L'ouragan Trump

Si Donald Trump a déjoué tous les pronostics,... (Associated Press)

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Si Donald Trump a déjoué tous les pronostics, c'est que la politique est une science inexacte. C'est aussi preuve que la démocratie reste distante, farouche et sauvage même en étant exposée à des stratégies politiques de plus en plus raffinées.

Associated Press

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Si je vous dis Apophis, combien d'entre vous faites spontanément le lien avec l'astéroïde qui a menacé la planète le 9 janvier 2013 en s'approchant à 15 millions de kilomètres de nous?

Ne vous torturez pas avec cet oubli, ça m'était aussi complètement sorti de l'esprit. Faudrait, par contre, veiller à ce qu'au moins l'un de nous se souvienne que cet astéroïde pourrait gâcher nos plans de retraite puisqu'il doit revenir passer près de la Terre en 2029. Peut-être aussi en 2036.

Y'a de la science et de la mathématique dans ces projections, mes amis. Tout comme d'ailleurs, dans la quincaillerie technologique dont dispose le National Hurricane Center des États-Unis pour prévenir les Américains dès que la menace d'un ouragan pointe à l'horizon. Les alertes devancent les tempêtes, les éruptions volcaniques, on mesure de nos jours en temps réel la résistance de nos ponts et autres infrastructures routières.

Par contre, personne n'a vu venir le raz-de-marée qui a noyé cette semaine une partie de l'élite politique de Washington!

Plusieurs sont décontenancés, ils s'inquiètent de l'élection surprise de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Pas moi. Qu'un choc de particules citoyennes produise l'effet contraire à ce qui était le plus prévisible avec nos connaissances évoluées, c'est magistral. Fascinant. Réconfortant, même.

Si l'humeur de l'électorat reste une énigme, c'est qu'on n'en comprend pas encore toute la complexité. C'est que personne n'a encore trouvé de code pour la manipuler.

S'il fallait que la science politique ait les mêmes fondements que la physique, que ses calculs de probabilités atteignent la même fiabilité que les absolus qui sont à la base du théorème de Pythagore, l'unicité de nos voix et de notre droit de vote comme citoyens deviendrait superficielle et insignifiante en torrieux. Si la politique était une science exacte, ceux qui en seraient les maîtres arriveraient à calculer et à programmer la trajectoire qu'un candidat doit emprunter pour devenir à coup sûr président, premier ministre ou maire. Et cela, avec le même degré de précision que les instruments de bord permettant de diriger à distance les navettes spatiales lancées dans l'espace. L'élite pourrait ainsi nous ignorer, nous contourner, atteindre les postes électifs en passant au-dessus de nos têtes sans qu'on puisse tirer les pieds de ceux qu'on voudrait recaler.

Ce serait pas mal pire que l'élection de Donald Trump comme président des États-Unis.

Cette victoire de M. Trump est difficile à cerner et à comprendre. Elle nous renverse et nous dépasse. L'homme est imprévisible, il s'est montré particulièrement étroit d'esprit. Comment est-il parvenu à rallier autant d'électeurs avec une vision aussi étriquée?

Parce que la démocratie reste distante, farouche et sauvage, même si les grands maîtres de la politique emploient des techniques et des stratégies de plus en plus raffinées pour les amadouer.

C'est le bon côté de la mauvaise nouvelle.

*****

L'ouragan Trump a relégué au second plan l'actualité municipale qui, pourtant, a été particulièrement animée la semaine dernière: le braquage des cinq conseillers municipaux contre le retour de la conjointe de Serge Paquin, Me Isabelle Sauvé, à la présidence des élections; l'invitation lancée au maire Sévigny, mais que celui-ci a vite balayé du revers de la main, de rendre le processus de planification budgétaire plus ouvert; l'autoévaluation du maire à une année du vote au cours duquel les Sherbrookois auront à déterminer s'ils lui accordent un troisième mandat.

J'ai songé à en faire un résumé au cours d'une seule chronique. Mais ça nous aurait donné un gruau trop dense, même pour un déjeuner plus décontracté du samedi. J'y reviendrai.

D'ici à ce qu'on approfondisse la proposition d'impliquer les Sherbrookois dans l'évaluation des choix budgétaires, allez consulter le site de Gatineau (www.ville.gatineau.qc.ca). Dans le moteur de recherche de la page d'accueil, tapez Étude du budget 2017. Allez voir la quantité et la qualité des documents que les dirigeants de cette ville partagent avec leurs citoyens avant d'adopter le budget de la prochaine année.

L'administration sherbrookoise accepterait cette mécanique que ça obligerait le maire à moins nous barouetter avec le budget. Quand M. Sévigny se plaint du poids des salaires des employés municipaux, il met la rémunération en proportion du budget de fonctionnement de la Ville qui est de 282 M$. Questionné cette semaine à la radio sur la provenance du financement de son projet Well inc., il s'est référé au budget global de 422 M$, qui comprend l'achat et la vente d'électricité.C'est pas tout à fait la même chose...

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