La crainte d'être les premiers dans la tempête

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Même si le nouveau cadre législatif qui était réclamé pour renforcer le pouvoir de négociation des villes est en vigueur depuis le début du mois de novembre, le maire Bernard Sévigny n'a pas songé à revoir les offres salariales de la Ville à la baisse.

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Le 2 novembre dernier, l'Union des municipalités du Québec (UMQ) a pris soin de « saluer l'adoption du projet de loi 110 dotant les municipalités d'un nouveau cadre de relations du travail ». Les maires des grandes villes, dont Bernard Sévigny agit comme porte-voix à titre de président de l'UMQ, se réjouissaient alors d'avoir finalement obtenu de la part du gouvernement les outils qu'ils réclamaient afin de freiner la croissance des salaires.

Les outils sont encore dans l'emballage, ils n'ont pas sorti de la boîte. La Ville de Sherbrooke a négocié les termes du nouveau contrat de travail que les cadres municipaux de même que les cols bleus viennent d'accepter sans rien changer.

Même si le taux d'inflation a été de 1,1 pour cent au Québec et au Canada en 2015, la Ville va payer une rétroactivité de 2 pour cent à son personnel. Bien que l'indice des prix à la consommation (IPC) ait fluctué de seulement 0,6 pour cent sur douze mois (de septembre à septembre), les employés municipaux toucheront une autre bonification de 2 pour cent cette année.

Entre 2011 et 2016, la courbe des salaires a progressé de 13 pour cent à la Ville et celle de l'inflation de 8,9 pour cent. Le maire Bernard Sévigny peut bien avoir de la difficulté à contenir les hausses de taxes.

Il n'y a par contre aucune surprise là-dedans.

« On ne veut pas aller à la guerre pour l'ensemble du monde municipal en offrant moins (aux autres). On ne gagnerait rien d'une grève générale de nos syndicats parce qu'on déciderait d'aller au bat pour les autres » avait déjà campé comme position le maire Sévigny à l'été 2015.

M. Sévigny avait ainsi justifié l'entente qui accordait des hausses salariales de 10 pour cent sur cinq ans aux employés d'Hydro-Sherbrooke, qui sont évidemment devenues dès cet instant la cible de tous les autres employés municipaux.

La partie patronale a testé les cols bleus en leur offrant au départ seulement 4,5 pour cent pour trois ans.

« Nous aurions fermé les livres drette là. Nous nous serions retirés de la table de négociation », affirme le président du syndicat des cols bleus, Mario Bernard, qui ne cache pas son enthousiasme « d'avoir obtenu quasiment tout ce que ses membres voulaient ».

Le maire Sévigny estimait l'an dernier que les villes devraient patienter de deux à trois ans avant l'application du cadre législatif en vigueur depuis peu, qui oblige à tenir compte de la capacité de payer des citoyens pour le règlement des litiges.

Même si son poste à l'UMQ le plaçait aux premières loges pour constater que les choses progressaient plus rapidement, M. Sévigny n'a jamais songé à revoir ses offres à la baisse pour prendre appui sur la nouvelle loi.

« Est-ce que le président de l'UMQ devait absolument donner l'exemple et provoquer un conflit de travail pour montrer que la négociation ne marchait pas? Je n'étais pas dans cette optique-là ».

Ainsi, ce sont encore les comparables avec les autres villes ainsi que le principe d'équité entre les groupes qui ont fourni à tous les employés municipaux l'assurance d'obtenir la même pointe de gâteau au chocolat. Le régime minceur, ce sera pour les prochaines négociations. Pas question de risquer de provoquer une tempête durant une année d'électorale.

Ce report pourrait toutefois valoir au maire Sévigny des reproches d'avoir manqué de poigne et de cran.

« Est-ce que quelqu'un va soulever cela pour faire de la politique? Ça ne m'étonnerait pas. Ce sera confondre des pommes et des oranges. J'aurai la même réponse : nous avons travaillé dans un cadre transitoire ».

La stratégie patronale ayant été établie il y a déjà deux ans, le maire ne sera pas pris au dépourvu par ces hausses salariales. En principe, les sommes nécessaires pour couvrir la rétroactivité de 2015 et 2016 ont été provisionnées à même les taxes déjà prélevées.

On verra par contre dans quelques semaines si cette prévoyance a été suffisante pour équilibrer le budget électoral de 2017 en limitant la hausse de taxes à l'inflation. Si celles-ci reflètent plutôt l'augmentation des salaires, les pommes et les oranges pourraient devenir une pelure de banane pour le maire.

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