsabilités. La prochaine négociation sera différente », promet-il.

Une majorité d'élus ayant approuvé l'entente, ça vient clore les discussions avec les cadres et les cols bleus, comme cela avait le cas avec le personnel d'Hydro-Sherbrooke à l'été 2015.

Ça ouvre la porte aux autres groupes qui n'ont toujours pas réglé et qui ont la certitude maintenant d'obtenir minimalement les mêmes hausses de salaire.

Mais ça laissera le maire sur la défensive durant plusieurs mois. Il va constamment se faire rabattre ses propos sur le nez. Pas plus tard que la semaine dernière, Bernard Sévigny soutenait encore dans son rôle de président de l'Union des municipalités du Québec « que la capacité de payer n'était pas un puits sans fond ».

Son dernier budget avant l'élection de 2017 devra le prouver. Autrement, le maire se magasine des sautes d'humeur lorsqu'il se lancera dans le porte-à-porte.

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