Chacun son tour

La greffière de la Ville, Me Isabelle Sauvé... (Spectre Média, Marie-Lou Béland)

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La greffière de la Ville, Me Isabelle Sauvé reprendra son rôle de directrice de scrutin et coordonnera, en 2017, une troisième élection municipale à Sherbrooke. Me Sauvé avait cédé sa place en 2013 parce que son conjoint Serge Paquin était l'un des candidats du parti du maire Bernard Sévigny.

Spectre Média, Marie-Lou Béland

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) Depuis son embauche aux services juridiques, en 1985, Me Isabelle Sauvé avait toujours été de l'équipe chargée d'organiser les élections municipales à Sherbrooke.

Promue greffière de la ville unifiée, en 2003, c'est elle qui a agi à titre de directrice de scrutin au cours des deux élections subséquentes, celles de 2005 et 2009.

Mais l'adhésion de son conjoint au parti du maire Bernard Sévigny l'a toutefois envoyée en touche lors des élections municipales de 2013.

« Aux yeux des gens ou des élus qui me connaissent, ça n'aurait probablement pas posé de problème que j'organise les élections. Par contre, ça n'aurait peut-être pas été le cas pour tous les candidats et je ne voulais pas créer de malaises » expose Me Sauvé, qui avait alors cédé son poste.

Cette fois, c'est le politicien qui renonce. Le conseiller Paquin coupe les ponts avec le Renouveau sherbrookois afin de rendre la politesse à son épouse.

« Organiser des élections, c'est intense, ça nous impose des horaires de fou, mais moi j'aime ça! Serge a bien vu que j'avais le goût d'en vivre une autre. Son départ de la politique était déjà annoncé pour la fin du mandat. Comme il se retire dès maintenant du parti, il n'y aura pas d'ambiguïté »

Du temps où M. Paquin siégeait à l'hôtel de ville comme conseiller indépendant, Me Sauvé désignait un mandataire comme « filtre » pour s'occuper des élections dans son district du centre-ville.

L'avocate occupe des fonctions névralgiques dans l'appareil administratif alors que son conjoint formait depuis l'élection de 2013 avec le maire Sévigny, le tandem politique qui est aux commandes de l'hôtel de ville.

« Je n'aurais jamais été à l'aise que des réunions politiques se passent chez nous. Serge et moi avons toujours convenu que la partisanerie n'avait pas sa place à la maison. Moi, je ne travaille pas pour le maire, j'ai un emploi à la Ville qui m'impose un devoir de neutralité. J'ai toujours agi de la même façon avec les élus qui ne sont pas membres du parti qu'avec ceux qui étaient du même côté que Serge. Personne ne m'a jamais adressé de reproches ».

S'il y avait eu de sérieux doutes à cet effet, on peut penser qu'ils auraient été soulevés durant le chantier de la gouvernance ayant mené à l'abolition de quatre sièges au conseil municipal.

C'est Me Sauvé qui a piloté le dossier, incluant la refonte des districts. Or, la nouvelle carte électorale est loin d'être à l'avantage du parti du maire Sévigny. Elle menace plutôt la majorité qu'il a obtenue en 2013.

« Si le résultat avait été différent, peut-être que ça aurait pu soulever des doutes, mais ce n'est pas ce qui est arrivé ».

Bernard Sévigny est d'autre part le premier élu qui aurait pu être agacé par la situation conjugale d'Isabelle Sauvé au lendemain de son élection comme maire, en 2009. M. Sévigny a dû composer durant son premier mandat avec le soutien de seulement quelques conseillers du Renouveau sherbrookois.

De manière caricaturale, j'avais alors présenté le vétéran Paquin comme le chef de la « République des conseillers indépendants ».

« J'étais consciente que notre relation aurait pu causer des appréhensions, mais le maire ne m'en a jamais parlé. Ni lui ni les membres de son cabinet. Bernard avait préalablement été conseiller municipal, il avait eu l'occasion de juger de mon travail avant de devenir maire ».

La récente polémique autour du rapport sur les contrats d'ingénierie a cependant démontré à quel point la ligne est mince entre les considérations politiques et les obligations juridiques.

« Les explications que j'ai livrées publiquement ne visaient absolument pas à protéger le maire. Elles n'avaient pour seul but que d'établir les faits. J'ai adopté exactement la même ligne de conduite que du temps où M. Perrault occupait la mairie.

« Les rares fois où des citoyens ont lancé des insinuations à propos de nos liens conjugaux, ça m'a choquée, blessée, car il s'agissait de critiques sans fondement. J'ai toujours agi de manière éthique et professionnelle », affirme Me Sauvé.

Le départ à la retraite de la greffière est aussi dans l'air, mais pas nécessairement aligné sur celui de son mari.

« Une chose est sûre, ce sera ma dernière élection. Pour le reste, on verra. Je suis un peu plus jeune que Serge. J'aurai du temps pour évaluer tout cela après les élections ».

Me Sauvé recevra une bonification salariale de l'ordre de 25 000 $ pour agir comme directrice de scrutin au cours de la prochaine année.

« Il y a les heures travaillées en surplus, mais aussi l'imputabilité liée à la fonction. Personne ne veut se planter dans une élection », précise-t-elle.

Encore moins quand c'est la dernière!

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