Bénéficiaires de l'effort vert

Diverses actions environnementales au Vermont doivent réduire de... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Diverses actions environnementales au Vermont doivent réduire de manière significative les rejets de phosphore dans le lac Memphrémagog et devraient contribuer à préserver la santé du plan d'eau dont presque les trois quarts sont au Québec.

Spectre Média, Jessica Garneau

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Nos voisins américains veulent réduire leurs rejets de phosphore de plus de 20 pour cent dans le lac Memphrémagog. Ils comptent agir sur la source de contamination qui menace les activités récréatives puisqu'elle est responsable des cyanobactéries.

Les Vermontois assumeront le gros de cet effort environnemental étant donné que 71 pour cent du bassin versant du lac Memphrémagog se trouve sur leur territoire. Nous en serons toutefois les grands bénéficiaires puisque 73 pour de la superficie du plan d'eau se trouve, elle, au Canada.

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Cet objectif a été dévoilé mardi à Newport en marge de la rencontre biannuelle du Comité Québec Vermont sur la qualité du lac Memphrémagog.

L'État du Vermont doit se conformer à une loi fédérale l'obligeant à déterminer la capacité de support en phosphore de ses plans d'eau. La charge maximale journalière a été fixée à 14 µg/l (microgrammes/litre) pour le lac Memphrémagog. Or, le niveau actuel de phosphore serait de 20 pour cent supérieur à la concentration qui devient la référence.

Les agriculteurs subiront de la pression puisque cette industrie serait responsable de 46 pour cent des rejets en phosphore dans cette partie du Vermont, selon l'étude rendue publique.

« Nous avons déjà eu quelques échanges avec des représentants du milieu agricole et nous tiendrons des soirées d'information pour expliquer que ce que nous préconisons est réaliste. Les changements se feront dans le temps », a assuré en présence des membres du comité bilatéral et de citoyens vermontois, Ben Copans, le coordonnateur du plan d'action devant s'étaler sur 20 ans.

Selon l'un des délégués du gouvernement du Québec à cette rencontre, Daniel Leblanc, le cadre réglementaire québécois a influencé positivement le Vermont.

« Le volet agroenvironnemental qui a été présenté, ça vient beaucoup du Québec. Chez nous, les agriculteurs sont déjà tenus de produire des plans de fertilisation et il y a donc des normes à respecter au niveau de l'épandage », a relevé le directeur adjoint du bureau du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques en Montérégie.

M. Leblanc a été affecté au dossier du lac Memphrémagog du fait qu'il est associé à la même démarche pour le lac Champlain.

Le représentant québécois n'a toutefois pas voulu dire si les cibles américaines étaient plus ambitieuses que les nôtres. Les comparables seraient difficiles à établir du fait que la loi américaine réfère à la capacité de support d'un lac tandis que le Québec oriente ses efforts sur le contrôle à la source en exerçant une surveillance des affluents.

Le Vermont confie à un permanent la supervision du bassin versant d'un seul lac tandis qu'en Estrie, le COGESAF ne dispose que de quelques employés pour stimuler les actions concertées dans tout le bassin versant de la rivière Saint-Francois, qui couvre l'ensemble de l'Estrie ainsi que le corridor de Drummondville jusqu'au lac Saint-Pierre. C'est assez révélateur.

« Il y a une belle collaboration des deux côtés de la frontière pour mettre nos ressources en commun. Par contre, nous n'avons pas du tout les mêmes moyens. Ça en est parfois décourageant et même gênant », n'hésite pas à dire la mairesse de Magog, Vicki-May Hamm.

La planification vermontoise reposant sur du long terme, la transition politique qui se prépare à Washington soulève évidemment des points d'interrogation.

« Il a très peu été question du nouveau président, j'ai senti que nos partenaires voulaient éviter le sujet. Comme les changements ne se produiront qu'au cours de la prochaine année, on nous a simplement dit que les impacts sur les politiques et le financement des projets sur la qualité de l'eau étaient difficiles à prévoir », rapporte Mme Hamm.

Les discussions sur le projet d'agrandissement du site d'enfouissement de Coventry, près de Newport, ont également été sommaires lors de cette rencontre du comité Québec Vermont.

« Un bref rapport de situation a été livré. Nous sommes trois représentants à siéger au comité de suivi du site de Coventry et à agir en chiens de garde pour la protection de notre source d'eau potable. Le projet d'expansion chemine, mais c'est fait de façon très professionnelle », a précisé à ce sujet le chef de la division des eaux de la Ville de Sherbrooke, Michel Cyr, l'un des participants aux échanges.

En résumé, ce fut un mardi plus réconfortant que le précédent dans nos rapports avec nos voisins américains...

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