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Le ministre Luc Fortin a présenté les 11 membres de son Équipe économique comme étant des acteurs apolitiques. Deux d'entre eux, Jean-Pierre Beaudoin et Jocelyn Thibault  (les deux derniers à droite) s'étaient affichés à ses côtés lors de la campagne électorale du printemps 2014.

Spectre Média, Maxime Picard

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / Luc Fortin n'était pas encore coiffé du titre de député de Sherbrooke qu'il annonçait son désir de former une équipe économique. Devenu ministre depuis, le jeune politicien a complété son recrutement.

M. Fortin a présenté les cinq femmes et les six hommes de divers horizons qui ont accepté d'agir comme relayeurs d'information, pour promouvoir les programmes gouvernementaux ou pour suggérer aux décideurs des approches qu'ils jugent plus porteuses.

« Les membres de notre Équipe économique sont des personnes de terrain, qui ont chacune de très bons réseaux. Après avoir reçu une formation, ces gens seront eux aussi en mesure d'orienter les gens d'affaires à la recherche de soutien », a expliqué le ministre Fortin.

N'y voyez pas un désaveu à l'endroit des organismes qui ont ce mandat d'accompagnement, notamment Sherbrooke Innopole.

« Pas du tout. Plus il y aura de personnes branchées, à l'affût des projets d'investissements, plus nous serons efficaces pour les rendre à terme » précise le ministre Fortin, qui pilote le projet avec ses collègues Guy Hardy et Karine Vallières. Ces derniers représentent également des électeurs de Sherbrooke.

Va pour les bonnes intentions.

Comment ce travail d'aiguillage sera-t-il par contre perçu si un jour, par hasard et au mérite sans doute, de ces partenaires deviennent des bénéficiaires directs du financement libéral?

« Nous sommes soucieux de préserver les faits, mais également les perceptions. Les programmes sont normés, ils sont évalués par les fonctionnaires sans intervention politique » insiste le ministre Fortin qui avouera tout de même quelques minutes plus tard en entrevue avoir eu le souci de ne pas solliciter certains chefs d'entreprises en attente d'une aide provinciale.

Quand la tempête se lève, toutes les alliances deviennent suspectes. L'homme d'affaires estrien Mario Côté l'a vécu avec les chalets construits à la montagne sur laquelle un ex-collaborateur du ministre Laurent Lessard a exercé par mal d'influence.

« C'est tellement pas moi que, sincèrement, je n'ai jamais réfléchi à ce risque. Pourtant, ça pourrait effectivement arriver à l'un de nous. Personnellement, je suis en processus de relève, donc en recul des opérations. Je m'intéresse au développement régional » commente la présidente de l'entreprise manufacturière M.I. Intégration, Francine Guay.

Bien que malmené durant la saga du Mont-Orford, notamment en raison des accointances que certains de ses partenaires d'affaires avaient eues avec Jean Charest et des libéraux provinciaux, André L'Espérance a tout de même accepté ce rôle.

« Je veux simplement aider et je pense pouvoir encore être utile » répond-il.

Le recrutement a été effectué sans égard aux allégeances politiques, assure le ministre Fortin.

Difficile par contre de cacher que certains membres du groupe des 11 sont des sympathisants puisque Jean-Pierre Beaudoin et Jocelyn Thibault se sont affichés à ses côtés durant la campagne électorale. MM. Beaudoin et Thibault ont assisté à la conférence de presse au cours de laquelle M. Fortin a lancé l'idée.

« Il n'y a aucun avantage que je puisse retirer sur le plan personnel ou encore comme directeur général de la Fête du lac. Un décideur politique m'offre un droit de parole, il s'intéresse à ce que des gens d'affaires pensent, je ne vois pas pourquoi je dirais non », assume M. Beaudoin.

« Ce que l'on me demande de faire, je le faisais déjà. Chaque semaine, je reçois au moins un groupe qui veut visiter notre complexe sportif. Je raconte notre expérience, j'explique quelles ont été nos démarches pour obtenir du financement. C'est un parrainage normal, souhaitable. Je ne crains absolument pas que mon intégrité soit un jour mise en cause », répond à son tour l'ex-hockeyeur Thibault.

L'heure n'est pas à douter. Ces acteurs régionaux s'investissent dans une mission qui pourrait être porteuse pour la communauté et en cela, ils méritent notre confiance. Ils ont la mienne.

Que la sagesse et la prudence les gardent toujours par contre loin des soupçons. Car, il faut bien se l'admettre, avec les récentes révélations touchant la Société immobilière du Québec, notre confiance est une fois de plus ébranlée par des abus commis par des gens sans scrupules alimentant la suspicion.

Les membres de l'Équipe économique de Sherbrooke n'ont évidemment rien à voir avec cela. N'en reste pas moins que c'est le climat de méfiance dans lequel ils arrivent pour exercer un mandat communautaire qui les exposera nécessairement aux débats politiques ainsi qu'au regard de l'opinion publique.

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